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Interview

«D'après eux, une victime de violences devrait avoir des bleus»

En Suisse, une femme meurt toutes les deux à trois semaines sous les coups de son conjoint. En cette Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, Olivia* (prénom d'emprunt) nous raconte son vécu.
28.11.2021, 12:2229.11.2021, 12:32
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Olivia est américaine. Après trois ans de relation à distance, elle se marie pour pouvoir venir vivre en Suisse et s'installer avec son conjoint. Elle nous raconte sa descente aux enfers.

Quand ont commencé ces violences?
C'était d'abord des abus émotionnels et psychologiques. Il était très jaloux, il voulait savoir où j'étais et avec qui tout le temps. Au début, je pensais que c'était normal, qu'il m'aimait et que c'était pour ça qu'il s'inquiétait autant. Au fil des mois, cette jalousie s'est intensifiée. Il a commencé à me suivre quand j'allais au travail, il regardait mes messages sur mon téléphone et lisait mes historiques de conversations.

Comment avez-vous pris conscience que son comportement n'était pas acceptable?
Durant cette période-là, j'étais très déprimée. J'ai été voir une psychologue, car je pensais que j'avais du mal à m'intégrer à la société suisse. A travers cette thérapie et avec l'aide de ma psychologue, je me suis rendu compte que ce que je vivais n'était pas sain. Et puis un jour, la violence émotionnelle s'est transformée en violence physique.

«Lors d'une dispute, il m'a prise par la gorge et m'a plaquée contre le mur. Ce jour-là, j'ai eu peur et je savais que je ne pourrais plus vivre sous le même toit que cet homme»

Est-ce que vous avez porté plainte?
J'ai d'abord contacté une association pour les victimes de violences domestiques et on m'a conseillé d'aller directement à la police. Une fois au poste, je me suis sentie découragée. Ils ne m'ont pas prise au sérieux, car d'après eux, une vraie victime de violences domestiques devrait au moins avoir des bleus sur le corps, et comme je n'avais pas de marques, ils m'ont dit que ça ne devait pas être si grave que ça.

«Sur le moment, j'ai pensé que j'avais exagéré ce qu'il s'était passé, alors je n'ai pas porté plainte. Je le regrette aujourd'hui»

Est-ce qu'il y a eu une suite? Une procédure?
Au total, je me suis rendue trois fois au poste de police. La première fois quand il m'a attaquée, la deuxième quand il a envoyé des messages d'insultes à ma famille et la troisième quand il m'a menacée de se tuer ou de me tuer. Les deux premières fois, la police n'a pas pris ça au sérieux, ce n'est que la troisième fois que des mesures plus sérieuses ont été prises.

C'est-à-dire?
La troisième fois, j'ai réussi à avoir une ordonnance restrictive de trois mois. C'est grâce à une association pour les victimes de violences domestiques que j'ai réussi à écrire une demande de prolongation. Tout au long de cette procédure, cette association m'a beaucoup aidée. Durant les trois mois d'ordonnance restrictive, je me sentais en sécurité chez moi. Mon ex-mari n'avait plus les clés de l'appartement et n'avait pas le droit d'entrer dans le bâtiment.

Est-ce que vous pensez que certains préjugés que l'on a sur les victimes et sur les auteurs de violences domestiques nuisent à la prise en charge?
Je pense que oui. On a tous des préjugés sur les femmes victimes de violences et sur ceux qui sont responsables de ces violences. Je ne pensais jamais que cela m'arriverait. Je suis une femme indépendante, et c'était difficile de croire que moi aussi, j'étais victime. En ce qui concerne les responsables, on pense souvent que ce sont des étrangers, surtout en Suisse.

«Mon ex-mari était suisse-allemand. Il n'a pas du tout le profil type ou en tout cas pas celui que l'on s'imagine en Suisse»

Pourquoi avez-vous participé au projet de l’association #withyou?
J'ai vu le projet sur Instagram et je me suis dit que c'était important d'avoir le point de vue d'une femme étrangère. On est dans une situation plus vulnérable, on n'a pas forcément d’amis ou de famille proche autour de soi. J’ai eu de la chance de pouvoir apprendre l’allemand, de travailler et de m’intégrer facilement, mais ce n’est pas le cas de toutes les femmes étrangères. Il faut se rendre compte de tout ce qu’il y a autour: par exemple si on quitte son mari, est-ce qu’on a le droit de rester dans le pays? C'est un stress qui s'ajoute à la violence et c'est plus difficile de partir dans certains cas.

Et aujourd’hui, vous vous sentez comment?
Je suis toujours suivie par une psychologue qui m'aide à me remettre de cette expérience. Cela fait maintenant deux ans que cette histoire est terminée et je fais de moins en moins de cauchemars.

«Je suis heureuse d'être partie au bon moment, car je ne sais pas ce qui aurait pu arriver si j'étais restée»

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source: archives sociales suisse
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Droguée au GHB dans un club vaudois, elle témoigne.

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Au fil des mois depuis le début de la pandémie, les connaissances sur le virus Sars-Cov-2 évoluent à une vitesse incroyable. En tant que scientifique, il est de mon devoir d'avoir une vue d'ensemble sur l'état actuel de la recherche et d’apporter mes perspectives à l’ensemble de la situation. En tant que présidente de la Task force, je souhaite informer les autorités et le public de manière aussi claire et compréhensible que possible sur les connaissances scientifiques et contribuer ainsi à ce que tous disposent d'une bonne base de décision.

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