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«Fallout»: notre avis sur la série postapocalyptique de Prime

Fallout, la nouvelle série de Prime Video.
La Confrérie de l'Acier catapulte son armée d'Iron Man dans un monde désolé.Image: Amazon

«Fallout», le western postapocalyptique qui va vous clouer devant l'écran

La nouvelle série de Jonathan Nolan, l'excellent showrunner et frère de Christopher Nolan, s'attaque à l'adaptation du jeu vidéo Fallout. Atmosphère western postapocalyptique, enrobée d'humour noir, qui va en scotcher plus d'un.
29.04.2024, 11:46
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Prime Video a décidé de répondre à HBO et à son succès The Last of Us. A la baguette, Jonathan Nolan, la plume de nombreuses productions (Interstellar, Dark Knight) et de l'excellente série Westworld estampillée...HBO. Le frère de Christopher porte le projet mastodonte Fallout, une aventure créative aux attentes très, très élevées.

Car derrière cette sortie, le brouhaha des fans de la première heure se fait pressant; les critiques acerbes s'abattront si l'industrie de la série détrusait l'héritage du jeu vidéo aux plus de 50 millions d'exemplaires écoulés. Le pari était risqué et la horde de fans se tenait prête à clouer au pilori le travail de Jonathan Nolan.

Mais que les fadas de la manette se calment: l'univers postapocalyptique pensé et échafaudé par l'équipe créative mérite que la console reste en veille.

La série démarre sur une banale fête d'anniversaire en 1950. Sauf que nous sommes rapidement catapultés 200 ans plus tard. Les Etats-Unis ont ramassé dans les dents une énorme attaque nucléaire; les villes ont été balayées par les champignons atomiques et tout le monde a commencé à haïr Oppenheimer, la gorge serrée et la peau se décollant des os. Les plus chanceux ont réussi à se réfugier dans un abri antiatomique et à laisser passer l'orage de radiations. Les autres, les moins riches, les subissent et des mutations leur font perdre les pédales. Mais ça, c'était il y a 200 ans. Qu'en est-il à présent?

Fallout nous entraîne dans les couloirs du peuple des Abris, mais il est l'heure pour les populations des Abris de mettre le nez à la fenêtre et poser les pieds à la surface, pour retrouver de leur vie d'avant, pour recoloniser une terre désolée.

Sauver l'Amérique

Les habitants des Abris sont réputés pour être les riches qui ont décampé sous terre, laissant la plèbe brûler à la surface. Ils attendent que l'air soit plus respirable et se sentent investis d'une mission, et pas des moindres: sauver l'Amérique à leur sortie de leur antre souterraine. Or, le constat auquel Lucy (Ella Purnell) va se confronter, en prenant des baffes lors de son arrivée (épisode 2) dans la ville de Filly, lui fera prendre conscience que ses petites notions bien proprettes et sa morale de quiche se fera écraser par la sélection naturelle. Une habitante s'en charge personnellement, en lui crachant son venin au visage.

«Des cheveux propres, de bonnes dents, les dix doigts. Ça doit être sympa»
Une habitante de la surface en s'adressant à Lucy.

Car à la surface, c'est le Far West, un univers à la Mad Max où les cafards et les rats sont devenus géants, où la bienséance s'est consumée dans le nuage atomique; ça dépote, ça canarde à tout-va; les lois sont de l'histoire ancienne et chacun tente de sauver sa peau au milieu des méandres d'un monde qui a depuis longtemps périclité.

Au milieu du chaos et des dunes de sable qui ont remplacé les bords de plage californiens, il y a trois axes narratifs qui se croisent et se décroisent - tous enchaînés à cette recherche de la tête du docteur Wilzig (Michael Earmon), porteur d'une puce rare. Mais restons un poil évasif pour éviter de déraper sur le dangereux terrain du spoiler.

Ella Purnell, dans la série Fallout.
Ella Purnell dans la peau de Lucy McLean.Image: Amazon

Il y a donc Lucy McLean, l'habitante des Abris, aperçue dans l'excellente série Yellowjackets, loin d'être une badass, mais plutôt à l'aspect bien ripoliné, sourire en toutes circonstances. Or, son petit jeu de fille à papa va se faire écarteler par un monde sévèrement testostéroné.

Désormais loin de son nid douillet, la jeune femme a décidé de prendre son baluchon et foncer dans une époque régie par la violence. Or, le courage en bandoulière, il lui faudra prendre tous les risques: son père (le mythique Kyle MacLachlan) a été capturé par la méchante Moldaver (Sarita Choudhury).

Une épopée solitaire qui lancera les hostilités de la série, qui dézoomera ensuite pour intégrer de nouveaux personnages, comme Maximus, incarné par Aaron Moten. Lui est un «Seigneur», un genre d'Iron Man dans son armure qui lui dope son ego personnel - il se sent fort et indestructible - pour arracher un morceau de gloire dans la Confrérie de l'Acier (qui tente de contrôler les Terres Désolées), auquel il appartient.

Concernant l'autre figure principale de la série, c'est un genre de mi-homme, mi-zombie: La Goule. Sous les traits d'une bête au nez supprimé, Walton Goggins y trouve l'un de ses meilleurs rôles. Le chapeau de cow-boy bien vissé sur le crâne, le regard perçant et la gâchette facile, il est sûrement le personnage le plus furieux et zinzin à suivre.

Mieux, pour les fans de Jonathan Nolan, on peut facilement y déceler une incarnation qui se rapproche de celle d'Ed Harris dans Westworld; énigmatique et intraitable, doté d'une touche à l'humour noir bien sentie, sans attache et volatile. La quête de cette puce est son unique objectif. Mais l'homme n'a pas toujours été défiguré. Des flash-back dépeindront le golden boy qu'il était; avant l'apocalypse nucléaire, il était Cooper Howard. Mais la barbarie de la surface s'est chargée de le transfigurer.

Walton Goggins est La Goule dans la série Fallout.
Un Walton Goggins au top de sa forme.Image: Amazon

Joyeux désordre addictif

Dans Fallout, les codes du western et de l'horreur dans un univers postapocalyptique ultra violent font mouche. La plume de Jonathan Nolan et sa caméra (il s'est chargé de réaliser les trois premiers épisodes) réussissent à rendre l'histoire diablement addictive, dans un cadre qui mêle humour et violence digne d'une série B.

C'est cet alliage qui insuffle à la série de l'étrange, aux multiples espèces (humaines et animales) qui brossent un monde totalement déluré, dans lequel on se perd avec (grand) plaisir, guidé grâce à trois personnages singuliers.

C'est l'histoire d'un monde de survivants qui reprend ses droits tant bien que mal. Comme Lucy, elle qui voit son innocence disparaître, ou comme La Goule, dont la trajectoire est décortiquée par des flash-back qui renseignent sur le bonhomme, et qui montrent qu'il n'a pas toujours été ce tueur de sang-froid. C'est un monde qui s'est effondré, et il lui faut retrouver un nouveau souffle.

En résumé, préparez votre week-end à visionner 8 épisodes, c'est...de la bombe.

«Fallout» est disponible depuis le 11 avril sur Prime Video.

Fallout – Bande-annonce

Vidéo: watson
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