Macron fait une annonce surprise lors de son ultime défilé du 14-Juillet
Pour son dernier défilé militaire, Emmanuel Macron a vu les choses en grand, au service de ce qu’il considère comme une bonne cause. Le président français, qui quittera en mai prochain son deuxième et dernier mandat, avait mobilisé 6800 militaires pour défiler sur les Champs-Elysées, un nombre jamais atteint jusqu’ici.
Parmi eux figuraient 500 soldats issus des trente pays européens composant la «coalition des volontaires» aux côtés de l’Ukraine, ainsi que 55 militaires ukrainiens. Sur la tribune officielle, ces Etats étaient représentés, pour la plupart, par leurs chefs d’Etat ou de gouvernement.
Mais la figure centrale restait naturellement le président de la République. Un rôle qui trouvait une certaine justification dans le fait que c’était lui qui, avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, avait lancé au printemps 2025 la «coalition des volontaires», destinée à garantir un éventuel futur accord de paix dans l’est de l’Ukraine.
Le président français de 48 ans a profité du 14-Juillet pour réaffirmer son soutien sans faille à l’invité d’honneur, Volodymyr Zelensky. Pour marquer le symbole, il avait invité des pilotes de chasse ukrainiens à accompagner comme copilotes les escadrilles de Mirage qui ont survolé Paris.
La veille, devant l’état-major des armées françaises, il avait affirmé que la France voulait la paix et rejetait toute logique de guerre. «Mais nous nous tenons aussi prêts à défendre la paix et le droit», a déclaré Emmanuel Macron, «et, si nécessaire, au prix de notre sang».
La réaction de défi du président français
Le fait que le président russe Vladimir Poutine ne semble même pas envisager un cessez-le-feu relativise toutefois la portée de la coalition des volontaires. A Paris, Emmanuel Macron a annoncé, de manière assez inattendue et presque comme un acte de défi, l’organisation de manœuvres militaires communes dans des pays voisins de l’Ukraine. Selon lui, ces exercices doivent démontrer que les Européens sont «prêts, déterminés et crédibles», sur terre, dans les airs comme en mer.
Lundi soir, les représentants de la coalition s’étaient réunis à Paris pour un dîner. Dix pays particulièrement engagés, parmi lesquels l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni et la France, ont annoncé vouloir aller plus loin en créant un «front antibalistique». Celui-ci devra trouver des solutions au principal problème auquel l’Ukraine est aujourd’hui confrontée: les frappes russes de missiles balistiques. Plus rapides que les missiles de croisière et plus difficiles à intercepter, ces armes provoquent d’immenses dégâts lorsqu’elles visent des zones civiles.
Volodymyr Zelensky s’est félicité de cette annonce à Paris. Son pays dispose certes de systèmes de défense antiaérienne, mais ceux-ci restent incomplets. Par ailleurs, les stocks de missiles Patriot américains, particulièrement efficaces, s’amenuisent en Ukraine.
Le président ukrainien a donc présenté à ses partenaires le système de défense germano-ukrainien Freya. Selon lui, il est à la fois moins coûteux et plus complet que les missiles Patriot. Le problème est que ce système ne devrait pas être opérationnel avant le début de l’année 2027.
Emmanuel Macron a également annoncé que la France souhaitait autoriser l’Ukraine, à l’image des Etats-Unis, à produire sur son propre territoire des missiles de croisière, des bombes et des missiles de défense antiaérienne français. Ces armes ne permettront toutefois pas de contrer les missiles balistiques russes qui visent notamment la capitale, Kiev.
Les crimes de guerre russes se poursuivent
Le spectaculaire défilé militaire sur les Champs-Elysées n’a pas suffi à masquer les incertitudes qui pèsent sur l’avenir de la coalition des volontaires. Ses deux principaux initiateurs, Emmanuel Macron et Keir Starmer, quitteront prochainement leurs fonctions. A Paris, de nouveaux membres, comme la Moldavie et la Macédoine du Nord, étaient certes représentés. Mais en Pologne et, plus largement, en Europe de l’Est, les critiques à l’égard du soutien à l’Ukraine se renforcent sur fond de tensions politiques nationalistes.
Surtout, la coalition européenne devra faire preuve de patience tant que Vladimir Poutine continuera de rejeter toute idée de cessez-le-feu. Dans la nuit de lundi à mardi, tandis que l’Ukraine frappait une raffinerie de pétrole près de l’Oural, la Russie bombardait des cibles civiles ukrainiennes à Kiev, Zaporijjia et Kharkiv — trois nouveaux crimes de guerre, selon l’auteur.
