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Elon Musk se défend d'accusations de fraude concernant Tesla

In this courtroom sketch, Elon Musk appears in federal court in San Francisco, Friday, Jan. 20, 2023. Musk took the witness stand to defend a 2018 tweet claiming he had lined up the financing to take  ...
Dessin de la salle d'audience où Elon Musk s'est défendu contre des accusations de fraude.Image: sda

«C'est maléfique»: Elon Musk se défend d'accusations de fraude

Le patron de Tesla et Twitter s'est défendu vendredi à San Francisco contre des accusations de fraude, suite à un tweet de 2018. Le procès reprendra lundi et durera trois semaines.
21.01.2023, 09:5921.01.2023, 11:03
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Elon Musk s'est présenté à la barre vendredi à San Francisco lors d'un procès. Il est accusé de fraude par des investisseurs pour avoir tweeté il y a plus de quatre ans qu'il comptait sortir Tesla de la Bourse.

Costume sombre, chemise blanche et cravate, il a défendu pendant une demi-heure sa façon de communiquer sur Twitter et ses accomplissements à la tête du groupe automobile. Son témoignage doit se poursuivre lundi.

Musk accusé d'avoir menti

Le patron de Tesla ─ et de Twitter depuis fin octobre ─ avait créé la stupeur le 7 août 2018 en affirmant qu'il voulait retirer son groupe de la Bourse au prix de 420 dollars par action, puis que le financement était «sécurisé». Nicholas Porritt, avocat des plaignants rassemblés dans une action collective, s'est exprimé mercredi:

«Elon Musk, (alors) PDG de Tesla, a menti, et ses mensonges ont fait perdre des millions de dollars à des personnes»

Le 10 août 2018, ils avaient porté plainte contre le dirigeant d'entreprises pour avoir «artificiellement manipulé le prix du titre de Tesla afin de complètement ruiner les investisseurs» qui pariaient sur la baisse du cours.

Ces spéculations à la baisse «devraient être illégales», a assené Elon Musk, interrogé par Nicholas Porritt vendredi à propos de son opinion concernant ce type d'investisseurs. Il a continué à l'intention du jury:

«Ce sont des mauvaises personnes qui volent l'argent des petits investisseurs. Ils veulent que Tesla meure (...) et ils sont prêts à tout pour tuer des entreprises, c'est maléfique.»

Ce tweet «n'est pas une fraude»

Son avocat Alexander Spiro avait assuré mercredi qu'Elon Musk avait bien l'intention de sortir Tesla de la Bourse et ne doutait pas de ses capacités de financement, grâce à des assurances du fonds souverain saoudien.

Le tweet a été rédigé «de façon précipitée», le choix des mots était «imprudent», mais «ce n'est pas une fraude», avait-il martelé. Vendredi, l'avocat des plaignants a cherché à montrer qu'Elon Musk et son entourage avaient bien conscience des conséquences de sa volubilité débridée sur Twitter.

Il a évoqué un de ses tweets de juillet 2018, quand il avait traité de «mec pédo» un spéléologue britannique qui l'avait critiqué. «Avez-vous fait une pause sur Twitter?», a demandé Nicholas Porritt, faisant référence aux conseils en ce sens d'un haut responsable de Tesla et d'un investisseur. «Je ne pense pas», a répondu le milliardaire, avant de préciser que:

Tweeter «est le moyen le plus démocratique de communiquer. Cela donne le même accès à l'information à tous les investisseurs, petits ou gros»

Il a aussi déclaré que les réactions du marché à ses tweets n'étaient souvent pas prévisibles, et saisi une occasion de rappeler combien l'année 2018 avait été difficile à Tesla. «Je ne dormais pas à l'usine par choix, mais par obligation», a-t-il insisté, avant d'ajouter que le fait d'être coté en Bourse représentait une contrainte supplémentaire, puisque l'entreprise était exposée aux attaques des investisseurs.

Un plaignant a perdu 5000 dollars

Le procès doit durer trois semaines. Dans une précédente décision liée à cette affaire, un juge avait estimé que le fameux tweet de 2018 pouvait être considéré comme «faux et trompeur». L'un des plaignants, Timothy Fries, a raconté vendredi avoir investi dans Tesla au lendemain des messages postés sur Twitter.

Pour lui, le message sur le «financement sécurisé» signifiait qu'Elon Musk «avait un partenaire qui s'était engagé et dont les fonds étaient approuvés». Mais le cours de l'action a chuté les jours suivants. «J'ai perdu 5000 dollars. J'espère recouvrer mes pertes», a dit Timothy Fries.

Le titre de Tesla avait bondi jusqu'à 386,48 dollars juste après les tweets incriminés. Le 16 août, il était redescendu à 335,45 dollars, selon les chiffres indiqués au jury mardi par le juge Edward Chen, loin des 420 dollars par action évoqués par Musk.

Ce qu'en disent les experts

La proposition du milliardaire était «incomplète, incohérente et illusoire par certains aspects», a indiqué de son côté Guhan Subramanian, un professeur de Harvard et spécialiste des rachats d'entreprises par ses dirigeants. Le constructeur avait rapidement abandonné l'idée de sortir de la cote.

Mais le gendarme boursier américain, la Securities and exchange commission (SEC), estimant que le patron n'avait pas apporté la preuve de son financement, lui avait imposé de céder la présidence du conseil d'administration, de payer une amende de 20 millions de dollars et exigé par la suite que ses tweets directement liés à l'activité de Tesla soient préapprouvés par un juriste compétent.

«Elon Musk voit ce procès comme un moyen de faire réexaminer cette décision de la SEC», a commenté Josh White, ancien économiste de l'agence fédérale. «Il pense qu'il n'a rien fait de mal et qu'il a le droit de dire ce qu'il veut sur Twitter.» (sas/ats)

Elon Musk a sa version chinoise, voici «Elong Musk».
Video: watson
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