International
Politique

Le premier débat entre Lula et Bolsonaro se tient dimanche

A demonstrator carries a coffin-shaped sign symbolizing the death of Bolsonarism and depicting opposition presidential candidate Sen. Flavio Bolsonaro during a student rally in support of Brazilian Pr ...
Keystone

Le premier débat entre Lula et Bolsonaro se tient dimanche

Les deux candidats, qui se détestent, vont avoir l'occasion de s'affronter verbalement, après de nombreuses piques par presse interposée.
18.10.2026, 21:4018.10.2026, 21:40

Le président brésilien de gauche Lula et le conservateur Flavio Bolsonaro s'affrontent lors de leur premier débat, au soir d'un dimanche de mobilisation des deux camps à une semaine d'un second tour qui s'annonce serré.

Faisant mentir les sondages, le sénateur Bolsonaro, 45 ans, a remporté le premier tour de l'élection présidentielle le 4 octobre avec 47% des voix, contre 45% pour Luiz Inacio Lula da Silva, 80 ans.

Cette première confrontation directe est très attendue: avant le premier tour, Lula avait refusé de débattre avec le fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022).

Avant qu'ils ne se retrouvent face à face dans le studio de la chaîne de télévision Band à Sao Paulo, les partisans de Flavio Bolsonaro se sont retrouvés à Sao Paulo, drapés des couleurs jaunes et vertes du drapeau brésilien.

Pendant cette réunion, Sara Machado, 36 ans, a déclaré:

«Le pays est dans une situation catastrophique. Pour arriver à la fin du mois ou acheter quoi que ce soit, il faut cumuler deux ou trois emplois.»

À Rio de Janeiro, le légendaire musicien Caetano Veloso, icône du camp progressiste, a convoqué une «manifestation pour la démocratie» aux côtés de dizaines d'artistes le long de la plage de Copacabana.

Sur l'une des autres plages de la ville, des baigneurs ont formé le nom de Lula dans l'eau.

Apathique jusqu'à la claque du premier tour, la gauche a depuis multiplié les rassemblements, avec les étudiants et les mouvements sociaux en fers de lance.

Le pays coupé en deux

Ces manifestations parfois massives misent surtout sur le refus d'un retour de l'extrême droite au pouvoir, avec des slogans comme «Bolsonaro plus jamais».

Un sondage de l'institut Datafolha publié cette semaine donne au sénateur 51 % d'intentions de vote, contre 49 % pour le président sortant. L'écart s'est réduit de deux points et les deux prétendants se retrouvent techniquement à égalité, vu la marge d'erreur.

epa13314113 People attend the 'Bloco do 22' campaign event for Brazilian presidential candidate Flavio Bolsonaro in Sao Paulo, Brazil, 18 October 2026. The runoff for the 2026 Brazilian pres ...
Sao Paulo ce dimanche.Keystone

Dans l'entourage de Lula règne un climat d'«espoir prudent», même si l'ampleur du défi est dans tous les esprits, a indiqué vendredi une source gouvernementale.

Lula en veut à Meta

Le chef de l'État, qui brigue un quatrième mandat non consécutif, a admis que sa campagne du premier tour avait été la plus «désorganisée» de toutes celles qu'il a menées, et a réorienté sa stratégie.

Il a renforcé son offensive sur les réseaux sociaux avec l'aide de jeunes influenceurs fraîchement élus députés.

Il a aussi accusé Meta d'«ingérence» dans les élections pour avoir restreint ses contenus sur Instagram et WhatsApp.

Son équipe a demandé samedi une enquête pour savoir si le camp Bolsonaro avait été favorisé par le géant de la tech. Elle a aussi transmis ses récriminations au rapporteur spécial de l'ONU sur la liberté d'expression.

L'entreprise américaine a démenti tout parti pris. Tout en reconnaissant des ratés – comme la «désactivation par erreur» de spots de campagne de Lula -, elle a soutenu qu'il s'agissait d'«incidents» techniques.

Le champion de la gauche a engrangé une victoire politique cette semaine avec l'adoption par le Parlement d'une réforme constitutionnelle garantissant deux jours de repos par semaine au lieu d'un seul.

Cette promesse de campagne bénéficiera à des millions de travailleurs.

Flavio Bolsonaro, qui s'était prononcé contre, a fini par voter pour cette mesure populaire dans l'opinion.

Les accusations fusent

Il l'a fait par «opportunisme électoral», a lancé le président sortant, qui estime que son adversaire ne serait même pas capable d'être «syndic d'immeuble».

Dans une interview vendredi Flavio Bolsonaro a répliqué:

«Lula trompe les gens pour obtenir des voix. Moi non, je travaille avec la vérité»

Dans le même temps, le candidat conservateur a durci son discours de fermeté contre la criminalité, principale préoccupation des Brésiliens: «Ceux qui pensent que je suis radical en matière de sécurité publique n'ont encore rien vu», a-t-il assuré.

Le fils aîné de Jair Bolsonaro promet aussi de faire libérer son père, condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d'État pour avoir voulu s'accrocher au pouvoir après sa défaite électorale il y a quatre ans.

Il a dit que l'idée de confier un poste à l'ex-président n'était «pas sur le radar» en cas de victoire. Le fait qu'il n'ait pas écarté totalement cette possibilité a toutefois été largement remarqué.

Formation de Lula, «le Parti des travailleurs n'a plus de légitimité pour gouverner. C'est trop de mensonges, trop de vols, trop de scandales», a affirmé à l'AFP Luis Henrique Vilaba, 60 ans, lors d'un meeting de Flavio Bolsonaro à Porto Alegre (sud). (ats/afp)

Témoignages accablants qui visent le Chuv
1 / 5
Témoignages accablants qui visent le Chuv
partager sur Facebookpartager sur X
Manifestations en France: les affrontements en images
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Macron menace «ceux qui ont cherché à faire tomber la France»
Des «centaines de millions d'euros» de dommages sont à déplorer après le week-end de manifestations en France. Le gouvernement tient une cellule de crise ce lundi.
Fragilisé et critiqué de toutes parts, l'exécutif va tenter lundi de répondre à la colère et aux craintes soulevées par sa gestion de la mobilisation du 17 octobre, qui a viré au chaos dans de nombreuses villes et tourne à la crise politique. Sous pression, le chef de l'Etat Emmanuel Macron a chargé dimanche les préfets de «protéger nos villes», jugeant «insupportable» le saccage des rues et des magasins, et a promis «toute la transparence» sur le dispositif sécuritaire, étrillé notamment par les maires de Paris, Marseille ou Limoges.
L’article