«L'explication de Poutine paraît folle»: la Russie s'est tiré dessus
Le Monde le révèle, le 23 mai, alors que trois missiles balistiques Orechnik frappaient Bila Tserkva, au centre de l'Ukraine, un quatrième projectile s'écrasait discrètement sur Yassynouvata, une localité de la «république populaire de Donetsk», territoire ukrainien annexé par Moscou en 2022 et sous occupation russe depuis 2014.
La séquence n'est restée secrète que quelques jours. Dès le 23 mai, des analystes avaient géolocalisé le point d'impact à partir d'une vidéo de surveillance captée par un centre commercial de Donetsk, relate Le Monde, montrant les six ogives caractéristiques de l'Orechnik plonger vers le sol.
Une justification qui peine à convaincre
Douze jours plus tard, le 4 juin, sentant que des sources sécuritaires européennes s'apprêtaient à révéler l'incident aux médias, Vladimir Poutine a pris les devants depuis le Forum économique de Saint-Pétersbourg. Les tirs du 23 mai n'avaient, selon lui, «pas un caractère opérationnel, mais expérimental».
Une formulation commode pour un armement dont aucun tir n'a détruit d'objectif militaire avéré depuis son introduction en novembre 2024, lors d'une première frappe sur un quartier résidentiel de Dnipro (est de l'Ukraine), souligne Le Monde d'après les images des médias ukrainiens.
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Un outil d'intimidation avant tout
Conçu initialement pour emporter 36 ogives nucléaires non guidées, l'Orechnik n'a structurellement jamais eu besoin d'une grande précision. Ses charges creuses, percutant le sol à Mach 10 (12 348km/h), creusent de profonds cratères par énergie cinétique, mais sans effet de souffle ni dégâts étendus. Pour une source sécuritaire européenne citée par Le Monde:
Reste une question sans réponse: pourquoi tester un armement imprévisible sur des zones habitées, quand les immensités dépeuplées de Sibérie offrent d'innombrables terrains de tir sans risque pour des vies humaines? Pour Iouri Ihnat, porte-parole des forces aériennes de l’armée ukrainienne:
(ysc)
