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Les lycéens crient à nouveau leur colère en France

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Les lycéens crient à nouveau leur colère en France

Une nouvelle journée de mobilisation débute dans l'Hexagone. A Paris, quelque 2000 policiers et gendarmes seront mobilisés.
06.10.2026, 09:2106.10.2026, 09:21

Des dizaines de milliers de lycéens s'apprêtent à manifester mardi dans toute la France pour une nouvelle journée de mobilisation sous haute surveillance des autorités, confrontées à un mouvement marqué par des violences et qui menace de s'étendre dans les universités.

Dans un climat social tendu à un peu plus de six mois de la présidentielle, les élèves, qui réclament plus de moyens pour leurs établissements, ont reçu le soutien des syndicats qui ont appelé le personnel de l'éducation à descendre dans la rue à leurs côtés, à Paris et dans une trentaine d'autres villes. Pour la manifestation prévue dans la capitale dans l'après-midi, quelque 2000 policiers et gendarmes seront mobilisés pour encadrer le cortège alors que les blocages de lycées et rassemblements se sont accompagnés de dégradations et de nombreuses tensions avec les forces de l'ordre.

Débuté le 17 septembre en région parisienne, le mouvement s'est progressivement étendu avant de s'enflammer jeudi dans de nombreuses villes de France. Si les incidents ont semblé moins nombreux lundi par rapport à vendredi, la journée a été marquée par la blessure à Lens, dans le nord de la France, d'un jeune de 15 ans qui a eu la main arrachée lors d'une manifestation.

Dix enquêtes ont été ouvertes

Depuis le début du mouvement, plus de 5000 personnes, en grande majorité des mineurs, ont été placées en garde à vue et 215 élèves ont été blessés, selon le gouvernement. Plus de 700 blessés ont été recensés dans les forces de l'ordre et près d'une centaine chez les personnels de l'éducation.

Dix enquêtes ont été ouvertes par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, depuis le début du mouvement, a indiqué lundi soir le ministère de l'Intérieur. «C'est juste de la colère qui parle», a estimé Madeleine, interrogée par l'AFP alors qu'elle participait au blocage de son établissement à Lille, dans le nord.

«Les casses peuvent être déplorables, mais je pense que les lycéens (...) ne savent plus comment se faire entendre en fait»

Les lycéens dénoncent l'insalubrité des bâtiments, des classes surchargées, ou des absences de professeurs non remplacées, particulièrement dans les quartiers populaires.

Parmi les 3700 lycées du pays, où sont scolarisés les enfants de 15 à 18 ans, le nombre d'établissements perturbés était en baisse lundi, à 589 contre près de 800 vendredi, selon le ministère de l'Éducation. Mais le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste a reconnu craindre un embrasement au niveau national, avant la mobilisation de mardi, lors de laquelle les lycéens devraient recevoir le renfort des étudiants.

Lundi, l'Union étudiante recensait déjà 32 sites universitaires bloqués.

La France insoumise pointée du doigt

Cette colère explose à un peu plus de six mois de l'élection présidentielle, dans un climat social et politique tendu, avec la candidate de l'extrême droite Marine Le Pen donnée favorite par les sondages, et la flambée des prix des carburants.

Accusé par les syndicats de répression disproportionnée, le gouvernement affiche sa fermeté face aux violences et en impute la responsabilité à La France insoumise (gauche radicale). Le parti a dit «déplorer» les violences, tout en regrettant que l'exécutif «résume» le mouvement à ces débordements. Les revendications doivent être portées «dans un cadre pacifique», a indiqué lundi soir Matignon, appelant à ce que la mobilisation de mardi permette de «renouer avec une contestation encadrée, légale et démocratique».

Entre rétablissement de l'ordre public et écoute des revendications d'un mouvement sans porte-parole très identifié, le gouvernement marche sur un fil pour gérer l'une des crises les plus délicates à laquelle le premier ministre Sébastien Lecornu est confronté depuis sa nomination il y a un an. Il existe une «génération qui a l'impression de ne pas suffisamment être prise en compte dans l'élaboration des décisions qui la concernent directement», a concédé le ministre de l'Éducation Édouard Geffray. (jzs/ats/afp)

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