Les Suisses sont un paradoxe sportif en Europe
Les Suisses aiment acheter du matériel de sport. En moyenne, ils possèdent un peu plus de deux équipements par personne, selon cette enquête menée auprès de 2608 personnes en Suisse, en Allemagne, en Autriche, en France et en Italie. Seule l'Autriche fait nettement mieux, avec près de trois équipements par personne. A l'inverse, les Français en possèdent moins de deux.
Le grand favori reste le tapis de yoga. Près d'un Suisse sur deux en possède un, contre seulement un Français sur trois. Les haltères et les bandes élastiques figurent également parmi les accessoires les plus répandus. Mais posséder des équipements sportifs ne signifie pas forcément les utiliser. En Suisse, seul un tiers du matériel est utilisé au moins une fois par semaine. Galaxus, qui a commandé l'étude à Yougov, écrit:
En France et en Italie, cette proportion dépasse les 50%. Pire encore, près de la moitié des équipements sportifs des Suisses sont utilisés moins d'une fois par mois, voire jamais. Aucun autre pays étudié ne fait aussi peu usage de son matériel.
Le constat est particulièrement frappant pour les cordes à sauter. Un Suisse sur cinq en possède une, mais seulement un propriétaire sur sept l'utilise régulièrement. En Italie, près d'un sur deux s'en sert au moins une fois par semaine. Et ce n'est pas parce que les équipements sont décevants. Selon l'enquête, très peu de personnes leur reprochent un manque de qualité ou d'efficacité. La principale explication est beaucoup plus simple: le manque de motivation.
Faut-il en conclure que les Suisses sont moins sportifs que leurs voisins? Pas nécessairement. Parmi les personnes qui ne possèdent aucun équipement à domicile, plus de quatre Suisses sur dix expliquent préférer pratiquer une activité physique à l'extérieur. C'est la proportion la plus élevée des cinq pays étudiés.
A l'inverse, moins d'un Suisse sur cinq sans équipement affirme ne pratiquer aucun sport. En Allemagne et en Italie, cette proportion dépasse 40%. Les Suisses semblent donc davantage attirés par les activités en plein air que par les séances d'entraînement dans leur salon.
Que devient tout ce matériel sportif inutilisé?
Les accessoires inutilisés ne disparaissent pas forcément des logements. Environ un quart finit dans une armoire, tandis qu'un autre quart reste bien visible dans une pièce. Moins d'un équipement sur dix est revendu ou donné. En Suisse, un quart du matériel délaissé sert toutefois à une autre personne du foyer.
L'enquête dessine ainsi un paradoxe: les Suisses investissent volontiers dans le sport à domicile, mais semblent préférer enfiler leurs chaussures pour aller prendre l'air. (hun)
