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Une nouvelle offensive à Gaza? «Pas d'autre choix», répond un expert

Kobi Michael évoque le sort de Gaza
Kobi Michael évoque le sort de Gaza et l'arrivée des aides alimentaires.

Une nouvelle offensive à Gaza? «Pas d'autre choix», répond un expert

L'orientaliste Kobi Michael évoque la colère croissante des Palestiniens contre le Hamas. Selon cet Israélien, de nouvelles attaques sont inévitables.
18.10.2026, 18:5618.10.2026, 18:56
Fabian Hock

Comment les habitants de la bande de Gaza jugent-ils aujourd’hui l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023?
Beaucoup ont compris que cette attaque avait été une erreur monumentale pour l’ensemble des Palestiniens. Au début, nombreux étaient ceux qui s’en réjouissaient. Ils soutenaient l’offensive parce qu’ils pensaient qu’elle avait humilié Israël. Aujourd’hui, ils constatent que ce succès apparent n’a été que de très courte durée. Ils en ont payé le prix fort, et les conséquences pèseront encore sur plusieurs générations.

Les Palestiniens peuvent-ils se soulever contre le Hamas et le chasser du pouvoir?
Non. Ils n’en sont pas capables.

«Tant que le Hamas contrôlera la bande de Gaza, la population ne pourra pas se révolter contre lui»

Le mouvement exerce son pouvoir avec une grande brutalité et n’hésite pas à tuer ses propres membres.

La situation humanitaire à Gaza est catastrophique. Israël fait-il suffisamment pour fournir à la population les biens de première nécessité?
Plus que suffisamment. Davantage de nourriture entre dans la bande de Gaza qu’avant la guerre. Le Hamas pille toutefois l’aide humanitaire et en détourne une partie.

Sur notre intervenant

Kobi Michael est un expert israélien en matière de sécurité, spécialisé dans le conflit israélo-palestinien. Il a été directeur général adjoint du ministère des Affaires stratégiques, où il était chargé des questions palestiniennes. Il travaille aujourd’hui pour l’Institute for National Security Studies (INSS) et l’Institut Misgav. Kobi Michael est connu pour ses positions sécuritaires fermes. Ses analyses sont notamment citées par le New York Times et d’autres médias internationaux. L’entretien a été réalisé en marge d’un événement organisé à Varsovie par l’Europe Israel Press Association
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Kobi Michael est un expert israélien qui se penche sur la question palestinienne

Avez-vous des preuves de cela?
Nous le voyons de nos propres yeux! Le Hamas revend ensuite ces marchandises à la population à des prix exorbitants. Il prélève également des taxes élevées sur les biens qui entrent dans la bande de Gaza depuis l’Égypte ou Israël. Beaucoup d’habitants n’ont donc pas les moyens de se les procurer.

«L’aide humanitaire devrait être gratuite. Mais lorsque le Hamas en accapare une grande partie, les habitants n’ont d’autre choix que de lui acheter ce dont ils ont besoin»

Quelles erreurs Israël a-t-il commises?
Israël a affaibli l’Autorité palestinienne (AP), qui gouverne la Cisjordanie, tout en renforçant le Hamas comme alternative. L’idée était qu’un Hamas puissant affaiblirait l’AP et permettrait ainsi de geler la solution à deux États. Je considère que c’était une erreur. Il faut également parler des violences en Cisjordanie, où sévit un terrorisme juif. Je ne le mets pas sur le même plan que le terrorisme palestinien, dont l’ampleur est nettement plus importante. Mais, en tant que démocratie et société juive, nous ne pouvons pas tolérer de tels actes. Nous devons y mettre un terme.

Quelle est la puissance actuelle du Hamas?
Par rapport à 2023, il n’est plus que l’ombre de lui-même.

Les chiffres sont discutés

Avant la guerre, environ 500 camions entraient chaque jour dans la bande de Gaza, principalement pour y acheminer des marchandises commerciales, selon l’ONU. Cette année, Israël a parfois fait état d’environ 600 camions par jour, tandis que les autorités palestiniennes avançaient des chiffres nettement inférieurs. Selon Israël, environ la moitié des livraisons étaient commerciales. Depuis le milieu de cette semaine, ces livraisons ont en grande partie été suspendues. Israël attribue cette interruption aux taxes imposées par le Hamas, ce que contestent les autorités contrôlées par le mouvement. La comparaison avec la période précédant la guerre reste toutefois limitée, car la destruction massive de l’économie, de l’agriculture et des infrastructures a rendu la population beaucoup plus dépendante de l’aide humanitaire.
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Des Palestiniens font la queue pour recevoir une aide alimentaire.Image: sda

Pourquoi l’armée ne parvient-elle donc pas à mettre fin à la guerre?
Parce que le président Trump nous a arrêtés en pleine opération militaire.

La pression internationale ne s’expliquait-elle pas surtout par le nombre élevé de victimes civiles?
Non. Donald Trump voulait faire de Gaza «la plus belle Riviera du Moyen-Orient». Il avait également des intérêts commerciaux en tête.

Que faudrait-il faire pour améliorer, ne serait-ce qu’un peu, les conditions de vie à Gaza?
Nous devons mettre en œuvre le plan en 20 points proposé par Donald Trump, ce qui implique de désarmer le Hamas et de démanteler l’organisation. Mais le mouvement refuse de s’y soumettre. Israël et même le Conseil de sécurité de l’ONU ont approuvé ce plan.

Quels sont les obstacles, alors?
La Turquie, le Qatar et l’Égypte aident toutefois le Hamas à se soustraire à ses obligations, ce qui lui permettrait de conserver ses armes, de continuer à exercer son influence dans la bande de Gaza et de saboter le processus politique. Une telle situation est inacceptable pour Israël.

«Nous devrons donc occuper le reste de la bande de Gaza, prendre le contrôle des territoires encore tenus par le Hamas et désarmer l’organisation»

Vous vous attendez donc à une nouvelle offensive israélienne?
Je pense que nous n’aurons pas d’autre choix.

Traduit de l'allemand par Joel Espi

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