Voix du Kremlin: la France ne lâche pas Xenia Fedorova
La France a gelé pour six mois les avoirs de la chroniqueuse russe Xenia Fedorova, accusée d'être la voix du Kremlin dans des médias français et visée depuis mercredi par un arrêté d'expulsion. L'avocat de la Russe a dénoncé un «acharnement».
Le gouvernement français a publié vendredi au Journal officiel un arrêté qui «complète la mesure d'expulsion» adoptée mercredi par le ministère de l'Intérieur. Ce texte vise à prévenir la commission de «nouveaux actes d'ingérence», explique le ministère français de l'Économie et des Finances, en empêchant la mise à disposition ou l'utilisation «de fonds ou ressources économiques au profit de cette personne et des personnes morales ou de toutes autres entités qu'elle contrôle, détient ou qui agissent sciemment pour son compte». Le gel, qui entre en vigueur avec la parution de l'arrêté, est «renouvelable le cas échéant par la publication d'un nouvel arrêté», précise Bercy.
L'ancienne patronne de la chaîne d'Etat russe RT en France, qui occupe depuis plusieurs mois une place grandissante dans les médias du milliardaire conservateur français Vincent Bolloré, a fait savoir dès mercredi qu'elle ferait appel de son arrêté d'expulsion. Son avocat Emmanuel Piwnica a dénoncé auprès de l'AFP une «mesure manifestement illégale», qui «confirme l'acharnement à (son) encontre». «Elle n'est pas mieux justifiée que son expulsion», a-t-il affirmé.
Une «atteinte à la liberté d'expression» dénoncée
Accusée d'être «un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes» pour «déstabiliser l'ordre public» en France, la chroniqueuse pro-russe, qui intervient principalement sur CNews, Europe 1 et dans l'hebdomadaire le JDNews, est depuis mercredi assignée à résidence et doit pointer chaque jour au commissariat. Ses employeurs Canal+ et Lagardère ont dénoncé mercredi dans un communiqué «une atteinte particulièrement grave à la liberté d'expression». «Xenia Fedorova est une journaliste», a également appuyé Me Piwnica.
L'arrêté d'expulsion n'est «pas une atteinte à la liberté d'expression», a de son côté affirmé jeudi le ministre de l'Intérieur français Laurent Nuñez. «C'est un arrêté qui est très motivé, qui fait référence à de nombreux propos qu'elle a pu tenir et qui systématiquement reprennent la propagande du Kremlin sur l'engagement de la France, sur ce qui se passe en Ukraine, sur les raisons, les motivations de l'agression russe en Ukraine. Systématiquement, elle reprend le verbatim au mot près de la Russie et elle intervient dans le débat politique français sur ces sujets», a-t-il développé vendredi. (jzs/ats/afp)
