L'Ukraine n'aurait que «cinq mois» pour contrer cette avancée russe
Selon le président Volodymyr Zelensky, l’Ukraine a testé avec succès une nouvelle arme de conception nationale destinée à lutter contre les drones. Lors d’une opération menée dans la nuit, le système aurait atteint sa cible et détruit un drone de type Shahed, a affirmé Zelensky mardi dans son allocution vidéo du soir.
Les travaux sur d’autres systèmes se poursuivent.
Selon Zelensky, 93% des drones russes ont été interceptés durant la nuit. «C’est considérable. Mais il en faut évidemment davantage», a-t-il déclaré. Depuis le début de la guerre, en février 2022, l’Ukraine développe activement ses propres technologies de défense contre les drones, en misant notamment sur les missiles intercepteurs, considérés comme une solution efficace et moins coûteuse.
Les forces armées ukrainiennes éprouvent toutefois davantage de difficultés à intercepter les missiles balistiques russes. Le gouvernement de Kiev a donc demandé à ses alliés occidentaux de lui fournir davantage de systèmes d’interception.
Drones: une nouvelle course aux armements
De son côté, la Russie perfectionne continuellement son arsenal offensif, comme le rapporte notamment le Kyiv Independent. Les troupes russes ont ainsi elles-mêmes modernisé et perfectionné les drones Shahed, initialement fabriqués en Iran et livrés au Kremlin. Utilisés par la Russie sous les appellations Geran-3, Geran-4 et Geran-5, ces drones posent des difficultés croissantes à la défense antiaérienne ukrainienne. La capitale Kiev et les régions environnantes ont notamment été fréquemment visées par ces armes russes ces derniers temps.
Equipés de turboréacteurs, ces drones à réaction peuvent atteindre une vitesse de 600 kilomètres par heure. Ils sont donc plus difficiles à intercepter que les anciennes variantes du Shahed, propulsées par des moteurs à pistons. Leur utilisation par les forces russes a fortement augmenté cet été: entre juin et juillet 2026, elle aurait été multipliée par cinq environ en l’espace d’un mois, selon un porte-parole de l’armée de l’air ukrainienne. Fin août, près de 800 drones à réaction auraient été lancés en direction de l’Ukraine en l’espace de quatre jours, selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Le ministre ukrainien de la Défense, Yevhen Khmara, a déclaré que l’Ukraine avait testé sur le terrain quatre missiles intercepteurs potentiels contre ces nouvelles générations de drones Shahed russes. Il n’a toutefois pas précisé quelles entreprises développaient ces armes ni à quel stade en étaient les différents projets.
La Russie innove, l’Ukraine doit suivre
Anatolii Khrapchynskyi, directeur adjoint d’une entreprise spécialisée dans la guerre électronique et officier de réserve de l’armée de l’air, a déclaré au Kyiv Independent que le développement de drones intercepteurs ukrainiens à réaction avançait à marche forcée, les forces russes cherchant sans cesse de nouveaux moyens de submerger la défense antiaérienne ukrainienne.
L’un de ces moyens pourrait être le recours à de petits missiles de croisière: des engins maniables volant à basse altitude et extrêmement difficiles à intercepter par la défense antiaérienne adverse. Les forces russes seraient sur le point d’introduire cette nouvelle arme offensive.
Mardi, dans un entretien accordé à Radio NV, l’expert militaire et conseiller du ministère ukrainien de la Défense Serhiy «Flash» Beskrestnov a ainsi averti que le régime de Vladimir Poutine pourrait n’être plus qu’à «cinq ou six mois» du déploiement de ces missiles de croisière à propergol solide, un carburant stocké sous forme solide. Ils permettraient à l’agresseur de frapper efficacement les villes et les infrastructures ukrainiennes, selon l’article. Ce qui pose de gros problèmes:
Capable d’atteindre 750 kilomètres par heure, cette nouvelle arme pourrait rendre obsolètes les drones intercepteurs que l’Ukraine vient tout juste de mettre au point. Kiev devrait alors répondre à cette nouvelle menace en développant à son tour un drone intercepteur suffisamment performant. (cc/trad. hun)

