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L'Ukraine mène une contre-offensive en secret

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Ukrainische Truppen feuern mit einem Grad-Mehrfachraketenwerfer auf russische Stellungen in der Region Dnipropetrowsk (Archivbild): Im vergangenen Sommer waren Kremltruppen dort einmar ...
L'été dernier, les troupes du Kremlin ont envahi la région de Dnipropetrovsk.Image: imago

Cette offensive secrète a permis à l’Ukraine de reprendre 26 villages

L'Ukraine a mené pendant plusieurs mois une contre-offensive dans le sud du pays, sans en faire grand bruit. 26 localités et 745 kilomètres carrés ont ainsi été repris aux forces russes.
25.08.2026, 05:3325.08.2026, 05:33
Simon Cleven / t-online
Un article de
t-online

En août 2025, des experts militaires ukrainiens confirment ce que l'état-major de l'armée a longtemps passé sous silence: les forces du Kremlin ont pénétré pour la première fois dans la région de Dnipropetrovsk et pris le contrôle de plusieurs localités. Pour la Russie, il s'agit avant tout d'un succès symbolique, largement exploité par la propagande du Kremlin. Deux mois auparavant, Vladimir Poutine a déclaré: «Là où un soldat russe pose le pied, le sol nous appartient». Selon la logique du chef du Kremlin, la Russie peut donc revendiquer une nouvelle région ukrainienne.

La réalité sur le champ de bataille est toutefois différente: la Russie ne contrôle pas la région et cette avancée n'a pas non plus procuré d'avantage décisif aux forces du Kremlin. Les Ukrainiens étaient néanmoins obligés de réagir. Quelques mois plus tard, l'armée ukrainienne est donc passée à la contre-attaque – mais sans faire de communication publique sur son offensive.

Cette «contre-offensive silencieuse» a porté ses fruits. La semaine dernière, Volodymyr Zelensky a pris la parole: entre janvier et août, ses troupes ont mené une offensive en direction d'Oleksandriïvka, dans la région de Donetsk. 26 villages et un total de 745 kilomètres carrés dans les régions de Dnipropetrovsk, de Zaporijjia et de Donetsk ont été repris. Côté russe, 9550 soldats auraient été tués et 6600 autres blessés. Ces chiffres ne peuvent pas être vérifiés de manière indépendante. Le président ukrainien a ajouté:

«Cette offensive a été menée avec précision – exactement comme prévu»

Mais comment les Ukrainiens y sont-ils parvenus?

«Les combats se poursuivent»

Après l'annonce du président, certains canaux ukrainiens proches de l'armée ont déjà triomphé, affirmant que la région de Dnipropetrovsk était entièrement libérée des troupes russes. L'état-major ukrainien a démenti ces affirmations auprès de la chaîne ukrainienne Suspilne:

«Le contrôle de la région de Dnipropetrovsk n'a pas encore été entièrement rétabli. La zone de la localité de Dachné est toujours occupée. Les combats se poursuivent»

Il n'en reste pas moins que l'ampleur de l'offensive est remarquable. La contre-attaque ukrainienne s'étend sur une largeur d'environ 60 kilomètres le long du front sud. Son succès semble moins reposer sur une percée spectaculaire que sur une progression méthodique, préparée pendant des mois et menée étape par étape. Les drones, dans les airs comme au sol, auraient joué un rôle accru dans cette stratégie.

Des faiblesses côté russe

Depuis janvier, de petites unités ukrainiennes ont attaqué certaines positions russes, sécurisé des portions de terrain et concentré leurs drones ainsi que leur puissance de feu sur des cibles soigneusement choisies. Parallèlement, les forces ukrainiennes ont frappé des routes, des convois de ravitaillement et d'autres infrastructures logistiques bien au-delà de la ligne de front. Ces frappes dites «à moyenne portée» attirent l'attention depuis juin, notamment parce que l'Ukraine a fortement perturbé le ravitaillement russe de la Crimée.

Ces attaques et les perturbations de la logistique russe ont mis sous pression de petits postes russes mal approvisionnés sur le front sud. Selon les unités impliquées, cette stratégie devait permettre de limiter les pertes ukrainiennes tout en épuisant progressivement les forces russes.

L'offensive a également été favorisée par des faiblesses du côté russe: de nombreuses positions n'étaient vraisemblablement que faiblement occupées, les gains territoriaux n'avaient pas été suffisamment fortifiés et les voies de ravitaillement étaient vulnérables. Moscou a, par ailleurs, retiré des réserves pour son offensive dans le Donbass afin d'y mettre sous pression la ceinture fortifiée ukrainienne. La coupure du service d'internet satellitaire Starlink aux troupes du Kremlin en Ukraine aurait également contribué à affaiblir les forces russes dans la région.

Plusieurs unités ukrainiennes ont profité de l'interruption des communications satellitaires pour mener des avancées avec des chars et d'autres véhicules blindés. Elles ont ensuite poursuivi l'offensive avec de petits groupes d'assaut et des attaques limitées menées successivement. Alors que Kiev fait état de 745 kilomètres carrés repris, soit à peu près la superficie de Hambourg, l'Institute for the Study of War (ISW) évalue les gains territoriaux pouvant être confirmés à environ 627 kilomètres carrés.

La Russie reporte son offensive

Au-delà des gains territoriaux immédiats, l'opération aurait également eu des conséquences sur le plan opérationnel. Selon l'analyste militaire ukrainien Kostyantyn Machovets, interrogé par la BBC britannique, la Russie aurait dû transférer des unités des 5e et 36e armées vers le secteur menacé. Une offensive prévue plus au nord aurait ainsi été ralentie, voire abandonnée. L'Ukraine a donc immobilisé des forces que Moscou comptait utiliser pour ses propres avancées sur d'autres secteurs du front.

Le succès ukrainien a également été favorisé par le secret qui a entouré l'opération pendant des mois: à la demande de l'armée, les médias ont très peu parlé des combats, si bien que l'ampleur et le principal axe des attaques sont restés longtemps difficiles à cerner. Des problèmes de commandement pourraient aussi avoir joué un rôle du côté russe: des commandants locaux auraient omis de signaler les pertes de terrain à leur hiérarchie, ou ne l'auraient fait qu'avec retard, ce qui a pu ralentir la mise en place de contre-mesures.

Adapté de l'allemand par Tanja Maeder

Kiev: l'entraînement secret des civils au combat
Video: watson
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