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Le Congrès, toujours sans «speaker», s'enfonce dans le chaos

epaselect epa10391325 Republican Leader Kevin McCarthy speaks to the media as he leaves the House floor after another day of failed votes to become Speaker of the House in the US Capitol in Washington ...
Le Congrès est paralysé; Kevin McCarthy est toujours suspendu au bon vouloir d'élus trumpistes. Les débats doivent reprendre vendredi à midi (18h00 en Suisse).Image: sda

Le Congrès, toujours sans «speaker», s'enfonce dans le chaos

La Chambre américaine des représentants a clos sa journée jeudi sans parvenir à élire son nouveau président.
06.01.2023, 06:5306.01.2023, 11:15

Elle reste donc complètement paralysée par des dissensions dans les rangs républicains.

Le favori Kevin McCarthy n'est toujours pas parvenu à accéder au perchoir après une troisième journée de tractations et 11 tours d'une élection qui paraît toujours sans issue. Les débats doivent reprendre vendredi à midi (18h00 en Suisse).

L'élu de Californie a tendu la main à la vingtaine d'élus trumpistes jouant les trouble-fête, leur offrant des concessions de taille lors de négociations en coulisses. En vain.

Le groupe, qui dit n'avoir aucune confiance en lui, refusait toujours de rentrer dans le rang, laissant la Chambre des représentants un jour de plus sans président - un scénario inédit en 160 ans. Ce blocage a des répercussions très concrètes: sans «speaker», les élus ne peuvent pas prêter serment ni donc passer de projet de loi.

«Fausse route»

Membres de la frange la plus conservatrice du parti, ces élus trumpistes profitent de la très fine majorité républicaine décrochée aux élections de mi-mandat de novembre pour poser leurs conditions. L'élu du Montana Matt Rosendale a exhorté d'autres républicains à se joindre à leur fronde depuis l'hémicycle:

«Nous devons réparer ce système défectueux»

Kevin McCarthy, qui ne peut pas être élu sans leur soutien, a accédé à une de leurs requêtes visant justement à faciliter l'éviction du «speaker». Mais l'opposition à sa candidature semblait se cristalliser.

«Moins grave» qu'en 1856

Troisième personnage le plus important de la politique américaine après le président et le vice-président, le «speaker» a besoin d'une majorité de 218 voix pour être élu. Kevin McCarthy plafonnait pour le moment à 201. Combien de temps sa candidature restera-t-elle viable?

Membre de l'état-major républicain depuis plus de 10 ans, l'élu ne dispose pas pour l'instant de concurrent crédible. Seul le nom du chef de groupe Steve Scalise circule comme possible alternative, sans que ses chances ne semblent sérieuses.

La Chambre continuera à voter jusqu'à ce qu'un président soit élu. Ce qui n'est généralement l'affaire que de quelques heures pourrait s'étendre sur plusieurs semaines: en 1856, les élus du Congrès ne s'étaient accordés qu'au bout de deux mois et 133 tours.

Le président démocrate Joe Biden a qualifié mercredi cette situation d'«embarrassante», assurant que «le reste du monde» suivait de près la pagaille au Congrès.

Rires et applaudissements

L'agacement et l'impatience se faisaient aussi sentir dans les rangs du «Grand Old Party», qui soutiennent très largement la candidature de Kevin McCarthy, donnant lieu à des débats très animés dans l'hémicycle. Les républicains se trouvent ainsi dans l'incapacité pour le moment d'ouvrir les nombreuses enquêtes qu'ils avaient promises contre Joe Biden.

Une situation que les démocrates observent avec un certain amusement, entre rires narquois et applaudissements à l'intention de leurs collègues républicains. Le parti de Joe Biden fait bloc autour de la candidature du chef Hakeem Jeffries, mais l'élu ne dispose pas non plus d'assez de voix pour accéder au perchoir.

«J'ai l'espoir aujourd'hui que les républicains arrêteront les chamailleries, la médisance et les coups de poignard dans le dos, afin que nous puissions travailler au service du peuple américain»
Hakeem Jeffries

Etre face à une Chambre hostile, mais désordonnée pourrait se révéler être une aubaine politique pour Joe Biden, s'il confirme son intention de se représenter en 2024 - décision qu'il doit annoncer en début d'année.

(sda)

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