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Les maçons romands en grève pour défendre leurs conditions

Les maçons romands en grève pour défendre leurs conditions
La Société suisse des entrepreneurs (SSE) souhaite une meilleure flexibilisation du temps de travail, ce que dénoncent les syndicats.Image: unia/twitter

Les maçons romands dans la rue pour défendre leurs conditions

La plupart des chantiers romands tourneront au ralenti en ce début de semaine, alors que les maçons entament lundi matin deux journées de mobilisation.
07.11.2022, 08:0807.11.2022, 12:21
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Les rues de Genève, de Lausanne, de Fribourg, de La Chaux-de-Fonds et de Delémont seront investies par les maçons romands, avant qu'ils se regroupent mardi pour une grande manifestation à Lausanne.

Coordinateur romand d'Unia pour le secteur de la construction, Simon Constantin s'attend à une mobilisation «massive» de «plusieurs milliers» de maçons pour ces deux journées de protestation. Selon lui, la plupart des chantiers romands tourneront au ralenti en ce début de semaine, comme cela a été le cas dernièrement lors d'actions similaires menées au Tessin et dans la région de Bâle.

«Les travailleurs sont en colère et ne vont pas se laisser faire»
Simon Constantin

Simon Constantin critique «la vision idéologique» de la Société suisse des entrepreneurs (SSE), qui mène actuellement des négociations sur la nouvelle convention collective nationale de travail (CN).

Le patronat souhaite notamment une meilleure flexibilisation du temps, ce que dénonce par les syndicats. Ceux-ci estiment que cette nouvelle CN déboucherait sur des journées allant jusqu'à douze heures et des semaines de 58 heures de travail.

Ils affirment aussi que la SSE cherche à faciliter les licenciements des travailleurs âgés et à pouvoir baisser les salaires. «Le patronat cherche à démanteler complètement les différentes protections des travailleurs», déclare Simon Constantin.

Négociations au point mort

De son côté, la SSE répond qu'il ne s'agit «nullement d'augmenter le nombre d'heures de travail annuelles ou hebdomadaires par rapport à aujourd'hui», écrit-elle dans un communiqué publié fin octobre. Elle souligne «l'énorme potentiel» d'une planification plus flexible du temps de travail, afin notamment de répondre «aux attentes de la jeune génération».

Cette flexibilisation doit aussi permettre, selon elle, de mieux adapter le temps de travail aux employés plus âgés, et donc de les retenir dans une branche qui souffre d'une pénurie de main-d'œuvre qualifiée.

Six tours de négociations sur le renouvellement de la convention nationale n'ont pas permis d'aplanir les divergences. Les discussions doivent se poursuivre à la mi-novembre. Mais avant cela, les maçons romands vont dire leur colère, avant d'être relayés le 11 novembre par leurs collègues zurichois.

La CN du secteur principal de la construction couvre quelque 80'000 travailleurs. Mi-octobre, 20'000 maçons de toute la Suisse avaient voté pour ces différentes journées de protestation.

Paix du travail menacée

La SSE a déjà exprimé plusieurs fois son «mécontentement» au sujet de ces manifestations syndicales dans tout le pays. Elles constituent, selon elle, «des violations de la paix absolue du travail convenue par les partenaires sociaux.»

La tension est particulièrement vive à Genève, où la SSE a porté plainte le 24 octobre contre les branches genevoises des syndicats Unia, Syna et SIT. Elle a toutefois été recalée à la fin du mois dernier par la Chambre des relations collectives de travail du canton de Genève (CRCT).

Toujours à Genève, les syndicats ont dénoncé jeudi dernier «une campagne de désinformation et de dénigrement» menée par les patrons du canton, qui feraient régner un climat de peur sur les chantiers.

(jod/ats)

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