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Avec Macron à la présidence, la France ne s’apaisera pas comme par magie, mais il ne sombrera peut-être pas non plus dans une colère infinie.
Avec Macron à la présidence, la France ne s’apaisera pas comme par magie, mais il ne sombrera peut-être pas non plus dans une colère infinie.Image: EPA
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Macron réélu, une victoire contre le nationalisme et le complotisme

En réélisant Emmanuel Macron, les Français ne font pas qu'écarter l'aventurisme incarné par Marine Le Pen, ils redisent leur confiance dans ce qui fonde la démocratie.
24.04.2022, 20:0025.04.2022, 09:58

Emmanuel Macron est réélu président de la République avec une avance plus large encore que celle que prédisaient les derniers sondages. On pourrait en rester là, se satisfaire de cette reconduction à la plus haute fonction de l’Etat avec une marge confortable. Oui, on pourrait se contenter de cette couche de peinture rafraîchissant la façade. Mais on sait parfaitement que, dessous, tout est craquelé et réapparaîtra bien vite tel quel.

On ne se hasardera donc pas ce soir à prédire un avenir plutôt qu’un autre à la France sous Macron II. Le pays ne s’apaisera pas comme par magie, mais il ne sombrera peut-être pas non plus dans une colère infinie. Ce que l’on sait, parce que cela se voit et s’entend, c’est qu’une partie importante des Français vit mal parce qu’elle manque cruellement d’argent. Et que cela n’est ni digne, ni tenable.

Ces drôles d'idées qui, ce soir, sont battues

Indépendamment des aspects sociaux de cette présidentielle 2022, il faut se féliciter de la réélection d’Emmanuel Macron pour des raisons propres à la perpétuation de la démocratie. Perpétuation rendue possible par l'adhésion des citoyens à un ensemble de conventions, la plus vitale d'entre toutes étant sans doute le primat accordé à la raison.

Ce soir, avec la réélection d'Emmanuel Macron, sont battus: le nationalisme, le complotisme, le simplisme. Est éloignée: la tentation de sortir d’alliances et de traités fondateurs du mode de vie occidental. Un mode de vie où la loi du plus fort n’a pas cours.

Au sortir du Covid, on ne peut que constater les méfaits provoqués par la démagogie et la mauvaise foi de politiques – Marine Le Pen était de ceux-ci sans être la pire, on peut ajouter Jean-Luc Mélenchon – consistant à dénigrer la science, à douter d’elle, par conviction ou par calcul, au prétexte de la lutte contre les «profits», comme si l'on découvrait la Lune. Derrière ce travail de sape: une envie d’éradiquer le «système», cet imparfait système qui cependant protège; une soif de pureté, cette pureté dont sont faits les pires intégrismes.

Manger à sa faim

Il reste que pour adhérer à la science et à la raison, qui sont au cœur même du contrat démocratique, il faut être nourri à sa faim. Et l’on retombe ici sur cet état d’insatisfaction permanent qui mine la société française. Il peut y avoir ici ou là une insatisfaction surjouée, exagérée, mais dans l’ensemble, le sentiment de déclassement renvoie à des conditions de vie objectivement dégradées et dont les personnes qui en sont les victimes ne voient pas comment elles pourraient y mettre fin. D’où la tentation d’un pouvoir fort sous le contrôle exclusif du «peuple», faisant fi des experts, au rang desquels les scientifiques et les élus de la démocratie représentative, vus comme autant de profiteurs. Seule solution pour remédier à cet état d'esprit: mieux rémunérer le travail dans certains secteurs d'activité.

La non-élection de Marine Le Pen est un sursis accordé à l’organisation dite complexe de la société, où les idées simplistes ne sont pas au pouvoir. A Emmanuel Macron de faire bon usage de la confiance que lui accordent non pas les Français, selon la formule consacrée, mais une partie d’entre eux seulement, c'est malheureusement l'évidence. A lui et à sa possible future majorité de trouver des modèles économiques et démocratiques innovants.

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