Elle veut obliger les CFF à mettre des wagons silence en 2e classe
Bénéficier de calme dans un train, même en seconde classe? Pour pouvoir travailler ou simplement se reposer, affaire souvent ardue aujourd'hui. Myriam Wahli, écrivaine biennoise, souhaite que cela change et le fait savoir.
A cette fin, elle a lancé une pétition pour «un wagon silence par train en Suisse», a repéré Le Journal du Jura. Selon elle, cette mesure profiterait notamment aux pendulaires. Aujourd'hui, ceux qui ont besoin de calme n'ont souvent guère d'autre choix que de sortir le portefeuille pour un surclassement. C'est notamment ce qui a expliqué l'accueil froid dont a bénéficié une demande du mouvement jeune de l'ATE (Association transports et environnement): l'abandon pur et simple de la 1re classe CFF pour résoudre le manque de place aux heures de pointe. Lorsque nous avions évoqué la proposition, certains lecteurs étaient clairs, le calme est essentiel:
Mais pour Myriam Wahli, le calme ne devrait pas dépendre de ses moyens:
Elle souligne aussi que ces zones pourraient aider les personnes vivantes avec un handicap invisible, comme certaines formes d’autisme, raison pour laquelle sa pétition est soutenue par l’association Autisme Jura. Sa représentante, Agnès Lovis, rappelle au média jurassien que les bruits imprévus peuvent provoquer un stress important chez certaines personnes autistes. «Elles peuvent ensuite arriver épuisées au bout de leur déplacement», souligne-t-elle.
Pour appuyer sa demande, Myriam Wahli cite les exemples de plusieurs pays voisins. En France, par exemple, la SNCF propose déjà des zones silence accessibles aussi en deuxième classe dans certains trains, notamment les TGV, où des pictogrammes rappellent aux passagers de limiter les appels et le bruit. En Allemagne également, des espaces similaires existent dans les trains longue distance. Pour l'écrivaine, «nous sommes déjà en retard en Suisse.»
Du côté des CFF, on est plus réservé. Jean-Philippe Schmidt, porte-parole, précise qu'un test avait été fait en 2008-2009, mais que le résultat avait révélé un besoin moins important en seconde qu'en première classe:
Pour l’instant, les CFF n’annoncent donc pas de changement. L’entreprise affirme adapter régulièrement son offre en fonction des besoins de la clientèle, que ce soit en matière de confort, d’espaces de travail ou de zones familiales.
La pétition de Myriam Wahli avait recueilli 330 signatures ce mercredi 4 mars au matin. L’écrivaine espère atteindre au moins 1000 soutiens et relancer ensuite les discussions avec les CFF et l’Office fédéral des transports. «Un wagon silence par train n’est pas une chose impossible», estime-t-elle. «Il offrirait simplement un peu plus de calme à celles et ceux qui en ont besoin.» «Et puis, toute personne devrait pouvoir rêvasser sans être gênée dans un train.»
(hun)
