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Pourrais-je passer sous le bistouri pour me sentir belle? Oui et non

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photo: shutterstock
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Pourrais-je passer sous le bistouri pour me sentir belle? Oui et non

J'ai pris récemment un café avec une connaissance qui a vécu aux Etats-Unis ces dernières années. Je n'en ai pas cru mes yeux. Elle s'est fait refaire le corps entier. Et j'ai découvert plus tard que c'était aussi le cas de sa fille de 20 ans.
18.11.2022, 11:1718.11.2022, 11:51
Sandra Casalini
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Evidemment, j'avais vu cette connaissance (appelons-la Mona) sur les réseaux sociaux pendant son séjour en Amérique du Nord. Evidemment, je la voyais perdre des rides, arborer des lèvres de plus en plus pulpeuses et une silhouette de plus en plus fine. Je mettais ça sur le compte des filtres. Me voilà désormais à essayer de ne pas trop la regarder fixement.

«Tu as l'air en forme», dit-elle. Je n'ai aucune idée de ce que je dois répondre. «Toi aussi». Je mens. «Différente, en quelque sorte.» «Ouais hein, on vieillit tous», ajoute-t-elle en souriant. Du moins, elle essaie de le faire, il me semble. Oui, nous vieillissons. Du moins les parties de nous-mêmes que nous ne faisons pas optimiser.

La tentation d'un lifting des paupières

Selon la société Swiss Plastic Surgery, quelque 90 000 opérations de chirurgie esthétique sont réalisées chaque année en Suisse. Il s'agit à 85% d'une clientèle féminine. En tête des interventions, on trouve les augmentations mammaires, la liposuccion et la chirurgie des paupières. Pour les interventions non chirurgicales, la palme revient aux injections de Botox et d'acide hyaluronique, suivies par la réduction non chirurgicale de la graisse.

Et c'est vrai. Moi aussi, il m'arrive de me retrouver devant mon miroir le matin et de me dire «Oh mon Dieu!» Je vois des cernes, des rides, des poches qui commencent à se former. Et j'observe mes paupières avec beaucoup, beaucoup d'attention. Les paupières tombantes, c'est de famille du côté de mon père. Et si un jour je devais avoir des airs de sharpeï, je pense honnêtement que je caresserais l'idée de régler tout ça par la chirurgie.

Revenons-en à Mona. Quelques minutes plus tard, sa fille – que l'on appellera Kira – nous rejoint. Elle vient d'avoir 20 ans. Je ne sais pas où la regarder en premier – ses lèvres ou sa poitrine. Kira était une très belle adolescente il y a quatre ans, lorsque la famille a déménagé outre-Atlantique. Elle n'avait absolument pas besoin d'améliorer quoi que ce soit selon moi.

Son pays d'adoption joue certainement un rôle – les Etats-Unis sont le pays où l'on pratique le plus de chirurgie esthétique au monde et près de 15% de toutes les chirurgies sont réalisées à des fins esthétiques. Mais le phénomène est loin d'être uniquement américain.

«Suis-je la seule à avoir l'impression qu'un visage sur trois arbore des lèvres injectées lorsque je me promène à Zurich?»

Le scalpel en guise de filtre permanent

Mona, je la comprends encore un peu. Vieillir, c'est nul. La tentation de contrer ce processus, au moins sur le plan extérieur, est grande. Pour Kira, en revanche, je n'ai franchement aucune compréhension. Je secoue déjà la tête devant les faux cils et les faux ongles que trouve ma fille de 18 ans. En sachant que ça pourrait être pire. Bien que l'âge moyen pour les interventions de beauté augmente actuellement (il est d'un peu plus de 42 ans), la majorité des personnes qui passent sous le bistouri ont entre 18 et 30 ans.

Il est fascinant de voir ce que les chirurgiens esthétiques racontent dans les interviews: les patientes ne viennent plus, comme avant, avec des photos de stars dont elles aimeraient avoir le nez ou les lèvres, mais avec leurs propres selfies, auxquels elles ont ajouté des filtres jusqu'à être méconnaissables. Le scalpel a de plus en plus souvent un nouvel objectif: faire en sorte que l'on ressemble à ce que l'on voit sur Instagram et autres réseaux, mais dans la vie réelle.

Pourquoi ne pas assumer ses nouvelles lèvres?

Non, je n'ai pas parlé à Mona ni à Kira de leurs optimisations visuelles. Parce que je ne savais pas comment faire. En même temps, je m'étonne autant d'elles que de moi-même. Pourquoi je ne pose pas de questions sur le sujet? Pourquoi n'en parlent-elles pas? Si nous avons une nouvelle robe, nous le montrons avec fierté.

Pourquoi veut-on de nouvelles lèvres, tout en voulant idéalement que tout le monde pense que l'on a toujours eu de telles lèvres (comme si tout notre cercle de connaissances était aveugle)? C'est un peu bizarre, non? Le cas échéant, je suis sûre que je l'annoncerais fièrement au monde entier si je me faisais vraiment raffermir le regard. Personne n'aura à demander, personne n'aura à faire de messes basses... et personne n'aura à écrire à ce sujet. Sauf moi.

Que pensez-vous des opérations de chirurgie esthétique? En avez-vous faites? Seriez-vous capable de franchir le pas? Pourquoi (pas)? Je suis impatiente de lire vos commentaires.​

Sandra Casalini, bei sich zu Hause in Thalwil, am 04.12.2018, Foto Lucian Hunziker
photo: Lucia Hunziker

A propos de l'auteure:

Sandra Casalini écrit sur à peu près tout ce qui touche à son quotidien – avec une franchise toujours sans pitié et beaucoup d'auto-ironie. C'est d'ailleurs la tonalité de son blog Rund um Gsund (A votre santé), qui paraît une semaine sur deux sur watson. L'approche de Sandra en matière de santé est la même que celle qu'elle a adoptée pour élever ses enfants: elle n'est pas experte, mais elle s'en sort plutôt bien dans les deux. Parfois avec de l'aide, parfois sans.

Les textes de Sandra Casalini sont régulièrement publiés dans le magazine pour parents Fritz und Fränzi et dans la Schweizer illustrierte. Elle donne également un aperçu hebdomadaire de sa vie avec des ados sur le blog de la Schweizer illustrierte intitulé Der ganz normale Wahnsinn (La folie ordinaire).
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