Policier passé à tabac à Belfort: deux personnes en garde à vue
Deux personnes ont été interpellées et placées en garde à vue suite au passage à tabac d'un policier vendredi lors d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre à Belfort en marge du mouvement lycéen, a indiqué dimanche à l'AFP le procureur, Paul-Edouard Lallois, confirmant une information de BFM TV.
Le policier, chef du renseignement départemental, avait été frappé à terre après avoir tenté d'interpeller un jeune protestataire. Deux personnes ont été interpellées puis placées en garde à vue, a indiqué à l'AFP le procureur, Paul-Édouard Lallois, confirmant une information de BFMTV, sans autre précision sur leur âge ou leur possible rôle dans les faits.
Le magistrat doit donner une conférence de presse à 16h00 pour faire le point sur l'enquête, ouverte pour tentative de meurtre.
Il avait indiqué dès samedi à l'AFP que les enquêteurs avaient identifié «plusieurs personnes (...) susceptibles d'être parmi les auteurs principaux» de l'agression, se disant «assez optimiste» sur la perspective de les arrêter dans les 24 heures.
Des vidéos montrant l'agression, survenue vendredi matin aux abords du lycée Courbet de Belfort, ont circulé sur les réseaux sociaux. Elles montrent le policier en civil, projeté au sol par une personne vêtue de noir, qui lui assène plusieurs coups de poing au visage. Puis, au moins deux autres personnes, lui donnent des coups de pied.
France insoumise montrée du doigt
L'agression a amené le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez à dénoncer des images «insoutenables» et «d'une rare violence», dans un contexte de durcissement du mouvement de blocage des lycées. A sept mois de l'élection présidentielle, dans un climat social et politique électrique, cette mobilisation pour réclamer davantage de moyens, plus d'enseignants et dénoncer l'interdiction des téléphones portables dans les établissements est plus que sensible.
Le gouvernement dénonce des «violences urbaines» commises par des manifestants et en impute la responsabilité à La France insoumise, quand la gauche et les défenseurs du mouvement critiquent la dureté de la répression policière.
Dans un ruisseau
Chef du service départemental du renseignement territorial du Territoire de Belfort, né en 1967, l'agent agressé venait d'interpeller un jeune homme aux abords d'un ruisseau. Les circonstances font polémique. Des vidéos montrant le moment de cette interpellation circulent en ligne, accompagnées de commentaires l'accusant d'avoir mis la tête du jeune homme sous l'eau en tentant de le maîtriser.
Les images, sur lesquelles le policier et le manifestant sont partiellement cachés par de la végétation, ne permettent pas de dire avec certitude si la tête du jeune homme est immergée ou non. On voit ensuite le jeune et le policier sortir du ruisseau. C'est à ce moment que l'agent l'immobilise en vue de le menotter.
Le procureur a réaffirmé samedi que le policier n'avait pas mis la tête du jeune sous l'eau. «C'est l'individu qui va délibérément dans l'eau» en tentant d'échapper à l'agent qui le poursuivait pour son implication dans des jets de projectiles et des départs de feu, a-t-il affirmé. «Tous les deux tombent dans le ruisseau, c'est pour ça que vous avez, à un moment donné, une scène avec le commandant à genoux dans l'eau et l'individu affalé sur l'eau», a exposé Lallois.
Mais le jeune «ne peut pas être immergé dans l'eau, il n'y a pas assez d'eau pour être immergé», selon le procureur. Ce jeune homme, menotté à une main, s'est ensuite échappé. Reconnaissable à cette menotte, il fait partie des individus identifiés comme ayant porté des coups au policier avant de s'enfuir.
Une première interpellation d'un mineur de 17 ans n'a pas débouché sur des poursuites, aucun élément ne venant indiquer, à l'issue de sa garde à vue, qu'il aurait porté des coups.(dal/ats/afp)
