Moretti s'exprime avant son audition de vendredi: «Notre vie est horrible»
Jacques Moretti a été aperçu à plusieurs reprises dans le village de Lens, en Valais, sans jamais accorder d'interview. C'est Libération qui a finalement croisé le ressortissant corse, jeudi 28 mai, camouflé derrière de larges lunettes de soleil, une casquette et «une épaisse barbe hirsute», selon le journal. Le patron du désormais tristement célèbre Constellation, convoqué ce vendredi avec sa femme Jessica devant la justice valaisanne, dit avoir «hâte» de «rétablir toute la vérité sur ce qu'il s'est réellement passé le 1er janvier».
Ce sera sa troisième audition depuis sa mise en examen pour homicide et incendie par négligence, aux côtés de douze autres prévenus. L'incendie du bar de Crans-Montana, survenu dans la nuit du Nouvel An, a fait 41 morts et 115 blessés.
Le quadragénaire, qui dit n'avoir «toujours pas réussi à faire son deuil» après avoir lui aussi «perdu plusieurs amis», réfute les rumeurs véhiculées par la presse italienne selon lesquelles sa femme aurait quitté les lieux avec la caisse. Une affirmation contredite par les images de vidéosurveillance. L'accusée dénonce:
Jacques Moretti qui dit être toujours suivi par une psychiatre pour une dépression, assure, selon le quotidien français:
Des propos sans doute durs à entendre pour les proches des victimes. A ce propos et toujours dans Libération, Me Sébastien Fanti, l'avocat de quatre familles de victimes, attend cette audition du 5 juin de pied ferme. Il entend «mettre les Moretti face à leurs contradictions» et exige que «le bullshit des Moretti cesse».
Deux points centraux seront au cœur des interrogatoires:
- Le verrouillage de la porte de secours, que les Moretti attribuent la faute à un employé, contredits par plusieurs témoignages.
- L'origine de la mousse acoustique inflammable installée au plafond.
Sur ce dernier point, Jacques Moretti affirme avoir retrouvé «la bonne facture», qu'il remettra prochainement à la justice.
Avant de mettre fin à l'entretien et de s'engouffrer dans sa voiture, le Français dit en tout cas avoir «besoin de parler» pour «avancer». Mais devant un tribunal, pas face à la presse qui selon lui «déforme tout». Avant de lancer une dernière phrase:
(svp)
