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Ukraine: Les Etats-Unis retirent 160 soldats

Image: sda
Les Etats-Unis ont ordonné le retrait des 160 soldats américains qui entraînaient les forces ukrainiennes pour les «repositionner ailleurs en Europe».
12.02.2022, 11:3113.02.2022, 19:03

Le ministre américain de la Défense, Lloyd Austin, a pris cette décision concernant les soldats de la Garde nationale de Floride «par prudence, en gardant à l'esprit la sûreté et la sécurité des effectifs», selon le communiqué. Le porte-parole du Pentagone, John Kirby, ajoute:

«Ce repositionnement ne constitue pas un changement dans notre détermination à soutenir les forces ukrainiennes, mais offrira une certaine souplesse pour rassurer nos alliés et empêcher toute agression.»

Le président russe, Vladimir Poutine, s'entretient à nouveau samedi au téléphone avec ses homologues américain Joe Biden et français Emmanuel Macron, alors qu'une guerre en Ukraine pourrait éclater «à tout moment», selon Washington.

Alors que de nombreux pays occidentaux demandaient à leurs ressortissants de quitter l'Ukraine, la Russie a ajouté à l'inquiétude en annonçant y réduire son personnel diplomatique, arguant de possibles «provocations» occidentales ou de la part de Kiev.

La diplomatie ukrainienne a déclaré samedi qu'il était «extrêmement important de garder le calme», au moment où les Etats-Unis affirment que la Russie pourrait envahir l'Ukraine à «tout moment». Selon un communiqué du ministère ukrainien des Affaires étrangères:

«En ce moment, il est extrêmement important de garder le calme, se consolider à l'intérieur du pays, éviter les actes qui déstabilisent la situation et sèment la panique.»

Le président Biden, qui passe le week-end dans la résidence de Camp David, va s'entretenir samedi avec Vladimir Poutine, dans la foulée d'un coup de fil vendredi, entre leurs chefs d'état-major respectifs. Un appel est aussi prévu samedi entre le maître du Kremlin et Emmanuel Macron.

«Nous continuons à voir des signes d'escalade russe, y compris l'arrivée de nouvelles forces à la frontière ukrainienne», a prévenu le conseiller de la Maison Blanche pour la sécurité nationale Jake Sullivan, après une réunion virtuelle des principaux dirigeants occidentaux.

«Une invasion pourrait intervenir à tout moment si Vladimir Poutine en donne l'ordre», a-t-il ajouté, assurant qu'elle pourrait même «commencer pendant les Jeux olympiques» de Pékin qui s'achèvent le 20 février.

Selon lui, une telle offensive est une «possibilité très, très réelle», mais le renseignement américain ne sait pas si le président russe «a pris une décision définitive» ou non. Un diplomate de l'Otan confirme à l'AFP:

«Nul ne sait si une décision d'agir est prise.»

Le conseiller de Joe Biden a réaffirmé que les Occidentaux étaient «prêts à tous les scénarios»: des représailles économiques sans précédent en cas de guerre, mais aussi une main tendue diplomatique pour continuer les négociations avec Moscou.

En attendant, le Pentagone va envoyer, «dans les prochains jours», 3000 soldats américains supplémentaires en Pologne pour «rassurer les alliés de l'Otan».

Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a rassuré vendredi son homologue ukrainien Dmytro Kouleba, du «soutien ferme» des Etats-Unis à Kiev.

Plusieurs séries de pourparlers ces derniers jours n'ont pas permis de désamorcer la crise, née du déploiement ces derniers mois aux frontières de l'Ukraine de plus de 100'000 militaires russes avec des armes lourdes.

Le porte-parole du chancelier allemand, Olaf Scholz, qui doit se rendre en début de semaine prochaine à Moscou, a tweeté après la réunion des dirigeants occidentaux:

«Les alliés sont déterminés à prendre ensemble des sanctions rapides et drastiques contre la Russie.»

Comme Paris, Berlin a insisté sur la voie «diplomatique» pour aller vers une «désescalade».

La Maison Blanche a loué l'unité «remarquable» des Occidentaux face à ce qu'ils considèrent être le moment le plus dangereux pour l'Europe depuis la fin de la Guerre froide, il y a trente ans.

Les Américains, qui ont partagé avec leurs alliés les analyses de leurs services de renseignement, ont esquissé un scénario dramatique en cas d'offensive russe.

Celle-ci «commencerait probablement par des bombardements aériens et des tirs de missiles qui pourraient évidemment tuer des civils», a dit le conseiller de la Maison Blanche, Jake Sullivan. Elle pourrait aussi inclure «un assaut rapide» contre Kiev.

Les Etats-Unis, le Canada ou encore l'Australie ont appelé leurs ressortissants à quitter l'Ukraine au plus vite. Le Premier ministre australien, Scott Morrison, s'est exprimé à l'intention de ses concitoyens:

«C'est une situation très dangereuse, et pour votre propre sécurité, vous devez chercher à sortir d'Ukraine. La situation deviendra très volatile s'il y a un conflit.»

Vendredi, le Kremlin a relevé que des discussions réunissant la veille à Berlin des représentants de la Russie, de l'Ukraine, de l'Allemagne et de la France n'avaient produit «aucun résultat».

Ces discussions portent sur le conflit dans l'est de l'Ukraine, qui oppose depuis 2014 des séparatistes appuyés par la Russie à l'armée ukrainienne, et a fait plus de 14'000 morts.

Moscou, qui a déjà annexé la Crimée en 2014, dément toute velléité agressive envers l'Ukraine, mais conditionne toute désescalade à une série d'exigences, notamment l'assurance que Kiev n'intégrera jamais l'Otan. Inacceptable, jugent les Occidentaux.

Alors qu'Emmanuel Macron avait assuré avoir obtenu lundi l'engagement de Vladimir Poutine de ne pas alimenter d'escalade supplémentaire, la Russie a annoncé vendredi de nouvelles manoeuvres militaires à la frontière ukrainienne. La marine russe conduit aussi des manoeuvres en mer Noire dont l'Ukraine est riveraine. (ats/chl)

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