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Boutique, triste, habits

Image: Shutterstock

«Pour les petits commerces, la vraie catastrophe, c'est maintenant»

Les restaurants rouvrent, les mesures anti-covid s'assouplissent et la vie reprend. Pourtant, pour les petits commerces, l'avenir n'est pas rose. Pour ceux qui ont survécu à la pandémie, l'été sera décisif: gagner de l'argent, beaucoup d'argent.



Avec l'intérieur des restaurants qui rouvrent, c'est un pas de plus vers le retour à une vie dite «normale». Les assouplissements du Conseil fédéral font donc le bonheur des bistrots, mais aussi des petits commerçants qui vont retrouver des centres-villes animés et dynamiques. Pourtant, tout n'est pas rose pour eux:

«Dans les villes, il y a de plus en plus de surfaces commerciales à louer et cela va continuer. Ce qui paraît normal par rapport à ce qu'il s'est passé»

Olivier Nimis, Remicom

Fondateur de Remicom, entreprise spécialisée dans la vente de commerce en Suisse, Olivier Nimis souligne pourtant que la situation n'est pas encore dramatique. «La vraie catastrophe, pour les petits commerces, c'est maintenant qu'elle commence. Tout rouvre, mais s'ils n'ont pas un flux de clients extraordinaire, ils ne vont pas pouvoir rattraper leurs pertes».

Les aides de l'Etat ont permis à de nombreuses entreprises de traverser la pandémie, mais elles ont dû s'endetter et épuiser leurs économies pour survivre. «L'été va être un cap important. Ils ont besoin de faire du chiffre d'affaires pour récupérer un maximum d'argent».

L'automne s'annonce sombre

Mais si la tâche s'annonce déjà ardue pour les restaurants, elle sera encore plus compliquée pour les boutiques et les fitness, selon Olivier Nimis. Dans tous les cas, le spécialiste prédit que les conséquences commerciales de la pandémie vont se dessiner d'ici l'automne prochain.

Vous vous inquiétez pour les petits commerces près de chez vous?

«Pour le moment, il y a une forme de stabilité grâce aux aides de l'Etat, mais il va y avoir un vrai retour à la réalité d'ici cinq ou six mois», confirme Géraldo Zaccaria, cofondateur de la plateforme Transgate, spécialisée dans l'immobilier commercial. Son associé, Frédéric Bernard pronostique, de son côté, une augmentation des boutiques et autres commerces à vendre au deuxième semestre 2021 et donc, une baisse des prix des objets.

«Les entrepreneurs locaux en difficulté vont tenter de brader leurs fonds de commerce pour, au moins, couvrir leurs dettes»

Frédéric Bernard, Transgate

Mais céder leurs fonds de commerce risque d'être un luxe que tous ne pourront pas se permettre, certains se faisant expulser, faute de n'avoir pu payer leurs loyers. «Ils vont perdre la valeur de leur travail parce qu'ils ne peuvent pas revendre, faute de bail», regrette Olivier Nimis.

«Aujourd'hui, les futurs pauvres en Suisse, ce sont les commerçants qui vont se faire expulser de leur boutique et perdre leur outil de travail»

Olivier Nimis

«Dans ce monde-là, quand on perd son local, on perd tout. Quand vous achetez un fonds de commerce, souvent ce que vous achetez, en réalité, c'est un bon emplacement», détaille l'économiste Samuel Bendahan. Celui qui est également conseiller national (PS/VD) s'attend à ce que de nombreux commerçants se retrouvent en difficulté.

Il précise aussi que chaque entreprise connaît des situations différentes et que les faillites ou les ventes vont s'étaler sur les prochains mois: «Il est difficile de se prononcer pour le moment, on pourra faire un véritable bilan quand la pandémie sera vaincue». Samuel Bendahan ne se montre pour autant pas fataliste et invite à la mise en place d'un plan de relance efficace: «En Suisse, nous avons les moyens financiers et démocratiques de limiter les dégâts si on le décide».

Chasse à l'homme en Dordogne

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source: twitter/gendarmerie nationale
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E-commerce: les Suisses veulent tout, tout de suite

Dans les 48 heures suivant le retard d'une commande, un Suisse sur trois se met en rogne, révèle une enquête menée pour le compte de Digitec Galaxus.

En Suisse, l'heure c'est l'heure. Et cela vaut aussi pour les commandes en ligne. C'est en tout cas ce que montre un rapport publié pour le compte de Galaxus. Selon ce dernier, au delà de deux jours de retard, les acheteurs suisses s'impatientent fortement. Et s'énervent.

Les citadins, les jeunes, les hommes et les Romands sont les plus impatients de recevoir leur commande.

Les personnes âgées entre 30 et 49 ans veulent recevoir leurs colis le plus vite possible, quitte à générer plus de gaz …

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