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Kérosène: Les compagnies aériennes européennes ont voulu rassurer

epa12909205 A Ryanair Boeing 737-8AS airplane lands at Vaclav Havel Airport in Prague, Czech Republic, 23 April 2026. Global airlines face surging jet fuel costs amid escalating tensions in the Middle ...
Le directeur de Raynair a pris la parole.Keystone

Kérosène: Les compagnies aériennes européennes ont voulu rassurer

A Paris et Bruxelles, l'aviation a insisté sur le fait que le carburant n'allait pas manquer. Mais les prix vont toutefois rester élevés.
08.10.2026, 16:0608.10.2026, 16:06

Les compagnies aériennes européennes se sont voulues rassurantes jeudi sur le carburant. Depuis Bruxelles et Paris, elles ont affirmé que le kérosène n'allait pas leur manquer, mais rester très cher.

Des craintes à ce sujet avaient émergé en septembre en raison la multiplication des crises géopolitiques.

Les pays du Golfe, grands producteurs de pétrole et de kérosène, peinent à exporter leur production, en raison de la guerre au Moyen-Orient. Les installations pétrolières de ces pays sont attaquées à la fois par l'Iran (lui-même attaqué par les États-Unis) et par les rebelles houthis du Yémen. S'y ajoutent les attaques des raffineries russes par l'Ukraine, qui se défend contre une invasion par la Russie.

Ryanair a pris la parole

Mais, à Bruxelles, le directeur général de la compagnie irlandaise Ryanair, Michael O'Leary, a dissipé les craintes de pénurie. Lors d'une conférence de presse de l'association professionnelle des compagnies européennes (A4E), il a déclaré:

«Il n'y a pas de doutes, je pense, quant à la disponibilité du carburant d'aviation en Europe cet hiver, ou franchement jusqu'à l'été prochain non plus, à moins que se produise un quelconque événement imprévu.»

Mais les prix élevés devraient persister. Le patron irlandais à déploré:

«Historiquement, le carburant d'aviation était entre 10% et 15% plus cher que le baril de Brent. Il se situe actuellement à un prix 50% plus élevé»

Michael O'Leary a encore ajouté:

«Et je ne vois pas ça changer pendant les 12 ou 18 prochains mois, les Ukrainiens attaquant les raffineries russes, les Houthis et les Iraniens attaquent les capacités au Moyen-Orient, et les pénuries de raffinage ou de navires, et de capacités des raffineries vont être un vrai problème.»

Même discours en France

À Paris, le président de l'organisation professionnelle de l'aérien, la Fnam, a tenu le même discours.

Pascal de Izaguirre, qui dirige également la compagnie Corsair, a déclaré devant la presse:

«Nous n'avons pas d'inquiétude en matière de sécurité des approvisionnements. C'est déjà un point qui est positif»

Lui aussi est pessimiste sur l'évolution des coûts en carburant, sans surprise.

«À ce niveau du prix du pétrole, a-t-il prévenu, vous avez un certain nombre de vols qui basculent dans le rouge vif», c'est-à-dire qui deviennent fortement déficitaires. Il a ajouté:

«Malheureusement depuis l'intervention militaire en Iran, la situation s'est profondément dégradée pour le secteur aérien. Je ne vous cacherai pas que la situation est quand même très grave. Très grave parce qu'il y a bien sûr l'augmentation du prix du kérosène et il y a également bien sûr l'effet des hausses ininterrompues de fiscalité.»

Les guerres ont changé les plans

L'année 2026, qui s'annonçait bonne pour les compagnies aériennes, est devenue extrêmement compliquée depuis le lancement de la guerre contre l'Iran par les États-Unis et Israël, le 28 février.

Rien n'a permis de renouer avec l'optimisme, depuis. Les responsables de la Fnam notaient ainsi que le déstockage de réserves stratégiques de produits pétroliers annoncée par le G7, vendredi, n'avait permis de faire redescendre le prix du kérosène que légèrement. Dès mercredi, il est reparti à la hausse, face à l'escalade du conflit entre Arabie saoudite et Houthis.

Les patrons d'Air France-KLM, EasyJet, IAG (le groupe qui comprend British Airways), Lufthansa et Ryanair prônaient tous une même réponse de la part de l'Union européenne et de ses États membres: alléger les contraintes fiscales et règlementaires.

Airlines for Europe relevait même une curiosité, l'inflation sur le marché des carburants d'origine non fossile («SAF»). a directrice générale, Ourania Georgoutsakou, soulignait:

«Les prix des SAF suivent aussi la même courbe et sont en augmentation, alors même que ce n'est pas le même produit, pas issu de la même matière première, et qu'ils ne viennent pas de la même région du monde.»

(joe/awp/ats/afp)

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source: keystone / peter schneider
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