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Instagram est l'une des applications les plus populaires en Suisse, mais Meta menace désormais de la fermer.
Instagram est l'une des applications les plus populaires en Suisse, mais Meta menace désormais de la fermer.image: shutterstock

Zuckerberg menace de fermer Instagram en Europe, mais fait un flop

Le groupe Meta a menacé de mettre fin à Facebook et Instagram en Europe. En France et en Allemagne, on se montre serein.
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09.02.2022, 16:30
Corsin Manser
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Instagram est extrêmement populaire en Suisse. En 2021, seules trois applications ont été plus téléchargées que la célèbre plateforme de photos. Facebook reste également très utilisé dans notre pays. Seuls quelques sites web sont plus souvent consultés.

Mais les deux apps sont soudain menacées de disparition. C'est en tout cas ce qui ressort du rapport annuel du groupe Meta adressé à l'autorité américaine de surveillance des marchés financiers (SEC). Si un «nouveau cadre transatlantique pour le transfert de données» n'est pas mis en place, Meta «ne sera probablement pas en mesure de proposer un certain nombre de ses principaux produits et services, y compris Facebook et Instagram, en Europe».

De quoi a peur Meta?

La société mère de Facebook et d'Instagram écrit qu’il est question de projets de loi et d'efforts de régulation pour savoir comment et dans quelles circonstances elle peut transférer et utiliser des données.

Meta met en garde contre les conséquences financières négatives pour sa propre entreprise:

«Si nous ne sommes pas en mesure de transférer, de traiter et/ou de recevoir des données entre les pays et les régions dans lesquels nous opérons, ou si nous sommes empêchés d'échanger des données entre nos produits et services, notre capacité à fournir nos services pourrait en être affectée.»

Dans son rapport, Meta décrit les problèmes liés à l'échange des données des utilisateurs entre l'UE et les Etats-Unis. Le groupe s'est appuyé sur l'«EU-US Privacy Shield». Celui-ci stipule que les entreprises peuvent transférer des données personnelles entre l'UE et les Etats-Unis sous certaines conditions de protection. Avec le «Privacy Shield», l'UE aurait déclaré que les règles américaines de protection des données étaient en principe adéquates.

Les réglementations de l’UE: une épine dans le pied pour Mark Zuckerberg.
Les réglementations de l’UE: une épine dans le pied pour Mark Zuckerberg. photo: keystone

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a déclaré le «Privacy Shield» comme étant invalide en juillet 2020, après des années de lutte juridique menée par l'activiste de la protection des données Max Schrems. Depuis lors, les données personnelles ne peuvent plus être transférées aux Etats-Unis sans vérification.

Le problème pour Mark Zuckerberg, CEO de Meta: il gagne de l'argent avec les données des utilisateurs. «S'il peut utiliser moins de données, le business devient moins intéressant», explique la spécialiste de la protection des données Ursula Uttinger. «Meta vend des données en quelques millisecondes pour de la publicité».

C'est précisément cette activité qui doit maintenant être réglementée de manière encore plus stricte avec le «Digital Markets Act». La loi prévue par l'UE doit limiter le pouvoir des géants de la technologie. Le tracking, c'est-à-dire la collecte et l'enregistrement de données afin de pouvoir proposer des publicités aux utilisateurs, devrait à l'avenir être soumis à des règles plus strictes.

Zuckerberg craint donc des pertes dans un environnement commercial très lucratif. Et ce, à un moment où son entreprise est de toute façon déjà en difficulté. Les actions ont perdu environ 30% de leur valeur la semaine dernière. La discorde avec l'UE a de nouveau entraîné des pertes lundi. (Pour en savoir plus sur les raisons de la chute des actions, clique ici).

Zuckerberg va-t-il vraiment nous couper Instagram?

La question suivante se pose : à quel point Meta est-il sérieux avec ses menaces ? Devrons-nous bientôt vraiment renoncer à Instagram et à Facebook ? «Je ne peux quasiment pas l'imaginer», déclare la spécialiste de la protection des données Uttinger. «Le marché européen est bien trop attractif pour Meta».

Une fermeture des plates-formes des réseaux sociaux concernerait probablement aussi la Suisse, explique Uttinger. «Aujourd'hui déjà, la Suisse, à l'instar de l'UE, ne considère pas les Etats-Unis comme un pays offrant un niveau de protection des données équivalent».

Mais ce scénario ne semble pas vraiment réaliste pour le moment. Lundi encore, un porte-parole de Meta a commenté les déclarations de fermeture à «T-Online»: «Nous n'avons ni le souhait ni l'intention de nous retirer d'Europe.»

Mais le groupe, comme de nombreuses autres entreprises, dépendrait du transfert de données entre l'UE et les Etats-Unis pour pouvoir proposer des services globaux. En principe, «les entreprises auraient besoin de règles claires et globales pour protéger à long terme le trafic de données transatlantique».

Et si Meta mettait ses menaces à exécution ? «Dans ce cas, des alternatives s'imposeront rapidement», affirme Uttinger. L'ascension fulgurante de l'application TikTok montre que les utilisateurs sont capables de s'adapter et d'échanger des informations sur d'autres plateformes. L'application chinoise devient de plus en plus une rivale sérieuse d'Instagram et de Facebook. En Suisse, TikTok se situait au sixième rang des téléchargements d’applications en 2021.

Quelles ont été les réactions de l'UE?

Si Zuckerberg avait espéré effrayer les politiques européens avec sa menace, il s'est lourdement trompé. Le nouveau ministre de l'économie allemand, Robert Habeck, a déclaré lundi soir : «Après avoir été piraté, j'ai vécu pendant quatre ans sans Facebook ni Twitter et ma vie a été fantastique».

Robert Habeck et Bruno Le Maire se réjouiraient d'une Europe sans Facebook.
Robert Habeck et Bruno Le Maire se réjouiraient d'une Europe sans Facebook. photo: keystone

Même son de cloche pour le ministre français des Finances Bruno Le Maire: «Je peux confirmer que la vie serait très bien sans Facebook et que nous vivrions très bien sans Facebook».

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