Le chikungunya se transmet pour la première fois en Suisse
Le Tessin a enregistré les quatre premiers cas de transmission locale du virus du chikungunya en Suisse. Le Département tessinois de la santé et des affaires sociales estime que le risque pour la population est faible.
Les personnes touchées, qui n'avaient pas récemment voyagé dans des régions où circule le virus, ont été infectées dans la plaine de Magadino. Leur état de santé évolue favorablement, malgré des douleurs articulaires persistantes, a indiqué le canton mercredi.
Des investigations épidémiologiques et des mesures de lutte contre le moustique tigre, vecteur du virus, ont été lancées dans les zones concernées, sous la conduite du médecin cantonal. Le risque pour la population est actuellement considéré comme très faible, compte tenu du nombre limité de cas et de la fin imminente de la saison des moustiques.
Pas une transmission directe d’humain à humain
La fièvre chikungunya est une maladie virale transmise par la piqûre de moustiques du genre Aedes, en particulier par l’Aedes albopictus, communément appelé «moustique tigre». Le moustique peut contracter le virus lorsqu’il pique une personne porteuse de l’agent pathogène dans le sang. Il peut le transmettre à d’autres personnes après quelques jours par le biais de nouvelles piqûres. Il ne s’agit donc pas d’une transmission directe d’humain à humain.
La détection de cas autochtones n’est pas une surprise, a ajouté le Département tessinois de la santé et des affaires sociales. Le moustique tigre est désormais solidement implanté au Tessin. Si une personne infectée introduit le virus pendant la période d’activité des moustiques, une transmission locale peut se produire.
L’apparition de ces cas confirme donc l’importance d’une «surveillance épidémiologique et entomologique attentive» ainsi que d’une intervention rapide si nécessaire. Des cas similaires ont déjà été observés ces dernières années dans différents pays européens, notamment en Italie et en France.
Les formes graves sont rares
Dans la plupart des cas, le chikungunya évolue de manière bénigne. Les symptômes les plus caractéristiques sont la fièvre et des douleurs articulaires parfois intenses, surtout au niveau des mains, des poignets, des chevilles et des pieds. Des douleurs musculaires, des maux de tête et des éruptions cutanées peuvent également apparaître. Les formes graves sont rares, même si les douleurs articulaires peuvent persister pendant des semaines, voire des mois, chez certaines personnes.
Malgré l’automne bien avancé et la diminution constante de l’activité des moustiques, des mesures locales de lutte ont été mises en œuvre afin de réduire le nombre de moustiques tigres encore présents, ont précisé les autorités. Dans ce contexte, aucune mesure particulière n’est actuellement nécessaire pour la population. (jzs/ats)
