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Guerre contre l'Ukraine

La Russie se rapproche de son cruel objectif en Ukraine

Vue sur Kiev lundi matin: même pendant la journée, les températures ne dépassent actuellement pas les moins 12 degrés.
Vue sur Kiev lundi matin: même pendant la journée, les températures ne dépassent actuellement pas les moins 12°C.Image: Vladyslav Sodel

Cet hiver, la Russie se rapproche de son cruel objectif en Ukraine

Pour les Ukrainiens, c’est jusqu’ici l’hiver le plus éprouvant depuis le début de la guerre. Mais malgré les attaques russes, la population refuse de plier. Témoigne d'un habitant de Kiev.
22.01.2026, 05:3422.01.2026, 05:34
Martin Küper / t-online
Un article de
t-online

Au moins, le soleil brillait sur Kiev mardi, après l’une des attaques russes les plus violentes de cet hiver. Mais il n’apportait guère de chaleur. Même en journée, les températures ne dépassent actuellement pas les –12°C dans de nombreuses régions d’Ukraine.

La nuit, le froid descend jusqu’à –20°C. Et le Kremlin semble avoir attendu ces conditions météorologiques avec impatience pour attaquer.

Une attaque ciblée et cruelle

Dans la nuit, les forces russes ont lancé plus de 300 drones kamikazes, ainsi qu’«un nombre important de missiles balistiques et de missiles de croisière», a annoncé mardi le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

La capitale a une nouvelle fois été particulièrement touchée. Les Russes ont ciblé les centrales électriques et les systèmes de chauffage de la ville. Selon le fournisseur d’énergie Ukrenergo, 70% de la capitale est désormais privée d’électricité. Et, d’après le maire Vitali Klitschko, près de 6000 immeubles résidentiels ont de nouveau été privés de chauffage et d’approvisionnement en eau.

Un moyen de briser la résistance des Ukrainiens

Une grande partie des bâtiments venaient pourtant tout juste d’être reconnectés au réseau. Déjà le 9 janvier, les frappes russes avaient été si violentes que de larges zones de la capitale s’étaient retrouvées sans électricité, sans eau et sans chauffage.

D’autres villes avaient également été touchées, notamment Dnipro, dans le centre du pays, et Odessa, dans le sud. Ukrenergo fait état de coupures de courant dans «plusieurs régions» d’Ukraine.

Derrière ces dernières attaques, le calcul du Kremlin est aussi évident que cynique: frapper les infrastructures civiles au cœur de l’hiver pour provoquer une crise humanitaire, pousser le plus de personnes possible à fuir et briser le moral des Ukrainiens face à l’invasion russe. Lors des hivers précédents déjà, l’armée russe avait tenté de détruire les infrastructures civiles du pays. Mais jamais elle n’avait été aussi proche de son objectif qu’au cours de cet hiver.

C'est de loin l'hiver le plus dur

C’est aussi le constat du journaliste Denis Trubetskoy, qui vit à Kiev. Il nous explique:

«La Russie avait toujours attaqué avec force la population civile durant les hivers précédents, mais c’est de loin l’hiver de guerre le plus dur jusqu’ici, et pas seulement à Kiev.»

La situation est également très critique à Kharkiv, la deuxième plus grande ville du pays, située à l’est et relativement proche du front. Là-bas, les Russes s’en prennent aussi aux infrastructures avec des drones de courte portée.

A propos de notre intervenant
Denis Trubetskoy est journaliste indépendant à Kiev. Il couvre l’actualité de l’Ukraine, de la Biélorussie et de la Russie pour différents médias germanophones. Né à Sébastopol, en Crimée, il a étudié le journalisme à Moscou. Denis Trubetskoy apprend l’allemand depuis l’âge de 14 ans, lorsqu’il a commencé à écrire sur la Bundesliga, et le parle et l'écrit couramment.
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Mais à Kiev, la situation est encore plus compliquée en ce qui concerne l’électricité, rapporte le journaliste. Dans la capitale, les habitants se sont presque habitués à vivre sans courant 18 à 19 heures par jour. Il lance:

«La plupart des gens ne s’attendent plus à ce que l’approvisionnement en électricité soit complètement rétabli avant la fin de la guerre»

Dans son quartier, au moins, le chauffage fonctionne encore.

Le gel persistant menace les immeubles

Denis Trubetskoy explique:

«Dans d’autres quartiers, la situation est encore plus extrême. Même le Parlement ne peut pas siéger, car le bâtiment est lui aussi privé de chauffage.»

Comment font alors les personnes contraintes de rester chez elles à des températures proches de zéro? Trubetskoy répond:

«Honnêtement, je me pose la question moi aussi. Dormir avec une veste est devenu tout à fait normal pour beaucoup.»

Sur les réseaux sociaux, des Ukrainiens témoignent des conditions dans leur immeuble et s’échangent des conseils pour se réchauffer. Sur certaines images, on voit de la glace se former à l’intérieur des fenêtres. Le gel permanent à l’intérieur des logements menace de provoquer des dégâts durables sur de nombreux bâtiments, par exemple des canalisations qui éclatent.

Cette photo montre comment, après une rupture de conduite, une épaisse couche de glace s’est formée dans la cage d’escalier d’un immeuble de Kiev par –6°C.

Une cage d'escalier gelée dans un immeuble résidentiel de Kiev: avec des températures négatives à deux chiffres, près de 6000 immeubles collectifs sont actuellement privés de chauffage.
Une cage d'escalier gelée dans un immeuble résidentiel de Kiev: avec des températures négatives à deux chiffres, près de 6000 immeubles collectifs sont actuellement privés de chauffage.Screenshot / X @P_Kallioniemi

De dangereuses méthodes pour avoir chaud

Pour tenter de produire un peu de chaleur, beaucoup de personnes installent dans leurs appartements des systèmes de chauffage improvisés. Dans des discussions en ligne circulent des modes d’emploi montrant des bougies chauffe-plat placées dans des grilles, surmontées de briques ou de seaux d’eau censés emmagasiner la chaleur.

Mais ces installations de fortune ne sont pas sûres et augmentent fortement les risques d’incendie. Selon les pompiers, plusieurs feux se sont déjà déclarés ces derniers jours parce que les règles de sécurité n’ont pas été respectées. Dans d’autres cas, des personnes seraient mortes d’une intoxication au monoxyde de carbone après avoir fait fonctionner des générateurs à l’intérieur des logements.

Une solidarité à toute épreuve

Pour échapper au froid glacial, les habitants peuvent aussi se réfugier dans des tentes chauffées mises en place par les autorités locales. Denis Trubetskoy évoque également une grande solidarité parmi les habitants de Kiev. Il raconte:

«Pour avoir de l’électricité, beaucoup de magasins en ville font tourner des génératrices. Après de grosses attaques comme celle d’aujourd’hui, ils permettent aux gens de recharger leurs appareils mobiles et leur offrent aussi du thé.»

Il résume:

«Les gens essaient de s’en sortir, comme ils peuvent»
Une femme dans une tente chauffée à Kiev: les gens peuvent également y recharger leurs appareils électroniques.
Une femme dans une tente chauffée à Kiev: les gens peuvent également y recharger leurs appareils électroniques.Image: IMAGO / Ukrinform / ABACA

Après la lourde attaque russe du 9 janvier, le maire Vitali Klitschko avait appelé les habitants de Kiev à se réfugier chez des amis ou des proches en dehors de la ville. Mais, jusqu’ici, Denis Trubetskoy n’a pas observé d'exode important. Il dit:

«Je trouve cela assez remarquable. Cela montre la force mentale des gens et le fait qu’ils se sont bien préparés intérieurement à cet hiver.»
«Vladimir Poutine veut nous mettre à genoux avec sa guerre psychologique, mais il n’y parvient pas»

Traduit de l'allemand par Joel Espi

Des aurores boréales ont illuminé la Suisse
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source: lecteur
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-Face au froid, les Ukrainiens font la fête
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