International
Russie

L'Ukraine vit l'horreur avec les drones à réaction russes

(FILES) This photograph shows Ukrainian air defence firing at a Russian drone above Kyiv during a drone strike on the Ukrainian capital on August 30, 2026, amid the Russian invasion of Ukraine. Flying ...
La défense aérienne ukrainienne tire sur un drone russe au-dessus de Kiev: les nouveaux drones à réaction de Moscou mettent à rude épreuve les défenses aériennes ukrainiennes.Image: AFP

Kiev n'a pas de solution face à la nouvelle «horreur» de Poutine

La Russie produit en masse de nouveaux drones à réaction et vise Kiev avec une efficacité redoutable. L'Ukraine n'a pas encore de solution.
10.09.2026, 05:5410.09.2026, 05:54
Ania TSOUKANOVA, kiev / afp

Ils volent à plusieurs kilomètres d'altitude et peuvent atteindre 600 km/h: Moscou a commencé à lancer massivement des drones à réaction contre Kiev, semant le chaos dans la capitale ukrainienne, qui peine à trouver une parade à cette nouvelle menace.

«L'horreur qui se passe dans le ciel ces derniers jours» est une «nouvelle tactique» de Vladimir Poutine, a dénoncé dimanche le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Confrontée depuis 2022 à l'invasion russe, l'Ukraine a développé un système de défense antidrone relativement efficace et peu coûteux, faisant du pays une référence mondiale en la matière, au point d'être sollicitée pour partager son expérience avec ses partenaires.

Mais cette recette vantée qui permettait d'abattre la vaste majorité de drones à longue portée dérivés du Shahed iranien - notamment à l'aide d'intercepteurs - a été mise à rude épreuve par les nouveaux appareils à réaction déployés massivement depuis cet été.

Les drones intercepteurs pilotés manuellement détruisaient en vol les appareils russes, dotés de moteurs à explosion pourvus d'hélices. Mais les nouveaux engins, munis, selon des experts, de moteurs à réaction chinois, sont capables de voler jusqu'à 5 km d'altitude et à une vitesse de 400-600 km/h contre 180 km/h pour les versions précédentes.

Le modèle le plus récent peut emporter jusqu'à 90 kg d'explosifs, soit près du double de ses prédécesseurs, pour un gabarit plus imposant: 6 m de long et 5,5 m d'envergure. Ces paramètres les rapprochent de missiles de croisière et mettent hors de portée des intercepteurs ukrainiens existants. Ces engins «réduisent à néant les progrès que nous avions réalisés dans la lutte» contre les drones classiques, constate l'expert militaire ukrainien Serguiï Zgourets.

Selon des estimations ukrainiennes, la Russie en a lancé 2800 en août après 1500 en juillet et quelques centaines en juin. Et le taux de destruction est d'environ 60% contre plus de 90% pour des drones ordinaires.

Kiev paralysée par ces drones russes

Depuis le 27 août, leurs attaques destructrices et parfois meurtrières visent particulièrement Kiev et sa région, déjà éprouvées par une hausse des attaques de missiles balistiques cet été, après plus de quatre ans d'invasion russe.

Vendredi dernier, un de ces drones a touché le siège des services de sécurité dans le centre historique de Kiev, une frappe hautement symbolique en plein jour. Contrairement aux drones classiques, qui attaquaient la ville par dizaines lors d'assauts concentrés dans le temps, les drones à réaction s'approchent désormais par petits groupes de jour comme de nuit. Résultat: le nombre d'alertes aériennes a explosé, atteignant parfois une douzaine par jour, les unes se succédant aux autres sans répit.

Cette situation perturbe la vie sociale et économique, au point d'avoir poussé les autorités à annoncer un rare assouplissement des protocoles de sécurité pour permettre à la capitale de continuer à fonctionner. Pendant les alertes aériennes, des institutions et nombre de commerces ferment alors que la ville d'environ trois millions d'habitants manque cruellement d'abris antibombes. Et la circulation du métro est limitée, ce qui entraîne un chaos routier. Nombre d'écoles ont annoncé leur passage à l'enseignement à distance.

«Jusqu'à six mois» pour trouver une parade

Certains accusent les autorités de n'avoir pas anticipé la menace. Selon des analystes, la Russie avait lancé la production de ces drones il y a 18 mois et est désormais capable d'en fabriquer 3000 par mois.

Les Russes «ont une fenêtre d'opportunité avec ces drones réactifs», a estimé la semaine dernière le blogueur ukrainien proche de la défense aérienne Nikolaïevski Vaniok, suivi par plus de 2,6 millions d'abonnés sur Telegram. Selon lui, «90% de tous les impacts de drones» sont actuellement le fait d'appareils à réaction.

Face à cette menace, le président Volodymyr Zelensky a réuni jeudi dernier son cabinet militaire afin d'accélérer la production d'intercepteurs plus rapides. Des fabricants ukrainiens avaient déjà élaboré des prototypes et doivent «porter cette nouvelle arme au niveau d'efficacité requis», a-t-il ajouté.

«Nous travaillons activement sur une solution», a déclaré, sous le couvert de l'anonymat, un important fabricant ukrainien d'intercepteurs pour drones classiques, sans donner de détails sur le calendrier. Pour Serguiï Zgourets, directeur du centre d'analyse Defense Express, les intercepteurs, dont l'efficacité reste à démontrer, ne représentent cependant qu'une des pistes envisagées.

Une riposte efficace passera par une combinaison de moyens associant l'aviation, des systèmes sol-air, une guerre électronique et des frappes contre les sites de lancement et de production de drones en Russie, estime-t-il. «Les Russes ont pris une avance sur ce cycle technologique» et dans ce type de confrontation, il faut généralement «jusqu'à six mois» pour mettre au point des contre-mesures efficaces, souligne-t-il.

Vladimir Poutine dans tous ses états
1 / 10
Vladimir Poutine dans tous ses états
Poutine en mode chasseur, 2010.
source: ap ria novosti russian governmen / dmitry astakhov
partager sur Facebookpartager sur X
Comment l'Ukraine a capturé des soldats avec des drones terrestres
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Orban à la tête de l'ONU? Une idée de Trump qui plairait à Poutine
L’ancien Premier ministre hongrois serait le «candidat de rêve» de l’administration américaine pour le poste de secrétaire général de l'ONU, selon le Wall Street Journal. Des discussions avec la Chine et la Russie auraient déjà eu lieu.
Après avoir lancé le nom de Gianni Infantino, président de la FIFA, Donald Trump avancerait désormais celui d'un nouveau candidat pour le poste le plus élevé des Nations unies: Viktor Orban, qui a dirigé la Hongrie d'une main de fer pendant de longues années. Et, oui, le président américain semble sérieux.
L’article