Comment Qoqa a appris la patience
A la fin de ce mois de mai, QoQa fête les dix ans de son partenariat avec l’association No Difference. Dix ans pendant lesquels, chaque année, notre Qommunauté est invitée à se mobiliser pour permettre à des athlètes en situation de handicap de s’aligner sur des courses qui exigent un entraînement, un encadrement et un budget.
Dix ans, c’est aussi assez long pour qu’une question s’impose: à quoi ressemble la fidélité quand le monde autour, lui, ne tient pas en place?
Franc-Parler
Chaque dimanche matin, watson invite des personnalités romandes à commenter l'actu ou, au contraire, à mettre en lumière un thème qui n'y est pas assez représenté. Au casting: Nicolas Feuz (écrivain), Anne Challandes (Union Suisse des Paysans), Roger Nordmann (conseiller stratégique, ex-PS), Damien Cottier (PLR), Céline Weber (Vert'Libéraux), Karin Perraudin (Groupe Mutuel, ex-PDC), Samuel Bendahan (PS), Ivan Slatkine (président de la FER) et la loutre de QoQa.
Trois façons distinctes d'évoluer dans le temps
Une marque qui dure plus de vingt ans est forcément confrontée, à un moment ou un autre, à un dilemme inconfortable. Le marché change. Les habitudes de consommation aussi. Les attentes des clients, les outils, le langage, les enjeux de société: rien de tout ça ne reste figé.
C’est ici que les engagements de long terme de ce genre prennent un sens qui dépasse largement le caritatif. Parce qu’à QoQa, nous sommes une maison plutôt spontanée. Notre force, c’est cette capacité à rebondir vite, à dire oui à des idées un peu folles, à embarquer une communauté dans des aventures qui n’étaient parfois prévues nulle part la semaine d’avant.
C’est précieux. C’est aussi, parfois, un défi. Parce qu’une maison spontanée a une tendance naturelle à raisonner à court terme, à mesurer le succès au coup par coup, à privilégier l’élan immédiat à la patience. Et nous voulons toujours garder les mêmes valeurs ainsi que notre capacité d’écoute…
C’est pour cela que les partenariats comme celui qui nous lie à No Difference fonctionnent à l’envers. Ils ressemblent à la préparation d’une Spartan: on ne juge pas la course le jour du départ, on la gagne dans les mois de répétition silencieuse qui précèdent. Ils nous obligent à nous projeter, à anticiper, à honorer une parole donnée bien avant que la prochaine opération ne soit imaginée. Ils sont, comme l’entraînement, une discipline. Une discipline qui rappelle, à intervalles réguliers, ce que nous avons choisi d’être, et qui nous évite de nous laisser emporter par le tempo de l’actualité.
Une collaboration qui dure, c’est un miroir. Elle nous oblige à nous regarder sur le temps long, à un moment où tout le monde nous demande d’être courts.
L’autocritique comme condition de la fidélité
Rester fidèle dix ans, vingt ans, ce n’est pas répéter le même geste. C’est faire le même geste avec, à chaque fois, la conscience qu’il pourrait avoir besoin d’être ajusté.
Dans notre métier, dans la relation à notre communauté, dans nos partenariats, caritatifs ou pas, c’est probablement la chose la plus précieuse qu’un acteur économique puisse offrir: la promesse que nous serons encore là demain, avec les mêmes valeurs, que nous continuerons à nous poser les bonnes questions.
Le temps qui passe est un partenaire exigeant. Mais c’est aussi, je crois, le seul juge sérieux de ce qu’on prétend être.
