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3 ans et c’est poubelle, la Chine construit la voiture jetable

Models stand next to a latest EV car featuring My Little Pony edition from Chinese automaker BYD showcased at the Auto China 2026, in Beijing, Saturday, April 25, 2026. (AP Photo/Andy Wong)
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Même les voitures neuves disparaissent rapidement des routes en Chine.Image: keystone

Ces voitures électriques chinoises finissent à la casse après 3 ans

En Chine, de nombreux véhicules électriques récents finissent à la casse. La technologie évolue si vite que les réparations coûtent plus cher qu’un véhicule neuf. Une situation qui pose un problème majeur aux constructeurs européens.
03.05.2026, 12:0303.05.2026, 12:03
Markus Abrahamczyk / t-online
Un article de
t-online

En Chine, la voiture devient un produit jetable. Alors que les fabricants européens misent sur la durabilité, les véhicules électriques sont souvent retirés de la circulation après seulement deux ou trois ans dans la République populaire. Les experts observent une évolution qui transforme l’automobile en bien de consommation à courte durée de vie, comparable à un smartphone.

Cette évolution s’explique par la rapidité des progrès technologiques. Les cycles des batteries et des logiciels sont désormais si courts que les voitures deviennent obsolètes en quelques années. «La batterie évolue plus vite que le monde automobile», explique Xing Zhou, du cabinet de conseil AlixPartners, dans le magazine spécialisé Automobilwoche. Aux yeux de nombreux jeunes Chinois, conduire un modèle vieux de deux ans revient déjà à rouler dans une voiture de collection.

Réparer sa voiture ne vaut plus la peine

La guerre des prix féroce sur le marché chinois accélère encore cette tendance. Les voitures électriques d’entrée de gamme coûtent souvent moins de 20 000 francs à produire. Une réparation de plusieurs milliers de francs devient alors rapidement économiquement absurde.

En conséquence, les propriétaires préfèrent acheter un véhicule neuf. Comme il n’existe pratiquement pas de marché de l’occasion fonctionnel en Chine et que les modèles en leasing sont rares, les véhicules mis au rebut s’accumulent sur d’immenses parkings. Ces «cimetières de voitures» illustrent une industrie entièrement tournée vers la vente de véhicules neufs.

Des voitures électriques garées sur un parking à la périphérie de la grande ville de Hangzhou, en 2023.
Des voitures électriques garées sur un parking à la périphérie de la grande ville de Hangzhou, en 2023. bild: Inside Auto China/Youtube

La Chine laisse faire le marché automobile

Le gouvernement chinois soutient indirectement cette évolution. Dans le cadre du plan quinquennal actuel, l’Etat se retire progressivement des subventions. Les voitures électriques étant, désormais, moins chères que les modèles thermiques en Chine, la régulation du marché est laissée à la seule concurrence. Les constructeurs s’adaptent en conséquence: ils développent leurs véhicules en fonction d’un prix cible strict. Celui qui propose la technologie demandée au coût le plus bas l’emporte.

Pour de nombreux constructeurs, cette orientation devient une lutte pour la survie. Les experts s’attendent à ce que l’énorme pression sur les prix entraîne une consolidation du marché dans les deux prochaines années. De nombreuses marques devraient disparaître. L’idée que le modèle de la voiture jetable s’impose aussi en Europe reste toutefois peu probable. Les conceptions actuelles de la durabilité y font obstacle, tout comme le niveau des prix des véhicules neufs. (trad. hun)

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