Homme tué dans un bar en Suisse: les pistes mènent aux néonazis
Il y a une semaine, un homme de 27 ans a perdu la vie lors d’une altercation dans le bar Bandits, dans la commune de Tuggen (canton de Schwytz). Un suspect y avait été arrêté dans la foulée.
Selon le SonntagsBlick, qui cite plusieurs sources, ce dernier serait membre, depuis plusieurs années déjà, du réseau néonazi Blood and Honour.
Blood and Honour est un réseau d’extrême droite actif à l’échelle internationale. Il diffuse une idéologie national-socialiste, et coordonne des groupes de musique néonazis.
En Allemagne, le réseau est interdit depuis 2000, mais ses membres continuent d’être actifs. En Suisse, il a fait la une pour la dernière fois fin avril, lorsque près de 150 néonazis se sont réunis à Thusis, dans les Grisons, pour célébrer l’anniversaire d’Adolf Hitler avec un concert.
Lors de la soirée durant laquelle s’est produit le drame de Tuggen, plusieurs personnes affilées à l’extrême droite auraient été présentes sur les lieux.
Le SonntagsBlick rapporte qu’un groupe de néonazis y aurait fait des saluts hitlériens, et bousculé d’autres clients. Ils auraient aussi demandé au DJ de passer un morceau du groupe d’extrême droite Landser. Le DJ aurait accédé à leur demande.
C'est lorsque d’autres personnes présentes auraient voulu intervenir, face à ces provocations, que la situation aurait dégénéré. Un homme de 27 ans aurait alors reçu un coup de poing. Et, comme on le sait déjà: la Rega l’a ensuite transporté par hélicoptère à l’hôpital, où il est décédé peu après.
Un suspect a été arrêté par la police cantonale de Schwytz moins de 24 heures après les faits. Le SonntagsBlick rapporte que le tribunal des mesures de contrainte du canton de Schwytz aurait ordonné son placement en détention provisoire pour une durée d’au moins trois mois. Une enquête pour homicide est en cours.
Enquête sur les motivations politiques
A ce jour, le ministère public n’a pas confirmé les liens entre le suspect et le réseau néonazi. Mais les éventuelles motivations politiques des personnes impliquées font partie de l’enquête en cours, précise-t-il.
Indiquant également qu’une altercation avait opposé cinq à dix personnes, «vraisemblablement parce que plusieurs des personnes présentes avaient effectué le salut hitlérien». Si les soupçons se confirmaient, il s’agirait du premier décès publiquement connu comme étant lié à des violences d’extrême droite en Suisse depuis plusieurs décennies. (dab) (trad. tib)
