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En Suisse, un adulte sur six dépense trop pour son logement

En Suisse, une personne sur six dépense trop pour son logement.
Image: Imago / Comparis, montage watson

Propriétaire ou locataire? Voici qui dépense le plus en Suisse

En Suisse, de nombreux ménages consacrent plus d’un tiers de leurs revenus à leur logement. Si les locataires sont davantage impactés, certains propriétaires dépassent eux aussi ce seuil.
22.10.2026, 00:30

En Suisse, 16% des adultes consacrent plus d’un tiers de leur revenu brut à leur logement, seuil que de nombreuses régies immobilières retiennent comme limite. Chez les locataires, la proportion atteint 22%. Même 7% des propriétaires dépassent ce plafond, révèle une nouvelle étude Comparis.

Les bas revenus sont les plus touchés: 36% de ceux qui gagnent 4000 francs ou moins dépassent le seuil du tiers, contre 6% au-delà de 8000 francs. Harry Büsser, expert Immobilier Comparis, analyse:

«La règle du tiers n'est pas une loi de la nature, mais c'est un seuil d'alerte important. Ceux qui la dépassent durablement doivent faire des économies sur d'autres postes budgétaires, voire sur les dépenses de santé ou la prévoyance.»

Les propriétaires également touchés

7% des propriétaires allouent une part trop importante de leurs revenus au remboursement de leur prêt. Ce chiffre surprend, car les banques doivent vérifier, avant tout octroi, que l’hypothèque reste supportable à long terme.

Elles calculent généralement avec un taux théorique de 5%, soit bien au-dessus du marché. Selon Comparis, les hypothèques à taux fixe sur 10 ans sont actuellement disponibles dès 1,6% environ. Harry Büsser explique cette décision:

«Un calcul de solvabilité n'est rien d'autre qu'un arrêt sur image. Si, par la suite, un revenu disparaît, un couple se sépare, une personne réduit son taux d'occupation ou prend sa retraite, un financement initialement supportable peut soudainement devenir serré.»

Les locataires paient plus cher, mais...

Selon l’enquête, un quart des adultes suisses dépensent plus de 2000 francs par mois pour leur logement (30% des locataires, 17% des propriétaires).

La proportion est la même dans la tranche de revenu de 4000 à 8000 francs. Parallèlement, près de 10% des personnes gagnant moins de 4000 francs mensuellement dépassent aussi ce montant, soit plus de la moitié de leur revenu. Harry Büsser ajoute:

«2000 francs de frais de logement ne représentent pas le même montant pour tout le monde. Pour les revenus élevés, c'est supportable. Pour les revenus faibles, cela peut signifier qu'il ne reste pratiquement rien à la fin du mois.»

Au quotidien, les propriétaires s’en sortent toutefois mieux: 50% d’entre eux paient moins de 1500 francs par mois, contre 36% des locataires. L’écart est surtout marqué sous la barre des 1000 francs de dépenses (27% des propriétaires contre 11% des locataires). Harry Büsser tempère cependant:

«La propriété semble moins chère que la location. Mais on oublie souvent qu'une grande partie des fonds propres est immobilisée dans la maison ou l'appartement. A cela s'ajoutent l'entretien, les rénovations et les réparations. La propriété peut être intéressante à long terme, mais elle n'est pas automatiquement moins chère.»

(ysc)

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