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Les deux nouveaux premiers ministres: Yair Lapid (à droite) et Naftali Bennett. keystone

Arabes et ultra-droite ont fait tomber Nétanyahou, le résumé en 4 points

Juste avant la date limite, les partis d'opposition, en Israël, ont forgé une alliance jamais vue auparavant. Politiquement, ils n'ont pas grand-chose en commun, sauf qu'ils veulent se débarrasser de Benjamin Nétanyahou.

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Mercredi soir, un thriller politique par excellence s'est joué à Tel Aviv. Jusqu'à la dernière minute, il n'était pas certain que l'opposition, en Israël, parvienne à former une coalition. Le leader de l'opposition, Yair Lapid, avait jusqu'à minuit pour former un gouvernement. Pour ce faire, il lui manquait trois signatures jusqu'à peu avant la date limite.

Parmi elles, celle de Naftali Bennett, un politicien à l'extrême droite de l'échiquier politique, chef du parti Yamina et compagnon de longue date du premier ministre Nétanyahou. La signature de Mansour Abbas, leader du parti arabe Raam, manquait également. Peu après, sensation: Lapid informe le président israélien Reuven Rivlin de la formation réussie d'un gouvernement.

Est-ce la fin de l'ère Nétanyahou? Qui lui succédera? Qui fait partie de cette coalition et, surtout, est-ce que cela va bien se passer?

Pourquoi cette coalition fait-elle tant parler d'elle?

C'est à cause de sa composition. Le leader de l'opposition, Yair Lapid, a réussi à rassembler une coalition hétéroclite de partis de gauche, du centre et d'extrême droite. Ils sont surtout unis par leur aversion pour Nétanyahou, qui fait l'objet d'un procès pour corruption. Leurs objectifs politiques, cependant, divergent largement.

Après des heures de négociations, les dirigeants du petit parti arabe Raam et des deux partis de droite Yamina et New Hope ont signé un accord de coalition. C'est la première fois dans l'histoire d'Israël qu'un parti arabe rejoint une coalition de droite.

L'alliance a été possible parce que Lapid était prêt à faire des concessions majeures au chef du parti Yamina, Naftali Bennett. Il lui permet de prendre le poste de premier ministre. Le plan prévoit une rotation, et Lapid prendra le relais après deux ans.

Est-ce maintenant la fin de Nétanyahou?

C'est probablement le cas. A partir de maintenant, Benjamin Nétanyahou devra passer dans l'opposition. Cependant, le gouvernement doit d'abord prêter serment. Cela n'aura lieu que la semaine prochaine.

Les observateurs s'attendent à ce que, jusqu'à la prestation de serment, les partisans de Nétanyahou tentent de toutes leurs forces de faire dérailler l'alliance chancelante de Lapid et Bennett. Jusqu'à récemment, des rapports faisaient état de possibles défections dans les rangs du parti Yamina.

Nétanyahou a déjà passé les derniers jours à mettre la pression sur ses opposants. Les députés ont été bombardés de SMS les qualifiant de traîtres, entre autres. L'opposition a également fait l'objet d'une incitation sur les médias sociaux, les partisans de Nétanyahou se présentant même devant les domiciles des politiciens.

Qui sont les successeurs de Nétanyahou?

Naftali Bennett

Le premier est de l'ultra-droite Naftali Bennett. Il est devenu millionnaire avec une start-up Internet. Il défend une politique nationaliste-religieuse et son parti est considéré comme favorable aux colons. Il s'oppose à une solution à deux États avec la Palestine et préconise qu'Israël annexe la Cisjordanie.

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Le chef du parti Yamina, Naftali Bennett, s'exprime devant le Parlement israélien, à Jérusalem, le 30 mai 2021 keystone

Bennett, 49 ans, fils d'expatriés américains, est souvent décrit comme étant encore plus à droite que Nétanyahou. Il a été son ministre de la Défense et a réussi à se hisser à la tête du pays bien que son parti n'ait remporté que 7 des 120 sièges aux élections législatives de mars. Son calcul lui vaut donc le poste de premier ministre, mais seulement jusqu'au 27 août 2023, date à laquelle Yair Lapid devrait prendre le relais.

Yair Lapid

Le parti du futur de Lapid était arrivé en deuxième position lors des élections de mars, derrière le Likoud, le parti conservateur de droite de Nétanyahou. Son parti a remporté 17 des 120 sièges.

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Yair Lapid - le centriste. keystone

Il est entré en politique il y a neuf ans après une carrière de présentateur de télévision. Il a été ministre des finances dans un précédent gouvernement Netanyahu. Il est considéré comme un centriste et une lueur d'espoir pour les Israéliens laïques.

Qui est derrière le parti Arab Raam?

L'un des faiseurs de roi les plus inattendus est Mansour Abbas, chef du petit parti arabe connu sous son acronyme hébreu Raam, qui dispose de quatre sièges au parlement actuel.

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Mansour Abbas. keystone

Abbas a accepté à la dernière minute de rejoindre le gouvernement de coalition, même si son parti n'obtiendra aucun siège au sein du cabinet. C'est doublement surprenant, car c'est la première fois dans l'histoire d'Israël qu'un parti arabe rejoint une coalition de droite. En outre, les partis arabes n'ont pas participé directement aux gouvernements israéliens depuis des décennies. Ils ont, pour la plupart, été évincés par les autres partis et sont eux-mêmes réticents à l'idée de rejoindre un gouvernement qui supervise l'occupation des territoires palestiniens et les actions militaires d'Israël.

Le parti d'Abbas est considéré comme modéré. Il est favorable à la création d'un État palestinien indépendant. Cela pourrait rendre la tâche de la coalition Lapid plus difficile. Et c'est justement là que le problème de la coalition devient apparent: leurs objectifs politiques sont très éloignés. Leur seul dénominateur commun était qu'ils voulaient tous se débarrasser de Nétanyahou.

Adapté de l'allemand par jah, le texte original ici.

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