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Vladimir Poutine, le 30 mars 2022, à Moscou. Selon des informations obtenues par les services américains, l'isolement du président russe ne fait plus aucun doute.
Vladimir Poutine, le 30 mars 2022, à Moscou. Selon des informations obtenues par les services américains, l'isolement du président russe ne fait plus aucun doute.Image: sda

Poutine fait si peur à ses conseillers qu'il serait mal informé sur la guerre

Selon des informations obtenues par les services de renseignement américains, le président Poutine ferait si peur à ses conseillers militaires qu'il en serait mal informé... au point d'ignorer la mauvaise passe dans laquelle se trouvent à présent les troupes russes.
30.03.2022, 22:1431.03.2022, 11:50

Sous couvert d'anonymat, un haut responsable américain s'est confié mercredi au média AP News au sujet de la stratégie militaire quelque peu confuse de Poutine. De nouvelles informations obtenues par les services secrets, tout juste déclassifiées, permettent de comprendre la perte de vitesse des forces russes. Et cela s'expliquerait par le cruel manque d'informations dont dispose Vladimir Poutine.

La peur de la vérité

Selon ce fonctionnaire anonyme, le président russe ne posséderait pas toutes les données sur la situation réelle de ses armées sur le terrain. Ainsi, il ne serait même pas au courant des mauvaises performances des forces de son pays en Ukraine.

Selon les renseignements américains, Poutine ignore que son armée utilise et perd des conscrits en Ukraine. Ils auraient également déterminé que le maître du Kremlin n'est pas pleinement conscient de l'ampleur des dommages causés à l'économie russe par les sanctions économiques imposées par les États-Unis et leurs alliés.

Ces conclusions démontrent une «rupture évidente dans le flux d'informations exactes» délivrées à Poutine et prouvent que ses principaux conseillers «ont peur de lui dire la vérité», a souligné le fonctionnaire à AP News.

Mais pourquoi?

Toujours d'après les confidences de ce responsable anonyme, cette méconnaissance serait due à des «conflits persistants» entre Poutine et ses hauts responsables militaires.

Interrogé mercredi sur la question lors d'une conférence de presse en Algérie, Antony Blinken n'a pas confirmé ces conclusions. Toutefois, le secrétaire d'État américain a suggéré qu'il existerait une dynamique néfaste au sein du Kremlin, dans laquelle les conseillers ne sont pas disposés à parler à Poutine avec une totale franchise:

«L'un des talons d'Achille des autocraties est qu'il n'y a pas de personnes dans ces systèmes qui disent la vérité, ni même qui aient la capacité de dire la vérité, au pouvoir. Je pense que c'est ce à quoi nous assistons en Russie.»
Antony Blinken

Contrairement à ce que planifiait initialement Moscou, la guerre débouche sur une impasse sanglante dans la majeure partie de l'Ukraine. Au sein des troupes russes, le moral est en berne et les pertes s'avèrent lourdes - d'autant que les forces et les volontaires ukrainiens opposent une défense qui s'est révélée étonnamment solide.

Pour les responsables américains, cet enlisement serait la preuve de l'isolement croissant du président russe. Le flux limité d'informations de ses fonctionnaires (peut-être déjà exacerbés pendant la pandémie de Covid-19, durant laquelle Poutine s'est passablement isolé), a pu donner au président russe une vision irréaliste de la rapidité avec laquelle il pouvait envahir l'Ukraine.

Pourquoi donc avoir dé-classifié ces informations?

L'administration espère que la divulgation de cette découverte pourrait inciter Poutine à reconsidérer ses options sur le terrain.

Toutefois, la publication de ces renseignements pourrait également risquer d'isoler le président russe encore davantage. Lequel serait, selon les responsables américains, au moins en partie motivé par le désir de regagner le prestige russe perdu par la chute de l'Union soviétique.

Lors d'un échange avec les journalistes, le président américain Joe Biden a déclaré mercredi qu'il ne pouvait pas faire de commentaire.

Un «retrait» difficile à interpréter

Ces nouveaux renseignements interviennent alors que la Maison Blanche vient de marquer son scepticisme quant à l'annonce en grande pompe de la Russie, affirmant réduire ses opérations près de Kiev.

Selon des dirigeants ukrainiens régionaux, les forces russes ont pourtant continué à pilonner les zones autour de la capitale ukrainienne pendant la nuit. Des informations confirmées par le Pentagone - qui a également affirmé mercredi avoir remarqué des troupes russes se déplacer dans les zones autour de Kiev vers le nord, en direction de la Biélorussie au cours des dernières 24 heures.

Selon le porte-parole du Pentagone, John Kirby, dans des interviews accordées à CNN et Fox Business, les États-Unis n'interprètent pas ce déplacement apparent comme un retrait. Au contraire, il s'agirait plutôt d'une tentative de la Russie de réapprovisionner, ré-équiper, puis de repositionner ses troupes. (mbr)

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