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L'opposant russe Vladimir Kara-Mourza craint pour sa vie

Un opposant de Poutine emprisonné craint de finir comme Navalny

L'opposant russe Vladimir Kara-Mourza lors de son jugement, à Moscou, en avril 2023.
L'opposant russe Vladimir Kara-Mourza lors de son jugement, à Moscou, en avril 2023.Keystone
Accusé de trahison par le gouvernement russe, l'avocate d'un opposant russe que beaucoup comparent à Alexeï Navalny, affirme que la vie de son client est en danger dans une prison de Sibérie.
14.05.2024, 16:3814.05.2024, 16:38

La Cour suprême russe a confirmé, mardi, la condamnation à 25 ans de prison pour «trahison» de l'opposant russe Vladimir Kara-Mourza, dont l'avocate craint pour la vie tant les conditions de détention de cet homme souffrant sont difficiles.

Ce détracteur de longue date de Vladimir Poutine avait été condamné en avril 2023 pour «trahison» et diffusion de «fausses informations» sur l'assaut militaire russe contre l'Ukraine. La plus haute juridiction de Russie a confirmé cette sentence mardi, en l'absence de l'accusé détenu en Sibérie.

Son avocate, Maria Eïsmont, a indiqué que son client, qui souffre depuis des années de graves problèmes de santé dus à deux empoisonnements que l'opposition attribue au pouvoir russe, pourrait ne pas survivre en prison, à l'instar d'Alexeï Navalny, opposant empoisonné en 2020 et mort en détention en février 2024.

Depuis septembre, Vladimir Kara-Mourza, âgé de 42 ans, est placé dans une cellule d'isolement punitive appelée «chizo»:

«Dans ces conditions, il est très difficile de survivre. Depuis septembre de l'année dernière, il n'a pas vu de codétenu. Il n'a le droit, chaque jour, qu'à huit heures pour s'allonger sur son lit et de 90 minutes pour traiter son courrier.»

Un voyage de 2700 km

«Les visites sont interdites», a-t-elle ajouté, précisant que l'opposant était privé d'appels et n'a pas pu parler à son épouse pour leur 25e anniversaire de mariage, ni à sa fille pour ses 18 ans.

L'avocate n'a pas voulu apporter de précisions sur l'état de santé de son client qu'elle avait jugé déjà «inquiétant» en avril.

Mais elle s'est dit «satisfaite» que la justice russe ne l'a pas forcé à comparaître mardi à la Cour suprême, car sa comparution aurait nécessité un pénible voyage de 2700 km en train cellulaire, un trajet qui peut prendre des semaines.

Début mai, le Royaume-Uni a appelé à la libération immédiate de Vladimir Kara-Mourza, qui est également britannique, afin qu'il bénéficie de soins «urgents». (ats/jch)

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