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Analyse

Encore une prise d'otage: que se passe-t-il dans l'Arc jurassien?

En l'espace de deux mois, deux prises d'otages ont eu lieu dans l'Arc jurassien. L'objectif des criminels? Les entreprises stockant et traitant des métaux précieux pour le secteur de l'horlogerie. watson a demandé aux polices jurassiennes et neuchâteloises des éclaircissements.
08.01.2022, 08:2109.01.2022, 10:24
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Jeudi 6 janvier, des malfrats s'introduisent dans une entreprise du secteur horloger au Locle et prennent 4 personnes en otage. Au mois de novembre dernier, c'est un directeur qui est séquestré avec toute sa famille dans le Jura et qui est forcé à livrer des quantités d'or stockées dans ses locaux. Comment expliquer ces prises d'otage dans l'Arc jurassien? Les éclairages des polices neuchâteloise et jurassienne.

La prise d'otage, une véritable tendance?

De mémoire de policiers, les prises d'otages comme celles qui se sont déroulées au Locle et à Bassecourt (JU) sont rarissimes.

«Il y a eu deux prises d'otage durant ces dix dernières années à Neuchâtel. Mais chaque prise d'otage est une de trop.»
Georges-André Lozouet, porte-parole de la police neuchâteloise

Le porte-parole neuchâtelois Georges-André Lozouet poursuit: «la prise d'otage a visiblement la préférence des délinquants, car c'est la façon la plus discrète de s'attaquer à ce type d'entreprise». Il rappelle que les faits perpétrés à Bassecourt et au Locle sont des délits graves.

Les prises d'otages ne sont de loin pas une tendance dans ces deux cantons, mais le porte-parole de la police jurassienne Daniel Affolter tient à relever que ces sociétés horlogères qui sont extrêmement discrètes ne subissent que rarement ce type d'événement.

«Cette méthode est risquée pour chaque partie et n’est donc pas prisée. Il s’agit d’un mode opératoire rarissime.»
Daniel Affolter, porte-parole de la police cantonale jurassienne

Quelles sont les cibles?

L'Arc jurassien compte de nombreuses entreprises de haute horlogerie. De la vallée de Joux à Delémont en passant par La Chaux-de-Fonds, ces sociétés sont les cibles de la criminalité transfrontalière. Selon Georges-André Lozouet, inspecteur et porte-parole de la police cantonale neuchâteloise, les malfrats s'attaquent principalement aux sous-traitants horlogers qui transforment les matières brutes, et souvent précieuses, pour les fabricants de montres.

«Les auteurs ne s'attaquent pas au produit fini, car une montre qui vaut des dizaines de milliers de francs est compliquée à revendre. L'or, vous pouvez beaucoup plus facilement l'écouler.»
Georges-André Lozouet, porte-parole de la police neuchâteloise

Grand banditisme ou petites frappes?

À la question de l'origine des auteurs, la police neuchâteloise constate que ce n'est pas de la délinquance locale, mais qu'elle provient plutôt de France. Mais alors s'agit-il de grand banditisme? Pour le policier neuchâtelois, l'image romanesque du malfrat aguerri est très éloignée de la réalité du terrain.

«Ce n'est pas du grand banditisme. Le groupe est organisé spécifiquement pour commettre le délit en question, mais il agit surtout par opportunisme et parfois sur commande. Celui qui fait le coup est un simple exécutant.»
Georges-André Lozouet, porte-parole de la police neuchâteloise

L'inspecteur de police ajoute qu'il est rare que les personnes qui commettent la prise d'otage soient capables d'écouler la marchandise par la suite. Toutefois, ce qui caractérise les criminels, c'est la détermination et la violence dont ils font preuve selon Georges-André Lozouet.

Comment se protéger des attaques?

La police cantonale neuchâteloise a mis en place, depuis plusieurs années, un forum annuel dédié aux sociétés horlogères. Cette rencontre leur prodigue des conseils pour se prémunir des criminels qui sévissent dans leur secteur.

«On explique aux entreprises comment les malfrats repèrent leur cible et comment s'en protéger»
Georges-André Lozouet, porte-parole de la police neuchâteloise

A Neuchâtel, un policier spécialisé est en charge de la prévention pour les sociétés horlogères. Quant au canton du Jura, la police cantonale a mis en place des bilans de sûreté avec les acteurs du secteur depuis 2010.

«Nous avons mis en place un réseau sécuritaire et nous collaborons avec les entreprises privées de sécurité. Nous évaluons la situation en continu et en cas de besoin, nous alertons nos partenaires.»
Daniel Affolter, porte-parole de la police jurassienne

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source: sda / michel canonica
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