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Procès du 13-Novembre: «Les victimes ne voulaient du mal à personne»

Image: sda
Le procès des attentats du 13-Novembre 2015 s'est poursuivi ce lundi, avec la prise de parole des avocats des familles des victimes. Une plaidorie collective qui a pris une forme totalement inédite.
23.05.2022, 20:1224.05.2022, 06:21

«Nous allons donc vous présenter autre chose, une autre forme de plaidoirie, inédite, à laquelle ont participé une centaine d'avocats»: les mots de maître Frédérique Giffard, avocat indépendant, face à la cour d'assises spéciale de Paris, ce lundi.

Une plaidoirie collective inédite

Pour entendre les voix des quelque 2400 parties civiles, tous les avocats ne plaideront pas indépendamment pour chaque client. Plus d'une centaine d'avocats ont renoncé volontairement pour s'en remettre à leurs confrères.

Pendant une durée de cinq jours, ce sont donc quelques rares voix qui se succéderont à la barre pour représenter toute «la communauté» des parties civiles. Cette vaste plaidoirie sera organisée par thèmes, parmi lesquels:

  • «Le détournement de la religion» ou «la musique comme instrument de la terreur» (lundi).
  • «Le Bataclan», «le Stade de France» et «les terrasses» (mardi).
  • «Le stress post-traumatique», «les addictions», «la culpabilité du survivant» (mercredi).

Les premières plaidoiries sont programmées de lundi à mercredi. Il n'y aura pas d'audience jeudi, jour de l'Ascension, ni vendredi.

«Au mauvais endroit au mauvais moment»

Mais pourquoi cette forme inédite? Tout simplement pour ne pas créer d'inégalité entre chacune des victimes. Trop nombreuses «pour pouvoir être chacun une victime à part entière».

«Comment en quelques minutes, vous dire l'infinie diversité des victimes et le lien qui les rassemble?», a lancé l'avocat Frédérique Giffard en guise d'introduction.

«Ils ne portaient pas d'uniformes. Ils ne défendaient aucune cause. Ils ne voulaient de mal à personne»

Selon l'avocat, cette solution permettra aux clients d'éviter de s'infliger une double-peine: la première, d'avoir été «au mauvais endroit au mauvais moment», le soir du 13 novembre 2015. La seconde, de ne pas être suffisamment bien représenté, de ne pas constituer une victime à part entière au milieu des autres.

«Nous garderons tous comme boussole la dignité avec laquelle les victimes se sont exprimées»

Tous les jours, avant le début des plaidoiries, des avocats prendront brièvement la parole pour évoquer la mémoire de victimes. Ce lundi, ce sont les histoires de Christopher, Thibault, Charlotte et Emilie, Fabrice, Stéphane, Mathieu, Estelle et Marion qui ont été racontées.

Verdict attendu le 29 juin

Quant aux avocats qui ont préféré ne pas s'associer à leurs confrères, ni renoncer à la parole, ils s'exprimeront à titre individuel à partir du 1er juin. Les plaidoiries des parties civiles devraient durer au moins jusqu'au 7 juin.

La cour pourrait commencer son délibéré le 27 juin, après «le dernier mot» des accusés, pour un verdict attendu le 29 juin.

Vingt accusés, dont six jugés par défaut, comparaissent devant la cour d'assises spéciale depuis le 8 septembre pour leur implication dans les attaques ayant fait 130 morts et des centaines de blessés, le 13 novembre 2015. Douze encourent la perpétuité, dont le seul membre en vie des commandos, Salah Abdeslam. (mbr/ats)

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