Le Hamas accusé de crimes de guerre contre des Palestiniens
Des affiliés du Hamas ont perpétré des actes équivalant à des crimes de guerre en septembre et octobre en exécutant 11 hommes à Gaza, affirment des enquêteurs onusiens. Ceux-ci ciblent aussi des colons israéliens pour transferts forcés de population en Cisjordanie.
Dans un rapport, publié mardi à Genève, la Commission d'enquête internationale sur les territoires palestiniens s'est penchée sur les acteurs non étatiques dans le conflit. L'an dernier, trois hommes ont été tués le 21 septembre à Gaza par les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, et une autre entité du mouvement. Huit autres l'ont été le 13 octobre, après la trêve avec Israël.
Ces exécutions équivalent au crime de guerre de meurtre, dit la Commission, qui ne s'exprime pas au nom de l'ONU mais est mandatée par le Conseil des droits de l'homme.
Au total, 249 cas d'exécutions et de violences physiques graves ont été identifiés en 2024 et 2025 par les membres de la Commission, pour 108 décès et près de 385 blessés. Parmi eux, soixante incidents au moins sont attribués au Hamas.
«La Commission est gravement alarmée» par la gravité et la nature publique des mesures punitives du Hamas, affirme son président Srinivasan Muralidhar. Tout cadre de paix et de sécurité à l'avenir devra considérer l'établissement des responsabilités, selon lui.
Explosion des violences de colons
En Cisjordanie, la Commission affirme que les violences des colons peuvent être attribuées à l'Etat israélien. L'année dernière, au moins sept Palestiniens ont été tués et plus de 830 blessés, soit une augmentation de 130% sur un an. Cette année, les attaques sont quotidiennes.
Les autorités israéliennes ont soutenu financièrement et militairement des violences de colons et les entités sécuritaires et judiciaires ont garanti une impunité, affirment les trois membres de la Commission. Les exactions contre les femmes et les enfants font partie d'une approche plus large en Cisjordanie, y compris des transferts forcés de population, dit-elle.
Les colons ont attaqué, enlevé ou abusé d'enfants. Ils ont perpétré des violences sexuelles contre des Palestiniens pour les humilier ou ont menacé de le faire. Cette situation limite les activités possibles des Palestiniennes, ajoute la Commission. Ces assauts quotidiens «sont intolérables» et doivent s'arrêter, estime également Muralidhar. La commission internationale doit pousser Israël à mettre un terme à ces violations, ajoute-t-il (jah/ats)
