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Saint-Marin: la république a dit «oui» à la légalisation de l'avortement

Ce micro-pays européen a dit «oui» à la légalisation de l'avortement

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Image: sda
A Saint-Marin, l'avortement était un crime passible d'une peine de prison allant jusqu'à trois ans pour la femme et six ans pour le médecin qui le pratique.
27.09.2021, 01:0227.09.2021, 09:31

Quarante-trois ans après l'Italie voisine, la petite république de Saint-Marin a approuvé dimanche, au cours d'un référendum, à une très large majorité la légalisation de l'avortement. Il s'agit d'un tournant historique pour ce micro-Etat à forte tradition catholique.

Cette minuscule enclave montagneuse dans le centre du territoire italien était l'un des derniers Etats d'Europe, avec Malte, Andorre et le Vatican, à entièrement interdire l'interruption volontaire de grossesse (IVG), même en cas de viol, d'inceste, de maladie du foetus ou de danger pour la mère.

«Une victoire claire et nette»

A ce référendum organisé à l'initiative de l'Union des femmes saint-marinaises (UDS), 77,28% des votants ont dit «oui» à l'option de donner aux femmes le libre choix d'avoir recours à l'IVG jusqu'à douze semaines de grossesse, selon les résultats définitifs.

«C'est une victoire claire et nette. On attend désormais une loi à la hauteur des résultats.»
Vanessa Muratori, une militante de l'UDS

Après ce délai, l'avortement ne serait autorisé qu'en cas de menace pour la vie de la mère ou lorsque des anomalies ou des malformations détectées chez le foetus «comportent un grave risque pour la santé physique ou psychique de la femme». Au total, 35 411 électeurs étaient appelés à voter, dont un tiers à l'étranger.

«L'ultime option» pour les opposants, soutenus par le Pape François

Actuellement, l'avortement est un crime passible d'une peine de prison allant jusqu'à trois ans pour la femme et six ans pour le médecin qui le pratique. Mais, dans les faits, il n'y a jamais eu de condamnations, car les Saint-Marinaises se rendent en Italie pour avorter, contournant ainsi la loi.

«On respecte la démocratie. On prend acte de ce résultat, mais l'avortement doit vraiment rester l'ultime option.»
Antonella Mularoni, du comité contre la légalisation de l'IVG, reconnaissant la défaite de son camp.

Les opposants à l'IVG avaient été confortés dans leur refus par le pape François, qui a exprimé à dix jours du référendum une nouvelle fois son horreur de l'avortement, qu'il a assimilé à «un meurtre».

«Sur de nombreux sujets, Saint-Marin est en retard»

La balle est désormais dans le camp du Parlement, qui devra voter une loi conforme à l'issue du référendum. La victoire du «oui» constitue un changement radical pour Saint-Marin, car l'interdiction de l'IVG, datant de 1865, a été confirmée sous le régime fasciste (1923 à 1943) et par le code pénal de 1974.

«Sur de nombreux sujets, Saint-Marin est en retard. Nous devons devenir un pays plus moderne.»
Alfiero Vagnini, un cuisinier de 65 ans, a opté pour le «oui».

A en croire les chiffres de l'institut des statistiques de l'Italie (ISTAT), cités par le comité opposé à l'avortement, le recours des Saint-Marinaises à l'IVG a été cependant assez limité. Entre 2005 et 2019, une vingtaine d'entre elles l'ont pratiqué chaque année en Italie et la tendance a nettement diminué en 2018 (12) et 2019 (sept). (ats/jch)

Sonia Grimm, engagée contre la violence sur scène et en politique

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