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Exit la ruelle sombre et le collier de perles qui tombe sur le sol devant les yeux d'un orphelin, <em>The Batman</em> nous épargne le récit de ses origines pour nous amener deux ans après ses débuts.
Exit la ruelle sombre et le collier de perles qui tombe sur le sol devant les yeux d'un orphelin, The Batman nous épargne le récit de ses origines pour nous amener deux ans après ses débuts.Image: Warner Bros

The Batman, le noir lui va si bien

Attendu au tournant, The Batman, la nouvelle adaptation de l'homme chauve-souris est à la hauteur de nos espérances. Attention, c'est sombre.
02.03.2022, 15:2702.03.2022, 18:12
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Si la formule Marvel fonctionne depuis une décennie et rapporte à Disney des milliards, le sort est légèrement différent pour les héros de DC Comics appartenant à Warner Bros. Lorsque la tentative de faire un film choral en y intégrant les grands noms de la Ligue des Justiciers se fit, cela donna un échec critique, commercial, et un gouffre financier qui amena le studio à reconsidérer la création d'un DC Cinematic Universe, où les films seraient reliés.

Pour rappel, le film The Batman devait être réalisé et interprété par Ben Affleck qui portait le masque sur les deux précédentes apparitions du Chevalier Noir. Celui-ci a finalement abandonné le projet suite aux errances du studio.

Entre deux, le Joker de Todd Philipps est passé par là et son succès critique a permis à la Warner de comprendre ce qui allait les différencier de Marvel: laisser les auteurs avoir leur propre vision des personnages, collant à la manière des romans graphiques dont ces personnages sont tirés.

Le studio a compris que la seule manière de concurrencer l'univers cinématographique Marvel, c'était de faire tout l’inverse de celui-ci. On ne peut que saluer cette volonté de servir l’antithèse du super-héroïsme coloré de l'écurie d’en face. The Batman n'est pas un film pour les enfants.

Un film sombre et mature, mais avec une voiture qui va se vendre par milliers en jouet.
Un film sombre et mature, mais avec une voiture qui va se vendre par milliers en jouet.Image: Warner Bros

Si Batman au cinéma a connu bien des registres, du gothique de Tim Burton au burlesque de Joël Schumacher en passant par le réalisme de Christopher Nolan, il y a bien un genre propre au personnage qui n'a pas été abordé au cinéma: celui du film noir. Bingo, c'est de là que The Batman puise toute son inspiration. Car avant d'être le justicier que l'on connait, le personnage de la chauve-souris est avant tout un grand détective qui assiste la police de Gotham.

L'originalité de film est donc de proposer une approche qui fait étonnamment écho à deux grands films policiers de David Fincher: Seven et Zodiac.

Noir c'est noir

Exit la ruelle sombre et le collier de perles qui tombe sur le sol devant les yeux d'un orphelin, The Batman nous épargne le récit de ses origines pour nous amener deux ans après ses débuts. Loin de la grandiloquence, notre Batman est à taille humaine, sans moyens disproportionnés. Il n'a pour lui que son flair et ses poings, arpentant les rues sombres de Gotham City dans le but d'insuffler la peur chez les criminels qui gangrènent la ville. On est bien loin de ce que proposait Le Chevalier Noir de Christopher Nolan et son arsenal high-tech.

Bruce Wayne est visiblement fan de  Robert Smith, le chanteur de The Cure.
Bruce Wayne est visiblement fan de Robert Smith, le chanteur de The Cure.Image: Warner Bros

Gotham est lugubre, crasseuse, la pluie y est diluvienne et le film démarre sur une voix off, une narration typique du hard-boiled. Ce genre littéraire proche du roman noir où le protagoniste est typiquement un détective cynique. Les ennemis de Batman ne sont pas fantaisistes. Ce sont des mafieux, des corrompus ou des hommes qui ont sombré dans la folie au même titre que le héros lui-même. Jamais le personnage n'aura été aussi proche de la condition des monstres qu'il combat.

Ici, le milliardaire, play-boy et flambeur n'existe pas. Point d'alter ego, Bruce Wayne et Batman sont la même personne. Un homme brisé, violent, rongé par la vengeance et dont le seul garde-fou se manifeste par la présence de ses deux alliés, Alfred et le commissaire Gordon. La folie sera manifestée par l'antagoniste principal du film: l'Homme Mystère qui laisse derrière lui des cadavres et des énigmes qui serviront une intrigue criminelle occupant l’entier du récit, et ce durant près de trois heures, dans le but de faire surgir les fantômes du passé.

Paul Dano, terrifiant en Riddler (désolé Jim Carrey).<br>
Paul Dano, terrifiant en Riddler (désolé Jim Carrey).
Image: Warner Bros

Le casting est impeccable. Si le choix de Robert Pattinson était de prime abord étonnant, il se révèle surtout payant. L'acteur britannique y est magnétique, et prouve encore une fois qu'il est un des meilleurs de sa génération, malgré l'étiquette Twilight qui lui colle à la peau depuis trop longtemps. Zoe Kravitz en Catwoman y est plus féline que jamais tout en ne sombrant jamais dans l'excès. Mais c'est surtout dans ses antagonistes que les performances sont impressionnantes: Colin Farrell y est méconnaissable dans le rôle, bien que secondaire, du Pinguin. Mais c'est bien Paul Dano, dans le rôle du Riddler, qui sort son épingle du jeu et fournit une prestation impressionnante.

Bons baisers de Gotham

La force du film, au-delà de son interprétation au diapason, est surtout dans sa réalisation. En effet, sa mise en scène panse les vides (visuels comme sonores) et l'obscurité, comme dans un découpage de bande dessinée, pour donner de l'ampleur au héros. Ce qui frappe d’abord dans The Batman, c’est à quel point le film est sombre, littéralement, à la limite du perceptible. La photographie de Greig Fraser, à qui le récent Dune lui doit également sa beauté, fait briller Gotham d'une manière crépusculaire, dont la seule chaleur qui y émane vient des reflets de néons sur les flaques et les lueurs de l'aube.

La ville est un monstre de noirceur qui offre un terrain de jeu parfait pour le justicier masqué. En profitant de l’obscurité dans laquelle le métrage est baigné, le spectacle mise davantage sur la brutalité des combats, corps à corps, plutôt que sur des scènes spectaculaires et démesurées. Le tout dans une parfaite visibilité.

Le soleil brille sur Gotham, parfois.
Le soleil brille sur Gotham, parfois.Image: Warner Bros

Malheureusement, si le film évoque le cinéma David Fincher sur la forme, on peut regretter qu'il n'y ait pas le même talent d'écriture sur le fond. Avec sa durée de trois heures, certaines scènes paraissent superflues. Le métrage aurait mérité de moins se perdre en sous-intrigues. En termes de scénario, le film ne surpasse de loin pas The Dark Night de Christopher Nolan, qui avait su captiver en son entier grâce à des scènes épiques et des rebondissements, proposant ainsi un sans-faute.

Néanmoins, The Batman est un blockbuster intelligent et une proposition visuelle viscérale qui, pour les amateurs de bande dessinée, sera un régal pour les yeux, rappelant des albums cultes comme Batman Year One de Frank Miller, The Long Halloween de Jeph Loeb et Time Sale ou encore également Amère Victoire des mêmes auteurs.

Si le film vous a plu pour ces aspects, je ne peux d'ailleurs que vous conseiller d'aller en librairie afin de retrouver la véritable essence de Batman, celle de l'encre noire sur papier. En attendant, la chauve-souris a pris son envol loin des propositions mercantiles des studios. Une création qui laisse augurer le meilleur pour l'avenir.

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