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Free Bert sur Netflix: notre avis sur cette comédie corrosive

Vidéo: youtube

«Ma fille ne branle pas les mecs»: Netflix se lâche

Bert Kreischer frappe fort. Le célèbre faiseur de blagues américain, constamment torse nu, dévoile une série inspirée de sa propre vie et doit se rendre à l’évidence: à Beverly Hills, l’humour gras et corrosif est la pire arme pour s’intégrer, surtout quand on élève deux adolescentes. Touchant et jubilatoire.
02.02.2026, 19:0102.02.2026, 19:02

«C’est trop te demander de te comporter comme une personne normale?» Lorsque Giorgia supplie son père de ne pas «ruiner» sa vie une troisième fois en une petite semaine, elle est déjà exclue du campus et la risée des gosses de riches de ce collège huppé de Los Angeles.

La plus jeune, Ila, manifestement conçue dans le même moule politiquement incorrect que son géniteur, ne rate jamais une occasion de le vénérer en public:

«Tu es merveilleux, t’entends? Ne change pas pour ces enfoirés»
Ila, à Bert, son père

Si cette drôle de famille se crêpe le chignon, c’est parce que le paternel est soudain frappé d’une crise existentielle. Le comédien américain Bert Kreischer, qui incarne ici son propre rôle, doit se rendre à l’évidence: après l’avoir rendu riche et célèbre, son humour gras du bide fait tache chez les culs serrés de Beverly Hills. Surtout auprès des parents d’élèves qui dégainent leur porte-monnaie pour graisser la patte de ce puissant collège privé.

Voici la bande-annonce:

Vidéo: youtube

Free Bert, fraîchement débarquée sur Netflix, est la vraie-fausse thérapie en streaming de cet humoriste quinquagénaire qui flirte en permanence avec les limites, et qui s’en rendra brutalement compte lorsque ses deux adolescentes vont intégrer les bancs de la Barklidge Academy. Le détonateur? Un extrait de podcast dans lequel daddy tente de paraître cool, mais dérape en direct:

«Bert Kreischer, ma fille, ne branle pas les mecs. Si quelqu’un nous menaçait d’une arme en disant: «je tue tout le monde si on ne me fait pas une branlette!», on serait tous morts»
Bert, en livestream

Si vous ne connaissiez pas l’humoriste Bert Kreischer, il offre une bonne description de son ADN dans le deuxième épisode de cette comédie joyeusement corrosive: «Je suis libre, je m’amuse et j’emmerde le monde». Un mec ayant bâti toute sa carrière sur sa capacité à demeurer un éternel adolescent peut-il espérer mûrir?

Bert va tenter l’impossible. Forcément à contrecœur. Mais c’est pour le bien de ses gosses. Connu pour se produire sur scène torse nu, l’humoriste va utiliser ce détail (non) vestimentaire pour ancrer sa tentative de métamorphose: enfiler une chemise pour la première fois de sa vie. Grâce au psy du collège, qui lui a conseillé de couvrir son corps et de fermer sa gueule, Bert va réaliser qu’en se montrant adulte, les gens l’écoutent, se livrent et... l’adorent.

Au point que l’infréquentable famille Kreischer est invitée au brunch des très influents (et insupportables) Vanderthal, alors que Bert s’en est pris à l’épouse, sur scène, dans un monologue aussi drôle qu’insultant et parfaitement grossier.

Tout le monde est content? Presque. La petite dernière, encore elle, fait la gueule quand le paternel ressort des boutiques de luxe avec un polo saumon et un pantalon blanc.

«J’adhère pas au concept. Tu te vides de ta substance pour être apprécié. Un porc devrait accepter d’être un porc!»

Comédie oblige, vous ne serez pas étonnés d’apprendre que cette belle promesse va fondre comme neige au soleil. Il faut dire que l’humoriste star n’est pas le seul à détonner dans les lotissements cossus de Beverly Hills. Son épouse LeeAnn, interprétée par la parfaite Arden Myrin, manie tout aussi bien l’outrance et l’irrévérence, malgré sa soif d’être acceptée par cette cruelle communauté, autrement dit, les insupportables Vanderthal.

Free Bert? Six petits épisodes d’une vingtaine de minutes, comme un véritable défouloir d’humour cinglant et potache. Une série comique qui fait mouche, entre autres grâce à l’introspection de Bert Kreischer, qui s’y livre avec une tendre sincérité.

Idéal pour défier la grisaille du mois de février.

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