La formule magique de Qoqa n’existe pas
Cela fait pas loin de 20 ans qu’avec l’équipe, nous plongeons nos petites pattes de loutre dans les offres et le blog du site. Deux décennies de jeux de mots parfois dignes d’un tonton en bout de table un soir de Noël, d’annonces émues de coups d’éclat de la communauté et de patience face aux milliers de commentaires mensuels du forum avec une sincérité qui, nous l'espérons, ne s'est jamais démentie.
Et pourtant, après tout ce temps, on nous pose encore la question, dans les couloirs de la tanière: «Mais c'est quoi, au fond, le ton QoQa?» Tout d’abord, bonne question. Et pour partir à la recherche d’éléments de réponse, je vous propose de nous rendre… au Japon!
Franc-Parler
Chaque dimanche matin, watson invite des personnalités romandes à commenter l'actu ou, au contraire, à mettre en lumière un thème qui n'y est pas assez représenté. Au casting: Nicolas Feuz (écrivain), Anne Challandes (Union Suisse des Paysans), Roger Nordmann (conseiller stratégique, ex-PS), Damien Cottier (PLR), Céline Weber (Vert'Libéraux), Karin Perraudin (Groupe Mutuel, ex-PDC), Samuel Bendahan (PS), Claude Ansermoz (ex-rédacteur en chef de 24 Heures), Ivan Slatkine (président de la FER) et la loutre de QoQa.
Bonne question, sans réponse
Il y a quelques années (25 pour être douloureusement précis), je me suis renseigné sur la religion shinto avant de partir un mois sur l’archipel. J’étais très curieux de connaître les fondations de cette religion ancestrale qui a survécu à tous les bouleversements du pays, comprenant (entre autres) l’arrivée du bouddhisme, l’occupation américaine et l’incroyable croissance économique d’après-guerre. Vous ne voyez pas du tout le lien? Je vais y venir.
Alors même qu'environ 100 millions de Japonaises et Japonais pratiquent des rituels shintoïstes vieux de plus de 2000 ans, il s’avère que le shinto n’a jamais été mis par écrit de manière unique et définitive sous la forme d’un texte comparable à la Bible. Demandez à vingt prêtres shinto de vous en donner une définition, vous obtiendrez vingt réponses différentes, chacune étant aussi correcte que les autres. Ce n'est pas du flou artistique, c’est du vivant. Qoqa, c'est pareil.
Si vous demandez à nos collaborateurs quel est le ton de l'entreprise, vous récolterez autant de réponses que de personnes dans la tanière. Certains vous parleront d'une réponse mémorable postée dans le forum, d'autres d'une opération qui a fait sourire 1,3 million de loutres simultanément, d'autres encore d'un email qui ressemblait à une lettre d'un ami plutôt qu'à un tract publicitaire. Et ils auront tous raison, en même temps, sans se contredire.
Pourquoi? Parce que notre ADN repose sur un principe simple, presque bête tellement c'est évident: sers le client comme toi tu aimerais être servi.
C'est tout.
C'est aussi peu et aussi immense que ça. Pas de réponse type. Pas de formule magique à copier-coller. Juste cette boussole intérieure qui guide chaque interaction et qui, forcément, donne des résultats légèrement différents selon la personne qui tient la plume ce jour-là.
Ne fige pas ce qui vit
Vouloir toujours tout rédiger dans un grand manuel avec des règles strictes gravées dans le marbre, avec le catalogue des tournures autorisées et des mots interdits revient à risquer de tuer dans l'œuf, ce qui fait que vous nous lisez encore après toutes ces années.
La spontanéité. L'honnêteté. Ce petit grain de folie communicatif qui fait qu'une réponse à une question sur une cafetière peut vous arracher un sourire un mardi matin grisâtre de novembre.
On a bien créé des guidelines, mais le plus gros du chemin, chacun peut le faire seul. Attention, personne n’est laissé sans soutien, s’il y a besoin, on s’entraide!
Un état d'esprit pérennisé par sa pratique
Il est évident qu’il faut toutefois une forme de référentiel pour que les personnes qui rejoignent l’entreprise en saisissent le ton, l’esprit. Mais, dans le cas du shinto comme d’une entreprise telle que la nôtre, les actes et leur régularité, qui demandent non pas de suivre passivement, mais d’agir et d’incarner, permettent d’assurer une plus grande durabilité d’une philosophie.
Le shinto a traversé les siècles grâce à ses rites, ses traditions, ses rituels transmis de bouche à oreille et de geste en geste. Les entreprises qui durent, c'est pareil. Ce sont leurs actions qui jouent ce rôle. Chaque initiative lancée, chaque interaction avec un client, chaque message un peu inattendu qui fait lever un sourcil ou esquisser un sourire, c'est ça, le rituel d'une culture d'entreprise vivante.
C'est ce qui forge, année après année, une relation qui ressemble davantage à une amitié qu'à une transaction commerciale froide.
Alors non, vous ne devriez jamais trouver la culture d'une entreprise «créative et humaine» parfaitement et clairement résumée dans un document exhaustif et définitif. Mais vous la reconnaîtrez immédiatement quand vous y serez confronté. Parce qu'elle vous parlera comme un être humain. Parce qu'elle aura été portée par des gens qui pensaient à vous, pas à une case à cocher dans un process qualité.
Cela devrait être dans le cœur de chaque humain avant d’être dans un quelconque manuel.
Il intègre ensuite le Chuv comme responsable éditorial, où il pilote notamment la création du magazine de vulgarisation In vivo. Aujourd'hui, c'est chez Qoqa qu'il s'épanouit en tant que «loutre à plume», soit le rôle de responsable des projets liés à l'ADN de l'entreprise, entre écriture, créativité et animation de podcasts notamment. Il est par ailleurs comédien d'improvisation au sein de la Compagnie du Cachot.
