L'Iran et les Etats-Unis reprennent les hostilités au Moyen-Orient
L'Iran a lancé dimanche des missiles et des drones contre ses voisins du Golfe en représailles à de nouvelles frappes américaines, intervenues après l'attaque par les forces iraniennes d'un navire marchand qui a été abandonné en flammes par son équipage dans le détroit d'Ormuz.
Cette reprise des hostilités, assortie de l'annonce par Téhéran d'une nouvelle fermeture du détroit, met une fois de plus à mal le cessez-le-feu théoriquement en vigueur entre les deux ennemis, qui ont à nouveau échangé ces derniers jours des menaces de vengeance et de destruction totale. Ishaq Dar, chef de la diplomatie pakistanaise, qui joue le rôle de médiateur dans ce conflit, a par ailleurs appelé à la «désescalade», exhortant les deux ennemis à «faire preuve de retenue».
La plupart du Moyen-Orient touché
Le Koweït et les Emirats arabes unis ont fait face dimanche à une attaque de missiles et de drones, selon le ministère de la Défense. Les autorités du Bahreïn ont au même moment déclenché les sirènes d'alerte aérienne et au Qatar, des explosions ont été entendues et des interceptions aperçues dans le ciel du sud de la capitale Doha.
Les autorités de l'émirat ont par la suite confirmé avoir intercepté des missiles. Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont déclaré dans un communiqué qu'ils avaient visé une base aérienne américaine au Qatar «en réponse aux attaques continues» des Etats-Unis. Ils ont aussi revendiqué une rare attaque sur le voisin Oman, affirmant avoir détruit des bases d'appui logistique aux porte-avions américains sur le port de Duqm. La Jordanie a pour sa part indiqué avoir été la cible de trois missiles iraniens.
Plus tôt, l'Iran avait annoncé la fermeture «jusqu'à nouvel ordre et jusqu'à la fin des interventions américaines dans cette région» du détroit d'Ormuz, par lequel transitait en temps normal un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures, après y avoir tiré sur un navire.
Un navire touché et incendié
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique du pays, avaient menacé de s'en prendre avec sévérité aux bases américaines dans les pays du Golfe si les Etats-Unis ripostaient. Ils ont indiqué dans un communiqué:
Selon l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO, l'attaque a eu lieu à 9 milles nautiques (environ 17 km) à l'est de la péninsule de Moussandam, appartenant au sultanat d'Oman, et a causé un incendie à bord. Elle a établi:
Lourde riposte américaine
En retour, le Commandement central de l'armée américaine (Centom) a annoncé avoir mené environ 140 frappes contre des cibles militaires en Iran, la troisième série depuis mardi, visant des sites de missiles et de drones iraniens, des moyens navals, des dépôts de munitions, des réseaux de communication et des postes de surveillance côtière.
Des médias iraniens ont fait état d'explosions dans le sud du pays, à Bandar Abbas, Sirik, Jask, sur l'île de Qeshm, ainsi que dans la province du Khouzistan, frontalière de l'Irak, sans signaler de victime dans l'immédiat. Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a lancé:
Selon le Centcom, le navire touché par l'Iran est le GFS Galaxy, un porte-conteneurs battant pavillon chypriote. Il a détaillé:
Plusieurs jours de tensions
Jusqu'à présent, Téhéran autorisait un seul couloir de navigation, le long de ses côtes, ce qui n'est plus le cas après l'annonce qu'«aucun navire ne sera autorisé à le traverser», et exclut tout retour à la situation d'avant-guerre, quand le passage était gratuit dans le détroit d'Ormuz, ce que les Etats-Unis contestent.
Samedi, des pourparlers se sont tenus à ce sujet entre l'Iran et Oman, en présence d'une délégation qatarie, autre pays médiateur. Selon la diplomatie iranienne:
Les Etats-Unis avaient déjà bombardé l'Iran dans la nuit de mardi à mercredi, puis au cours de la nuit suivante, après avoir imputé à Téhéran la responsabilité d'attaques contre des navires commerciaux. En représailles, l'Iran avait frappé des cibles au Koweït, à Bahreïn et au Qatar. (btr/afp)
