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Ces Ukrainiens qui ont survécu à la famine racontent l'horreur

Des habitants de la ville d'Oleshky (sud), contrôlée par la Russie, ont pu être évacués, le 31 octobre 2026, après l'annonce d'une trêve par Melania Trump.
Des habitants de la ville d'Oleshky (sud), contrôlée par la Russie, ont pu être évacués vers le nord, le 31 octobre 2026, après l'annonce d'une trêve par Melania Trump.Image: GENYA SAVILOV / AFP

«La nourriture explosait, les gens explosaient»

Une évacuation humanitaire a permis à des habitants d'Olechky de fuir une ville ravagée par la guerre et l'occupation russe, où survivre était devenu un combat quotidien.
02.11.2026, 17:0002.11.2026, 18:15
Mykola ZAVGORODNIY, Ukraine / AFP

Arrivés en Ukraine samedi après avoir été évacués d'Olechky (sud), ville occupée par la Russie et dévastée par la guerre, des habitants ont raconté la vie «brutale», la famine et les routes semées de mines.

Ils ont pu quitter la ville, située sur la ligne de front dans la région de Kherson, dans le sud du pays, dans le cadre d'une opération humanitaire conduite conjointement par Kiev et Moscou et grâce à une rare trêve annoncée par la première dame américaine, Melania Trump.

Risquer sa vie pour trouver à manger

Valera, un homme de 29 ans évacué avec le convoi humanitaire samedi dans la région de Tcherniguiv (nord), a raconté:

«Beaucoup de gens mangeaient de l'herbe. Certains mangeaient même des chiens»

La situation s'est particulièrement dégradée cette année, estime-t-il:

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«Ils ont commencé à bombarder cette zone intensément. Ils ont miné les routes. La nourriture explosait. Les gens explosaient. Et après ça, tous les magasins ont fermé, et c'était fini.»
Des épaves de véhicules calcinés, ici sur la route menant à Olechky. Une opération de déminage a été nécessaire à l'évacuation des habitants.
Des épaves de véhicules calcinés, ici sur la route menant à Olechky. Une opération de déminage a été nécessaire à l'évacuation des habitants.Image: Imago

Certains «ont pris un risque et ont marché jusqu'à (la ville de) Radensk. Ils ont réussi. Mais, bien sûr, les prix là-bas, mamma mia. Les prix étaient un cauchemar», poursuit-il. Ivan, 70 ans, s'est aussi «débrouillé» avec un potager. Il témoigne:

«Il y avait des tas de corps sur les routes, des tas de voitures. Bref, c'était brutal. Terrifiant. Nous y avons cultivé tout ce dont nous avions besoin nous-mêmes. Nous partagions avec les voisins»

Les plus hardis faisaient, au risque de leur vie, le long trajet jonché de mines vers la ville de Radensk. Ivan explique:

«Nous avons ces spécialistes, des gars qui ont déminé eux-mêmes et se mettaient en route. Ils roulaient dans leurs voitures et ils ont été pris dans les explosions. Mon cousin a perdu quatre véhicules. Mais ils ont continué à rouler. Que faire d'autre? Mourir de faim?»
Olechky.
carte: watson

D'émouvantes retrouvailles

Dans la région de Tcherniguiv, dans le nord, un journaliste de l'AFP a vu samedi des habitants évacués descendre de bus, les épaules couvertes d'un drapeau ukrainien, et retrouver leurs proches dans des embrassades chargées d'émotions.

Parmi eux, Ielyzaveta Paliï, 19 ans, a enfin pu être réunie avec son père, qu'elle n'avait pas vu depuis «fin janvier 2024», lorsqu'elle a quitté Olechky avec sa mère et sa sœur. En attendant l'arrivée de son père, elle a témoigné:

«Nous pensions que ça durerait un mois ou deux tout au plus et que nous reviendrions. Malheureusement, deux ans ont passé.»

«C'est une bénédiction, j'ai attendu ça pendant très longtemps», s'est pour sa part réjoui son père après avoir retrouvé sa famille. Il conclut:

«Il n'y a plus aucune vie là-bas. Nous n'avons plus de nourriture depuis presque un an»

Ni Moscou, ni Kiev, n'ont précisé le nombre de personnes évacuées de cette localité qui comptait encore avant la trêve, selon les estimations de Kiev, quelque 2000 habitants sur les 24 000 d'avant-guerre. Certains ont choisi de rester malgré la possibilité d'une reprise des combats.

Une habitante évacuée de la ville d'Oleshky attache un drapeau ukrainien à son chien à son arrivée dans la région de Tcherniguiv.
Une habitante évacuée de la ville d'Oleshky attache un drapeau ukrainien à son chien à son arrivée dans la région de Tcherniguiv.Image: GENYA SAVILOV / AFP
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Un bâtiment en flammes après un bombardement russe, Kiev.
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