International
Etats-Unis

Soutien à Trump: «Le patron d'Audi a franchi une ligne rouge»

Gernot Döllner, patron d'Audi, à un meeting de Trump aux USA
Lors d'un meeting de campagne dans l'état de Géorgie, Donald Trump a annoncé la construction de la première usine Audi aux Etats-Unis, aux côtés de son directeur Gernot Döllner en personne.Image: afp

Le patron d'Audi s'affiche avec Trump et «franchit une ligne rouge»»

Le directeur du constructeur automobile Audi est apparu samedi aux côtés de Donald Trump lors d'un meeting de campagne des républicains. A quelques jours des élections de mi-mandat, ce soutien affiché dérange.
26.10.2026, 17:1326.10.2026, 17:13

Les critiques se sont multipliées lundi en Allemagne contre le patron d'Audi après son apparition aux côtés de Donald Trump lors d'une réunion électorale. Le président états-unien, accompagné par Gernot Döllner, y a alors annoncé un investissement massif du constructeur aux États-Unis.

La présidente du puissant syndicat IG Metall, Christiane Benner, a déclaré:

«La manière dont Gernot Döllner s'est présenté, ainsi qu'Audi, aux Etats-Unis est extrêmement embarrassante, politiquement inacceptable»

Gernot Döllner est apparu samedi aux côtés du président états-unien lors d'un meeting de campagne des républicains en Géorgie, où Donald Trump a annoncé un investissement de 4,2 milliards de dollars du constructeur allemand pour y édifier sa première usine aux Etats-Unis.

Audi a confirmé dans la foulée ce projet, qui doit permettre la production de 200 000 véhicules par an et la création d'environ 4500 emplois. Daniela Cavallo, la présidente du comité d'entreprise du groupe Volkswagen, qui détient Audi, a dénoncé sur le site du comité d'entreprise une «violation manifeste» des directives internes. Elles imposent la neutralité politique et interdisent les évènements publics avec des candidats dans les trois mois précédant un scrutin.

Sollicité par l'AFP, Audi n'a pas indiqué pourquoi son patron a néanmoins choisi de participer à cet évènement à quelques jours des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Selon Daniela Cavallo, «le directoire du groupe s'est laissé transformer en marionnette d'un spectacle de propagande au service d'une figure politique hautement contestable, qui va à l'encontre de pratiquement toutes les valeurs de notre entreprise».

«Ligne rouge»

Le quotidien économique Handelsblatt a de son côté commenté:

«Le patron d'Audi a franchi une ligne rouge»

Transformer une décision d'investissement en argument de campagne pour Donald Trump, un homme politique qui «nuit massivement à l'industrie allemande, y compris à l'industrie automobile», est «troublant et pitoyable», a jugé Dennis Radtke, responsable de l'aile sociale de la CDU, le parti du chancelier Friedrich Merz.

Dimanche déjà, la députée sociale-démocrate (SPD) Isabel Cademartori a dénoncé sur X une «aide électorale directe» apportée à Donald Trump, estimant que Volkswagen n'avait «rien appris de l'histoire». La décision finale concernant une nouvelle usine aux Etats-Unis restera soumise à l'approbation du conseil de surveillance de Volkswagen, la maison-mère, insistent Daniela Cavallo et Christiane Benner.

Elles sont rejointes par Olaf Lies, président SPD de la Basse-Saxe, grand actionnaire du groupe qui a aussi son mot à dire. Une production locale d'Audi aux Etats-Unis peut faire sens «sur le plan économique», compte tenu notamment des droits de douane élevés imposés par Donald Trump, a reconnu Daniela Cavallo. Elle prévient toutefois:

«Sans vision globale du cycle de planification et de ses conséquences pour l'ensemble des sites, nous ne donnerons pas notre feu vert»

Cet investissement d'Audi intervient au moment où le groupe Volkswagen engage un vaste programme d'économies et de suppressions d'emplois en Allemagne. L'usine d'Audi à Neckarsulm, qui emploie quelque 15 000 personnes, est particulièrement menacée. Davantage d'emplois en Allemagne pourraient disparaître si certains modèles de la marque venaient à être produits aux Etats-Unis.

Les rivaux allemands d'Audi, BMW et Mercedes-Benz, produisent déjà aux Etats-Unis, mais leurs implantations y ont été décidées bien avant la vague d'investissements stimulée par les droits de douane de Donald Trump. (ats/afp/tma)

Explosion de joie en Serbie après les élections
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Microsoft encourage ses salariés à partir
Microsoft a lancé un nouveau plan de départs volontaires visant quelque 60 000 salariés aux Etats-Unis, au Canada, en Inde et au Royaume-Uni. Le groupe l’a confirmé lundi à l’AFP, six mois après un premier dispositif similaire.
Microsoft propose un nouveau plan de départs volontaires à environ 60 000 salariés aux Etats-Unis, au Canada, en Inde et au Royaume-Uni, a indiqué lundi le groupe à l'AFP, six mois après un premier dispositif du même type.
L’article