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De Trump à Mileil, l'élite se moque du «clowns populiste»

De Trump à Mileil, l'élite se moque du «clowns populiste»
images: getty, montage: fred valet
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L'élite se moque du «clown populiste» et hérite de clones populaires

Donald Trump aux Etats-Unis, Javier Milei en Argentine, Geert Wilders aux Pays-Bas. Le succès de ces droites dures, charismatiques et tape-à-l'œil n'est pas simplement un étrange «séisme politique» ou une vague «montée du populisme». C'est la défaite d'une classe politique traditionnelle qui refuse d'assumer le rejet qu’elle suscite aujourd’hui.
23.11.2023, 18:5024.11.2023, 08:32
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«Séisme électoral», «tsunami dans les urnes», «tremblement de terre politique». Depuis le premier triomphe de Donald Trump en 2016, le lexique empoigné pour signifier les victoires tonitruantes des antisystèmes à travers le monde n'a pas bouger d'un cil. Comme si nous avions affaire à une éternelle surprise, que personne ne sera jamais en mesure d'anticiper. Bullshit, évidemment.

Comparer ces succès à autant de subites catastrophes naturelles, c'est snober sciemment une réalité qu'on refuse d'affronter. Et à tous les étages.

Les razzias électorales récentes et successives du «Trump de la pampa» (ce week-end en Argentine) et du «Trump hollandais» (mercredi soir) n'ont pas échappé à la règle. Sous les «séisme», «tremblement de terre» et autres «tsunami», voilà l'establishment et les partis traditionnels réduits à de vulgaires plaques tectoniques rudoyées. Comme un socle politique que l’on supposait stable avant «le choc», avant la grande fissure et l’inondation.

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A chaud, les premières réactions se ruent à chaque fois sur cette notion devenue fourre-tout de la «montée du populisme», en braquant une lumière crue sur la coupe de douille, la tronçonneuse, les grosses frasques, les petites phrases et le bilan psychiatrique du vainqueur. Comme si leurs électeurs n'avaient fait que céder face au clown maléfique, à ce grand manipulateur des foules qui aurait troqué le nez rouge contre une cravate tout aussi sanglante. Donald Trump, Javier Milei et Geert Wilders ne sont-ils que ces «fous» dont on s'empresse de ranger l'excentricité dans la grande boîte des monstres de l'Histoire?

Bien sûr que non.

Mais on se fait tous berner. Du moins au début. Même Trump marche dans cette combine qu'il a pourtant rendue populaire. Dimanche, en croyant féliciter ce fils spirituel d'une autre Amérique avec son «make Argentina great again» sur les réseaux sociaux, il n'applaudit en réalité que la forme: le speaker messianique, l'extraverti, le décoiffé, le gueulard qu'il est lui-même.

Car, en vérité, Javier Milei l’ultra-libéral est moins un «Donald de la pampa» qu'une sorte de Macron ou de Thatcher sous amphétamine.

A trop se concentrer sur leurs artifices charismatiques et tapageurs, on finit par oublier le réel (et puissant) rejet qu'ils incarnent. Un rejet beaucoup moins abrupt que le «séisme» qu'on se plaît à dépeindre, mais dont l'onde de choc se répand sans franche résistance. Ce rejet, peu inédit et encore réduit à tort à une poignée de militants, de comploteurs, d'asociaux ou d'hurluberlus déphasés, c'est celui des élites. On peut en rire. Le hic, c'est que la définition de ces «élites» a encore perdu de sa nuance ces dernières années, se résumant désormais à tout ce qui ne vient pas du peuple: des politiciens installés aux experts médiatisés, en passant par les journalistes, les scientifiques, les universitaires.

Toutes les élites se retrouvent aujourd'hui comme des cons dans le même sac, se bornant à pointer les défauts et les dangers du monstre d'extrême droite qui les y auraient jetés.

A la victoire de Javier Milei en Argentine, Sandrine Rousseau s'est contentée d'empiler des vérités peu productives, le verbe ouvertement contrarié: «Être climatosceptique. Ultra-libéral. Haïr les femmes. L'histoire. Tout se permettre. Être un homme un vrai. Mascu à souhait. Meilleur combo.» Soit.

Mais tout le monde se planque ensuite derrière une joyeuse amnésie, lorsqu'il s'agit de réaliser que si le méchant mal peigné a gagné, c'est d'abord parce que les autres ont perdu. Il manque aujourd'hui une sincère prise de conscience du rejet. De son ampleur, mais aussi de ses racines. Surtout si l'idée est un jour de renverser la vapeur.

Comment en sommes-nous arrivés là?

Qu'avons-nous foiré?

Comment faire mieux?

Quand un pouvoir est considéré comme arrogant, déconnecté et impuissant (à raison ou à tort), il ne suffit pas d'expliquer qu'il ne l'est pas. Ou d'affirmer crânement que l'alternative est au mieux inexistante, au pire dangereuse. On l'a vu dimanche en Argentine et mercredi aux Pay-Bas, snober l'influence de ces soi-disant «clowns populistes», mène tout droit au succès des prochains clones populaires. Qu'ils fédèrent avec une tronçonneuse, un tank rose Barbie ou un nez rouge importe peu. Car cette envie de plus en plus franche, de la part du citoyen déçu, d'essayer autre chose et d'en assumer risques et conséquences, se généralise méchamment.

«L’ennemi, c'est l’Etat. Vive la liberté, putain!»
Le président argentin Javier Milei, lors de son sacre, dimanche.

Certes, «les élites» ont raison de rappeler bruyamment que ces agitateurs d'extrême droite sont, chacun à leur manière, des ennemis de la modération, de la réflexion, du consensus et de la démocratie. Que ces «clowns», aux programmes aussi sulfureux que binaires, ne seront pas de meilleurs remparts aux crises économiques, sociales, sécuritaires ou identitaires qui lacèrent les peuples. Mais ils ont aujourd’hui l'avantage de ne pas incarner ceux qui les y ont lentement menés.

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