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Les conversations se terminent rarement quand on le souhaite

Selon une étude, la majorité des personnes participant à une discussion voudrait qu'elle se termine plus tôt.
06.03.2021, 15:1008.03.2021, 09:57
Juliette Thévenot / slate
Un article de Slate
Slate

On a tous vécu au moins une fois une discussion interminable. Celle pendant laquelle on cherche désespérément quelqu'un du regard pour nous sortir de cette situation, où on scrute notre montre toutes les trente secondes ou fait défiler discrètement les notifications sur notre portable. Mais impossible de couper court à cette conversation. Cela peut paraître anecdotique et pourtant, la science s'est penchée sur le sujet, rapportent The Guardian et CNN.

Des chercheurs américains ont analysé près d'un millier de conversations entre parents, amis et étrangers, et ont constaté que lorsque deux personnes parlent, l'une veut presque toujours arrêter avant l'autre. Ce constat ne varie pas qu'il s'agisse d'une brève ou d'une longue conversation, d'une discussion légère ou d'un débat.

Plus précisément, seulement 2% environ des conversations se terminent lorsque les deux participants le souhaitent, selon l'étude publiée dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America.

Trop gentil ou poli pour quitter une discussion

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont mené deux enquêtes distinctes. Dans la première, 806 individus ont dû se souvenir de leur dernière conversation. Dans 80% des cas, elle avait eu lieu avec un partenaire amoureux, un ami ou un membre de la famille. Pour la deuxième, 252 étrangers ont échangé pendant une à quarante-cinq minutes. Les résultats sont quasiment identiques: plus de 66% des participants de la première étude et plus de 68% de la deuxième ont déclaré avoir senti à un moment précis de leur conversation, qu'elle aurait dû se terminer. Ces participants ont également moins apprécié leur discussion que ceux qui y ont mis fin.

Selon l'étude, la gentillesse peut expliquer le fait qu'un individu cache son envie de conclure la discussion avec un proche. Dans le cas d'un échange avec un inconnu, les chercheurs attribuent ce phénomène à la politesse:

«Parler à quelqu'un, c'est comme conduire une voiture sur l'autoroute. Les gens peuvent descendre à n'importe quelle sortie, mais ils ne peuvent pas s'arrêter au moment où ils le souhaitent parce qu'ils pourraient heurter d'autres voitures ou des murs»
Adam Mastroianni, auteur de l'étude.

Pour conclure une conversation au moment opportun, Linda Sapadin, psychologue spécialisée dans la communication, qui n'a pas participé à l'étude, conseille simplement de signifier à son interlocuteur que vous devez partir, en disant quelque chose de positif sur l'échange. En règle générale, il est également important d'observer le langage corporel de la personne en face de soi. Si elle «roule des yeux, ne vous regarde pas beaucoup ou ne réagit pas à ce que vous dites, il est peut-être temps de mettre fin à la conversation», conclut la psychologue.

Cet article a été publié initialement sur Slate. Watson change parfois le titre et les sous-titres. Cliquez ici pour lire l'article original

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