Marine Le Pen lance sa campagne sur le thème de la priorité nationale
Priorité au logement et «priorité nationale»: pour son premier grand discours depuis que la justice lui a rouvert la voie vers l'Elysée en juillet, Marine Le Pen a choisi son fief d'Hénin-Beaumont, dans le nord de la France, pour revenir aux fondamentaux du RN.
Sur ses terres électorales du Pas-de-Calais, entourée des siens, Jordan Bardella au premier rang, Marine Le Pen s'est contentée d'un discours plus technique que politique. Aucune pique contre l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon, à peine quelques évocations de Gabriel Attal et Edouard Philippe, mollement hués par les quelque 2000 partisans massés dans la salle municipale de cette ville dirigée depuis douze ans par le Rassemblement national.
Logement prioritaire pour les Français
Créditée d'au moins un tiers des intentions de vote, la candidate du parti à la flamme a placé d'emblée au coeur de sa campagne la «priorité nationale», pierre angulaire de son programme, qu'elle présente à la fois comme «un droit naturel et juste», un «privilège» et une «mesure sociale».
Soit le principe que les Français «seront prioritaires chez eux» et auront «davantage de droits en France que les autres». Idée immédiatement déclinée au logement, «sujet majeur» qui sera «un des grands chantiers du quinquennat» si elle remporte le scrutin des 18 avril et 2 mai prochains.
Pour que «la situation du logement revienne à la normale en cinq ans», la cheffe de file de l'extrême droite française a ressorti ses propositions habituelles: «donner la priorité d'accès au logement social aux Français» ainsi que leur «réserver» les aides personnelles au logement (APL).
Elle a également rappelé son souhait d'abroger le loi SRU (qui impose des quotas de logements sociaux aux communes), mais aussi de vendre «un certain nombre de HLM aux Français», tout en procédant à «l'expulsion des familles délinquantes» de ces logements sociaux.
Une mention pour Bardella
En martelant cette thématique du logement, Marine Le Pen s'est aussi épargné toute explication sur les polémiques qui ont émaillé la rentrée du RN. Rien sur l'interdiction du voile, ou sur la fin de l'aide à l'Ukraine, ni sur les saillies racistes et sexistes d'un policier municipal membre du service d'ordre du parti.
Pas un mot non plus sur les tensions perceptibles avec son numéro deux Jordan Bardella. Au contraire, Marine Le Pen a ouvert son discours en rappelant que c'était «le jour de l'anniversaire de Jordan», l'assistance célébrant le président du RN, qui fêtait ses 31 ans.
Mais il a fallu attendre plus d'une demi-heure pour l'entendre dire que le «projet de redressement» du pays qu'elle porte, «nous entendons le mener avec Jordan Bardella». Une simple mention, pour celui qui est destiné à mettre en oeuvre son programme comme Premier ministre. (btr/ats)
