Ça pourrait coûter cher à Céline Amaudruz
Céline Amaudruz cumule les mandats, siège chez un investisseur controversé et a travaillé dans une banque critiquée par la Finma, tout en déposant des interventions visant à l’affaiblir, fustigent la NZZ am Sonntag et la SonntagsZeitung.
Depuis mars, elle siège au conseil d’Infracore, société immobilière de l’investisseur valaisan Antoine Hubert, à la tête de 21 cliniques privées. Condamné pour gestion déloyale en 1996, il a été accusé en 2023 de manipulations comptables, notamment chez Infracore, écrivent nos confrères. Son groupe rejette ces accusations.
Trop sur son plateau?
Vincent Kaufmann, directeur de la fondation Ethos, doute quant à lui, toujours dans la presse dominicale d'outre-Sarine, que Céline Amaudruz ait assez de temps pour tout. Outre son mandat parlementaire, elle préside Groupe Minoteries, siège à l’aéroport de Genève et travaille à plein temps chez Vision Asset Management.
La fondation a recommandé à plusieurs reprises de ne pas la réélire à la tête de Groupe Minoteries, dont sa famille est actionnaire importante. Elle déplore son manque d’indépendance et la sous-représentation des femmes au conseil — où elle est la seule représentante de son genre.
Les journaux évoquent son passage chez Reyl, quitté fin septembre, deux jours avant l’annonce du départ de Guy Parmelin. La banque genevoise aurait accepté des fonds de clients controversés. Céline Amaudruz a déposé six interventions parlementaires visant à affaiblir la Finma.
Mais la principale intéressée conteste tout conflit d’intérêts: elle n’aurait pas travaillé dans les secteurs de Reyl visés par les critiques, et ses interventions n’étaient pas liées aux démarches de la Finma.
Vincent Kaufmann ne dispose d’aucun indice impliquant la candidate dans les pratiques reprochées à Reyl, mais estime que ses interventions soulèvent des questions légitimes. Sollicitée, elle n’a pu répondre avant le bouclage des journaux, précisent nos confrères. (dag)
