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Un lycéen grièvement blessé pendant les émeutes en France

Vidéo: watson

Un lycéen s'est fait arracher la main pendant les émeutes en France

La nouvelle journée de mobilisation dans l'Hexagone a été marquée par la grave blessure d'un jeune de 15 ans à Lens. Une enquête a été ouverte.
05.10.2026, 16:2205.10.2026, 16:22

Un lycéen a été gravement blessé à la main lundi dans le nord de la France. Des centaines de lycées sont à nouveau fermés à la veille d'une troisième journée de mobilisation des élèves, à laquelle plusieurs syndicats appellent à participer.

Le nombre d'établissements perturbés était en baisse au regard de la mobilisation de vendredi, avec 413 recensés lundi matin contre 564 vendredi à la même heure selon le ministère de l'éducation. Mais la journée a été marquée par la blessure à Lens d'un jeune de 15 ans, qui a eu la main arrachée lors d'une manifestation, selon le préfet.

Selon une source syndicale policière, l'adolescent a ramassé une grenade de désencerclement pour la relancer lorsqu'elle lui a explosé dans la main. C'est un fait «très grave» mais «les jours de ce lycéen, fort heureusement, ne sont pas en danger» et il a été transféré «très rapidement» dans un hôpital à Lille, a déclaré le préfet du Pas-de-Calais François-Xavier Lauch lors d'un point-presse à Lens.

L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie pour «délit de violence ayant entraîné une mutilation, une infirmité permanente».

Des revendications «légitimes»

Cet événement survient alors que plusieurs syndicats et associations ont accusé le gouvernement de «réprimer» les mobilisations lycéennes avec une brutalité «disproportionnée», pour faire taire des revendications «légitimes». Cinq enquêtes de la police des polices sont en cours.

Lors d'une conférence de presse, la Ligue des Droits de l'Homme a dénoncé «une dérive globale par rapport à l'État de droit». «On veut le bac, pas la BAC», ou encore «On envoie des SOS, on reçoit des CRS», pouvait-on lire ce lundi à l'entrée du groupe scolaire Saint-Joseph-de-la-Madeleine à Marseille.

«Pour moi, il faut faire changer les inégalités. Il y a des lycées où les conditions ne sont pas faites pour travailler, les classes surchargées, il manque des profs», explique à Bordeaux une lycéenne de 17 ans, qui a souhaité rester anonyme. Concernant les violences, elle estime que «c'est pas vraiment les lycéens, c'est plutôt les gens en dehors qui viennent casser et du coup décrédibiliser le mouvement».

Les quartiers populaires particulièrement touchés

Les lycéens, dont des représentants ont appelé à poursuivre le mouvement après une réunion n'ayant rien donné au ministère vendredi, réclament plus de moyens et dénoncent l'insalubrité des bâtiments, des classes surchargées, ou des absences non remplacées, particulièrement dans les quartiers populaires, ou encore les inégalités créées par Parcoursup.

Sur l'ensemble du territoire, les incidents semblent pourtant moindres que vendredi dernier. Le lycée parisien Nicolas Louis Vauquelin, dans le 13e arrondissement, a néanmoins été touché par «un feu sur la porte d'entrée (...) par des individus extérieurs (qui) n'étaient pas des lycéens de l'établissement», selon le rectorat de Paris.

Dans le Rhône, la préfecture rapporte des «escarmouches», cependant que la situation était de nouveau tendue à Lille dans le secteur des lycées Faidherbe et Gaston-Berger. Le rectorat d'Aix-Marseille signale que 60 lycées sur 171 donnent des cours en distanciel ce lundi tandis qu'à Rennes, les cours ont repris dans le calme, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Le mouvement a basculé vers des «violences urbaines

Parti mi-septembre de la région parisienne, le mouvement s'est étendu la semaine dernière, marquée par une multiplication d'incidents et d'affrontements avec les forces de l'ordre. Depuis le début du mouvement, l'exécutif recense 5000 interpellations, dont environ 85% de mineurs, 24 établissements «incendiés ou saccagés» et «78 personnels de l'Education nationale blessés», «généralement par des personnes extérieures» aux lycées concernés, selon le ministre de l'éducation Edouard Geffray.

L'Union syndicale lycéenne a promis un «acte III» mardi, redouté par Matignon, qui estime que le mouvement a basculé vers des «violences urbaines». La journée de mobilisation de mardi, «c'est une liberté qui se respecte et se protège», a souligné lundi Edouard Geffray, en déplacement dans un lycée des Yvelines.

Une vaste intersyndicale de l'Éducation nationale a appelé à soutenir cet «acte III». «Les militantes et militants de la CGT seront là pour protéger les lycéennes et lycéens», a affirmé sa responsable Sophie Binet sur TF1.

Un projet de loi «casseurs-payeurs»

Sur les réseaux sociaux ont par ailleurs fleuri des appels à une «semaine noire». «Les lycéens ne vont rien lâcher, les étudiants encore plus (...) ça va vraiment être une semaine noire: blocus, blocus, blocus, blocus», a assuré dimanche à Saint-Denis une étudiante mobilisée, Leila Nehari.

Par la voix de son coordinateur Manuel Bompard, La France insoumise, pointée du doigt par le gouvernement, a affirmé dimanche «déplorer» les violences, mais regretté que l'exécutif «résume» le mouvement à ces débordements.

Manuel Bompard député LFI
Manuel BompardImage: Keystone

Lundi, la porte-parole du gouvernement Maud Brégeon a annoncé que le projet de loi «casseurs-payeurs» serait examiné en première lecture au Sénat le 27 octobre, un texte qui vise à faire payer les dégâts à toute personne appartenant à un groupement ayant commis des dégradations, même si elle n'en est pas l'auteur.

Dans une feuille de route adressée dimanche soir à ses ministres, le premier ministre Sébastien Lecornu demande que les cours reprennent «partout» où c'est possible, fixant un calendrier pour répondre en partie aux revendications. Il confie à ses ministres cinq chantiers, issus des sujets remontés par les conseils académiques de la vie lycéenne, avec «de premières décisions attendues avant la fin du mois». (jzs/ats/afp)

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Gerald Knaus est un spécialiste autrichien des sciences sociales, considéré comme un expert en politique internationale. Il a cofondé en 1999 le groupe de réflexion European Stability Initiative (ESI) et conseille depuis des années des gouvernements dans toute l'Europe sur les thèmes de la politique migratoire, de la politique européenne et de la protection des institutions démocratiques. En 2025, il a publié, en collaboration avec sa fille, Francesca Knaus, l'ouvrage De quelle Europe avons-nous besoin?.
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