International
Russie

La Russie s'est tiré dessus en Ukraine: Poutine a une explication

Cette «expérience» de Poutine avec un missile peine à convaincre.
Un probable raté de l'armée russe en territoire occupé ukrainien n'est pas passé inaperçu.Image: SERVICE DE SÉCURITÉ D’UKRAINE / AFP / Imago, montage watson

«L'explication de Poutine paraît folle»: la Russie s'est tiré dessus

Un missile Orechnik russe s'est écrasé sur un territoire ukrainien occupé par Moscou en mai. Un très probable incident embarrassant que Vladimir Poutine a présenté comme un test.
05.06.2026, 17:0005.06.2026, 18:05

Le Monde le révèle, le 23 mai, alors que trois missiles balistiques Orechnik frappaient Bila Tserkva, au centre de l'Ukraine, un quatrième projectile s'écrasait discrètement sur Yassynouvata, une localité de la «république populaire de Donetsk», territoire ukrainien annexé par Moscou en 2022 et sous occupation russe depuis 2014.

La séquence n'est restée secrète que quelques jours. Dès le 23 mai, des analystes avaient géolocalisé le point d'impact à partir d'une vidéo de surveillance captée par un centre commercial de Donetsk, relate Le Monde, montrant les six ogives caractéristiques de l'Orechnik plonger vers le sol.

Une justification qui peine à convaincre

Douze jours plus tard, le 4 juin, sentant que des sources sécuritaires européennes s'apprêtaient à révéler l'incident aux médias, Vladimir Poutine a pris les devants depuis le Forum économique de Saint-Pétersbourg. Les tirs du 23 mai n'avaient, selon lui, «pas un caractère opérationnel, mais expérimental».

Une formulation commode pour un armement dont aucun tir n'a détruit d'objectif militaire avéré depuis son introduction en novembre 2024, lors d'une première frappe sur un quartier résidentiel de Dnipro (est de l'Ukraine), souligne Le Monde d'après les images des médias ukrainiens.

👉 L'actu en direct sur la guerre en Ukraine, c'est ici

Un outil d'intimidation avant tout

Conçu initialement pour emporter 36 ogives nucléaires non guidées, l'Orechnik n'a structurellement jamais eu besoin d'une grande précision. Ses charges creuses, percutant le sol à Mach 10 (12 348km/h), creusent de profonds cratères par énergie cinétique, mais sans effet de souffle ni dégâts étendus. Pour une source sécuritaire européenne citée par Le Monde:

«L'Orechnik est plus un outil de guerre psychologique et de communication stratégique destiné à rassurer les troupes russes sur leur supériorité technologique, ainsi qu'à terroriser et à impressionner les Ukrainiens et leurs alliés.»
Un fragment d'Orechnik, dans un endroit non précisé.
Un fragment d'Orechnik, photographié en Ukraine.Image: SERVICE DE SÉCURITÉ D’UKRAINE / AFP

Reste une question sans réponse: pourquoi tester un armement imprévisible sur des zones habitées, quand les immensités dépeuplées de Sibérie offrent d'innombrables terrains de tir sans risque pour des vies humaines? Pour Iouri Ihnat, porte-parole des forces aériennes de l’armée ukrainienne:

«L'explication de Poutine paraît folle. Même si le tir (sur Yassynouvata) paraît être un ratage, je n’exclus pas que Poutine ait réellement voulu tester ce missile sur une ville occupée par la Russie.»
Propos relayés par Le Monde.

(ysc)

Vladimir Poutine dans tous ses états
1 / 10
Vladimir Poutine dans tous ses états
Poutine en mode chasseur, 2010.
source: ap ria novosti russian governmen / dmitry astakhov
partager sur Facebookpartager sur X
Un combattant de MMA neutralise un passager dangereux en plein vol
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Votre commentaire
YouTube Link
0 / 600
Ils démantèlent un élevage clandestin de 100 000 blattes
Les autorités australiennes sont tombées sur une situation étonnante: un élevage illégal de blattes.
Des agents de protection de la faune sauvage ont démantelé un élevage clandestin comptant plus de 100 000 blattes près de Sydney, pour une valeur marchande d'environ 112 000 francs, a annoncé vendredi le ministère australien de l'Environnement.
L’article