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L'usine Azovstal, dernière poche de résistance à Marioupol

Azovstal est l’une des plus grandes usines métallurgiques d’Europe.
Azovstal est l’une des plus grandes usines métallurgiques d’Europe.Image: EPA
Les derniers résistants ukrainiens sont coincés dans une usine métallurgique, une citadelle imprenable qui cache un réseau souterrain de tunnels long de 20 kilomètres.
20.04.2022, 15:3520.04.2022, 17:35

Ce n'est peut-être qu'une question d'heures. Assiégée depuis le début de la guerre, la ville portuaire de Marioupol pourrait tomber aux mains des assaillants à tout moment. Les officiers russes se préparent à déclarer la victoire dans les prochains jours, rapporte l'Institute for the study of war dans son rapport quotidien.

Et pour cause: les derniers défenseurs ukrainiens sont retranchés dans une vaste aciérie, appelée Azovstal, qui donne sur la mer d'Azov. Le reste de la ville est contrôlé par les troupes russes. La situation est clairement illustrée dans la carte ci-dessous:

La couleur rouge montre la zone contrôlée par les Russes, tandis que la couleur orange délimite les endroits que la Russie affirme avoir conquis. Seule l'usine d'Azovstal reste entre les mains des Ukrainiens.
La couleur rouge montre la zone contrôlée par les Russes, tandis que la couleur orange délimite les endroits que la Russie affirme avoir conquis. Seule l'usine d'Azovstal reste entre les mains des Ukrainiens.Image: Institute for the study of war

Les séparatistes ont affirmé qu'Azovstal était leur principal objectif. Les combats font rage, et l'aciérie a été bombardée par l'aviation russe. «Nous vivons peut-être nos derniers jours, voire nos dernières heures», a écrit dans la nuit de mardi à mercredi sur Facebook un commandant ukrainien.

«L'ennemi est dix fois plus nombreux que nous»
Serguiy Volyna, de la 36e brigade de la marine nationale

Onze kilomètres carrés de tunnels, fours et pièges

Si l'usine résiste encore, c'est grâce à ses caractéristiques. Le complexe industriel s'étend sur une surface de onze kilomètres carrés, rapporte le Huffington Post, parcourue par des voies ferrées, entrepôts, fours à coke, usines diverses et cheminées. Autant d'obstacles et de pièges qui font le jeu des défenseurs.

Un bombardier russe Su-27 s'apprête à décoller pour aller bombarder l'usine.
Un bombardier russe Su-27 s'apprête à décoller pour aller bombarder l'usine.Image: sda

Mais c’est sous la surface que tout se joue: Azovstal cache un réseau de tunnels long de 20 kilomètres. Une véritable «ville dans la ville» qui atteindrait une profondeur de 30 mètres. Voici un petit aperçu:

L'usine est constituée de plusieurs niveaux souterrains datant de la période soviétique. Ce n’est pas possible de la bombarder d’en haut, il faut nettoyer sous terre. Même Edouard Bassourine, représentant des forces séparatistes pro-russes de Donetsk, l'a admis: «Cela prendra du temps».

Et dans les tunnels, les Ukrainiens ont l'«avantage tactique absolu», analyse un expert cité par le Huff Post.

La forteresse n'offre pas que des avantages aux assiégés: les communications, les commandements et les contrôles y seraient extrêmement difficiles. De plus, les soldats ne disposent pas de tous les équipements nécessaires pour résister infiniment. Malgré les nombreux atouts d'Azovstal, la fin de la résistance ne devrait pas tarder. (asi)

Les images glaçantes de Marioupol vue du ciel

Video: watson
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