Israël enquête sur des soupçons de fraude électorale
Les soupçons d'irrégularités ne remettront pas en cause les résultats des législatives, a assuré dimanche le président de la commission électorale dans une déclaration filmée. La commission a confirmé qu'une enquête était en cours sur ces accusations de fraudes.
«Les soupçons qui nous ont été présentés sont graves. Nous les examinerons jusqu'au bout», a dit le juge Noam Sohlberg, en référence aux accusations, relayées par le camp du Premier ministre Benjamin Netanyahu, d'achat de voix via des financements étrangers.
Mais «notre position est que, même si les soupçons venaient à être confirmés, cela ne remettrait pas en cause la régularité du processus électoral ni les résultats des élections dans leur ensemble», a-t-il ajouté.
Au lendemain des législatives du 27 octobre, la commission électorale a adressé une lettre aux services du renseignement intérieur (Shin Bet) pour demander l'ouverture d'une enquête sur des soupçons de fraude électorale.
Percée des listes arabes
Le scrutin de mardi a notamment été marqué par une percée spectaculaire des deux listes arabes (Raam et la Liste unifiée), qui ont obtenu à elles seules 19 sièges, selon les résultats définitifs.
Ces formations ont été visées jeudi par des accusations de fraude électorale relayées par le camp de Netanyahu. Des responsables et des médias ont notamment affirmé que ces partis étaient soupçonnés d'avoir reçu des fonds du Qatar pour financer l'achat de voix. Doha et les partis arabes ont rejeté ces accusations.
Dimanche, le juge Sohlberg, entouré du chef du Shin Bet et de la procureure de l'Etat durant sa déclaration, a confirmé que les soupçons concernaient «des financements provenant de l'étranger, destinés à influencer le processus électoral, et susceptibles de présenter également une dimension sécuritaire».
Mais il a souligné que cette enquête ne devait «en aucun cas jeter le discrédit sur le vote de la communauté arabe».
Suspect remis en liberté
Dimanche, le tribunal de Beersheva (sud) a par ailleurs ordonné la remise en liberté d'un suspect arrêté le jour des élections dans le cadre des soupçons d'achat de voix, tout en prolongeant la détention provisoire d'un autre suspect et placé un troisième en résidence surveillée, a annoncé la police.
La police avait annoncé mardi l'arrestation durant la nuit de trois personnes en possession d'enveloppes et d'argent liquide, soupçonnées d'avoir tenté d'acheter des voix au profit de la liste arabe israélienne Raam, le parti niant toute implication.
Son chef, Mansour Abbas, a accusé Benjamin Netanyahu de «mentir» en accusant la minorité arabe de fraude électorale.
Le principal rival de Netanyahu, Gadi Eisenkot, qui pourrait demander le soutien des formations arabes pour former un gouvernement, a lui dénoncé les propos du Premier ministre, affirmant qu'il cherchait «à délégitimer les résultats des élections».
Les résultats officiels doivent être publiés mercredi et transmis au président israélien Isaac Herzog. Celui-ci recevra toutes les formations élues pour des consultations à la suite desquelles il donnera un mandat à un des dirigeants de partis pour tenter de former un gouvernement, alors qu'aucun parti ne dispose de la majorité. (tib/ats)
